Pékin annonce une nouvelle dévaluation du yuan pour doper son économie

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C'est la plus grosse dévaluation que le yuan connaît depuis 10 ans. Pékin a abaissé le taux de référence du renminbi à deux reprises, mardi 11 et mercredi 12 août.
C'est la plus grosse dévaluation que le yuan connaît depuis 10 ans. Pékin a abaissé le taux de référence du renminbi à deux reprises, mardi 11 et mercredi 12 août. (Crédits : Reuters)
La Chine a de nouveau abaissé le taux-pivot du yuan, mercredi 12 août. La Banque centrale chinoise (PBoC) a annoncé que sa monnaie, jusque-là strictement encadrée, prendrait désormais davantage en compte les fluctuations du marché. Cette décision de Pékin est d'abord motivée par la nécessité de mettre un terme à la baisse des exportations chinoises, qui accusent une chute de 8,3% en juillet.

Après avoir créé la surprise mardi 11 août en annonçant une dévaluation du yuan de 2%, Pékin a abaissé pour la deuxième fois en 24 heures le taux de référence du yuan face au dollar, de 1,62%. La PBoC a donc réduit le taux-pivot autour duquel le yuan est autorisé à fluctuer à 6,3306 yuans pour un dollar (contre 6,2298 yuans mardi).

Le renminbi (RMB, pour "monnaie du peuple") a ainsi atteint son plus bas niveau depuis quatre ans ce mercredi 12 août.

Hier, cette annonce a rendu les marchés financiers particulièrement nerveux tout au long de la journée. La Banque de Chine a tenté de calmer le jeu. Elle assure que la mesure est "une action unique", et réfute l'idée d'une dévaluation prolongée. Mais cette intervention qualifiée d'"unique" a pourtant été renouvelée ce mercredi matin par la PBoC.

"Eu égard à la situation économique internationale et intérieure, rien ne justifie actuellement une dépréciation soutenue du yuan", déclarait hier la Banque populaire de Chine dans un communiqué.

Avec cette annonce, Pékin envoie un signal, notamment aux Etats-Unis qui estiment, depuis plusieurs années déjà, que la Chine sous-évalue artificiellement sa monnaie pour doper ses exportations. Pour autant, le pays a réagi prudemment hier à cette annonce. Car si Pékin répond à une des exigences de Washington, cette dévaluation risque d'avoir un impact sur ses exportations.

D'abord silencieux, le Trésor américain a fini par déclarer qu'il était "encore trop tôt" pour juger des implications de la décision chinoise.

"Une étape positive" pour le FMI

Quelques minutes avant cette nouvelle dévaluation, le FMI a salué une "étape positive" après les annonces de Pékin sur une plus grande flexibilité du yuan.

"Le nouveau mécanisme (...) semble constituer une étape positive qui permettra aux forces du marché de jouer un plus grand rôle pour déterminer le taux de change", a ainsi estimé le Fonds monétaire international, dans un communiqué, faisant référence au premier mouvement de dévaluation.

L'impact exact de cette mesure, accueillie très prudemment par Washington, dépendra de la manière dont "elle sera mise en œuvre", a expliqué le FMI, qui a assuré que Pékin devait à terme viser une flexibilité effective du yuan dans "les deux à trois prochaines années".

 DTS : la dévaluation n'aura pas d'impact sur la décision du FMI

Pour autant, l'institution de Washington persiste et signe, et assure que ces mesures n'auront pas "d'implication directe" sur sa décision d'intégrer ou non la devise chinoise parmi les monnaies de référence internationale.

Le Fonds étudie actuellement une demande de Pékin d'intégrer le renminbi au panier des devises de référence internationales que le FMI utilise pour ses droits de tirage spéciaux (DTS). Pour l'heure, l'unité de compte de l'institution est composée de quatre devises (dollar, euro, livre et yen).

Le FMI, qui doit rendre sa décision en novembre, a récemment assuré qu'un des critères retenus sera de savoir si le yuan est "librement utilisable".

Si l'institution estime que l'annonce de Pékin "n'a pas d'implication directe" sur son évaluation, elle reconnaît dans son communiqué qu'une plus grande flexibilité du yuan "facilitera les opérations" en droits de tirage spéciaux ...si la monnaie chinoise est acceptée parmi les devises de référence du FMI.

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Commentaires
a écrit le 13/08/2015 à 3:37 :
"L'avantage" qu'ont les chinois sur l'Occident, C'EST QU'ILS SONT GOUVERNÉS ? Avec des dirigeants qui voient à long terme ? C'est énervant et frustrant certes,
et loin de moi l'idée de faire l'éloge ou le panygérique du parti communiste chinois,
mais il n'empêche QUE LEURS DIRIGEANTS SONT PAS MAL PLUS BRILLANTS ...
ET COMPÉTENTS QUE LES Obama, et autres Merkel ? Je passe sous silence "le nôtre" ? IL EST HORS CONCOURS (et hors tout d'ailleurs) Le coup de la dévaluation, c'est PAN DANS LES DENTS POUR LES RICAINS (entre autres) DEUX EN DEUX JOURS ? LA POMPE EST AMORCÉE ? La suite ? ÇA VA SAIGNER les p'tits frères ?
a écrit le 12/08/2015 à 16:25 :
Pour poursuivre des accords vieux de plus de 100 ans, qui les désignaient comme chef de file du monde occidental, les USA n'ont pas hésité à provoquer une nouvelle guerre en Irak puis différents chocs faisant croire à des attaques. Ces bouleversements ont finalement entraîné un processus auto-réalisateur. Puis, devant le refus européen de cette poursuite, ils ont négocié une période de 10 ans pour un dollar très faible et des mesures de QE, devant permettre à l'économie du pays de revenir au niveau commun. En jouant sur les monnaies ils ont incité le Japon à dévaluer sa devise en multipliant sa masse pour les aider à nettoyer en rachetant nombre d'entreprises américaines en faillite avec ces moyens supplémentaires. Ce sont des pratiques inacceptables. Nous avons accédé à cette demande comme devant être la dernière avant la convergence prévue de longue date des devises US/EU. Notre région s'en est trouvée en grande difficulté, ce que nous croyions pouvoir absorber dans un premier temps puis ensuite résoudre à l'ancienne, c'est à dire sans difficulté. Une pratique, niant la réalité, qui retarde de 2 siècles. J'ai indiqué pour ma part que nous devrions boycotter les produits japonais pour affirmer notre désapprobation forte à ce qui est un mécanisme de ruine de notre économie. Aujourd'hui la Chine réagit à son tour avec violence face à ces attaques tandis que l'Inde qui prend conscience que son retard devient irrémédiable tente de revenir dans la course (sans succès mais avec des dégâts). Le tout confinant à brouiller les cartes, si l'on veut bien, pour le moment, refuser de parler de chaos. Les américains pour prix de la convergence des devises US/EU veulent une convergence des économies comme nous ne cessons de le répéter bêtement en Europe pour nos multiples nations. Ils pensent avoir l'avantage pour le moment, ils prendraient la tête du monde occidental, plus comme la mission que nous leur avions confiée jadis mais cette fois-ci réellement. La réponse est forcément délicate. Il faudrait poursuivre le boycott des produits japonais pour que ce pays remonte sa devise et purge ses comptes tout en calmant la Chine affolée. Il faut bien comprendre que si nous favorisons la spirale des destructions la casse sociale sera terrible et bien entendu... tous les contrats seront révisables. Il y a urgence à réagir.
a écrit le 12/08/2015 à 13:09 :
Te dire comme la crise avance bien. De 1929 à 1939, nous devons être à 1935 sans encore l'explosion de l'extrême-droite. Qui progresse néanmoins, tout comme la religion. La religion de l'argent a du souci à se faire...
a écrit le 12/08/2015 à 12:53 :
Les solutions sont connues: un New Deal , un retour à Roosevelt (réélu 4 fois) avec interdiction de toute spéculation : interdiction des VAD, du high frequency trading, des CDS, des LBO , et surtout un vendredi soir fermeture des "paradis fiscaux" par une loi d'une ligne : interdiction de tout trafic avec les "paradis" sous peine de retrait des licences bancaires et saisie des avoirs et des biens immédiate....
Plus de 60 000 milliards pleureront pour revernir vers l'économie réelle .....
A cela il faut ajouter un vrai "Glass Steagall Act" qui sépare physiquement les banques de dépot et d'affaire
puis un "Small busineee Act " etc etc
Tout ceci est connu ,mais comme vous le savez nos dirigeants seront-ils raisonnables ?
Ecoutez Delamarche sur BFM ou youtube pour comprendre le Krach qui arrive . Bonjour chez vous
Réponse de le 12/08/2015 à 13:11 :
Tout est suffisamment sous contrôle pour qu'un Roosevelt ne puisse se faire élire. Et même, voyez le dirigeant grec... Loupé.
Réponse de le 12/08/2015 à 16:29 :
Non, @walter benjamin, ces vieilles solutions ringardes ne feraient qu'aggraver la crise.... car nous ne sommes plus seuls. L'économie est une science vivante, elle doit se renouveler.
a écrit le 12/08/2015 à 12:00 :
Effondrement imminent....tous au abris. Port du casque lourd obligatoire !!!!
a écrit le 12/08/2015 à 11:46 :
Les guerre des monnaies existe depuis toujours, les premiers à jouer à ce jeu sont les americain avec leur dollars.... Dans tous les cas cela dope une industrie un certain temps, mais cela ne règle en rien le probleme, de la spéculation, les bulles financières ( immobilier et autre). Pour gagnier a longterme , il faut un contrôle des depences, de la spéculation, des inversticements, de la fuite de capitaux.... La Chine doit développer sont agriculture, développer une industrie non polluante et plus économe en énergie....
a écrit le 12/08/2015 à 11:21 :
La crise est mondiale !
a écrit le 12/08/2015 à 11:03 :
Baisse de 8% des exportations en un mois les valeurs chinoises qui baissent de 30% en 6 mois, sans compter les cotes bloquées artificiellement.... Vous appelez ça comment chez vous ? C'est le crash de l'économie chinoise , qui entraînera un krach obligataire mondial , les dettes gigantesques (artificielles) des états, dues à la privatisation des principales monnaies il y a 35 ans, ne seront jamais remboursées;Piketty rappelle à juste titre que l'Allemagne n'a jamais remboursé ses dettes elle a fait défaut 2 fois en 100 ans, et elle a le pompon des dettes en Europe, plus de 2000 milliards. Les assurances vies sont adossées aux dettes souveraines .... qui vont partir en fumée... Moi j'ai tout mis dans l'immobilier ..... La question est :Quand le Big Krach aura lieu ? Il purgera les délires néolibéraux (high frequency trading (aucun sens éco) comme les VAD, les LBO, les CDS (30 000 milliards, une folie pure) et surtout le délire de la triche historique des "paradis fiscaux" (plus de 60 000 milliards selon les zones..) Un pays, suivi de tous les autres, fera un décret d'une ligne: interdiction de tout trafic avec les "paradis" sous peine de retrait des licences bancaires (nationalisations sèches comme en 1945) et confiscations des avoirs et biens des fraudeurs. Et vous savez quoi ? personne ne pleurera sur les fraudeurs qui ne payent pas d'impôt depuis parfois des décennies, personne... le retour à l'économie réelle sera violent , bonjour chez vous
a écrit le 12/08/2015 à 10:30 :
Et nous et nous , pourquoi pas nous .En deux jours ils ont mis toutes nos réformes structurelles pour la compétitivité à genoux . Devons nous continuer dans cette voie et suprême question pourquoi ne sont ils pas libéraux comme nous ? Se rendent ils compte que c est pas bien de mettre les élucubrations de nos experts patentés caduques . Et j ai mal au coeur pour Mr Macron qui va devoir revoir la rigueur à la hausse malgré son bon vouloir .
Réponse de le 12/08/2015 à 11:13 :
@Le paysan
Je vous cite: "En deux jours ils ont mis toutes nos réformes structurelles pour la compétitivité à genoux"
Non, je ne le pense pas car les Chinois exportent en très grande majorité des produits que nous ne fabriquons plus (coûts de production).
En revanche, un ralentissement pérenne de la croissance en Chine pourrait avoir une influence significative sur l'économie mondiale car de nombreux sociétés multinationales sont implantées la-bas mais aussi exportent vers la Chine.
Que monsieur Macron et autres ministères soient obligés de mettre encore plus de rigueur dans nos comptes, c'est de toute façon, un nécessité pour notre pays.
Cordialement
Réponse de le 12/08/2015 à 12:17 :
@Bernadino . Vous avez tort , notre compétitivité aurait pu devenir intéressante pour certains produits . Lesquels ? Certainement les moyennes gammes et j avoue que c est davantage un espoir qu une certitude .!
Mes civilités
a écrit le 12/08/2015 à 10:17 :
Peut-on voir les choses ainsi.Voilà une mesure spéculative qui confirme les mécanismes de défense que chacune des économies des différents pays, ont pour habitude de pratiquer pour la sauvegarde de leur commerce. Les pays à forte industrialisation et innovation technologique, par une cherté de leur monnaie, dans les limites de la compétitivité occidentale. Quant à la chine par la dévaluation de sa monnaie, qui correspond d'une part à un manque d'innovation technologique associée à une très grande main-d'oeuvre . Seul le développement d'un marché intérieur alimenté par une production locale pourra contribuer à stabiliser sa monnaie. Ce qui engendrera obligatoirement une baisse des importations ; notamment dans la haute industrie spécialisée. En attendant l'on ne voit pas comment, instituer une forme de valeur flottante au gré des marchés peut permettre d'inscrire le yuan comme monnaie sûre. Les fonds bancaires construits pour développer les échanges technologiques vont se trouver fragilisés, les investissements étrangers devront apprendre à jouer au "yoyo".
a écrit le 12/08/2015 à 9:55 :
Deux dévaluations en trois jours et des marchés territoriaux qui baissent de 30% alors que, d'après ce que je lis, les cours sont soutenus et 50% des valeurs ne sont pas cotées.
Éclatement d'une bulle ?
Cordialement

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