La Chine dévalue brutalement le yuan pour relancer ses exportations

 |   |  618  mots
La banque centrale de Chine a dit viser une dépréciation exceptionnelle de près de 2%.
La banque centrale de Chine a dit viser une dépréciation "exceptionnelle" de près de 2%. (Crédits : Reuters Jason Lee)
La banque centrale de Chine (PBOC) a annoncé mardi 11 août avoir abaissé de presque 2% le taux de référence du yuan face au dollar afin de rapprocher la monnaie chinoise de sa valeur de marché. Cette dévaluation plombe les Bourses européennes.

Article publié le mardi 11 août à 08:02, actualisé à 10:53

Après une série d'indicateurs macroéconomiques décevants, dont une chute des exportations en juillet, la banque centrale de Chine (PBOC) a annoncé mardi 11 août avoir abaissé de presque 2% le taux de référence du yuan face au dollar, affirmant vouloir accorder un rôle accru au marché pour déterminer la valeur de la monnaie chinoise.

L'institution a ramené à 6,2298 yuans pour un dollar, contre 6,1162 yuans lundi 10 août, ce taux-pivot autour duquel le yuan est autorisé à fluctuer quotidiennement dans une fourchette de 2% de part et d'autre.

Cette fourchette avait été sensiblement élargie en mars 2014, mais les analystes spéculent sur un nouvel élargissement à venir, Pékin affichant sa volonté de renforcer ses efforts vers une "libre convertibilité" du renminbi (l'autre nom du yuan).

Une dévaluation pour mieux déterminer la valeur de yuan

La réduction du taux de référence dévoilée mardi, d'une ampleur inédite selon l'agence Bloomberg et qui s'apparente à une brusque dévaluation, ne devrait toutefois pas être répétée, a averti la PBOC.

En effet, cette soudaine baisse correspond à une nouvelle manière de déterminer le taux-pivot, pour laquelle la banque centrale prendra désormais "entièrement en compte" l'offre et la demande sur le marché des changes, ainsi que les niveaux les plus récents des devises étrangères, a expliqué la banque centrale de Chine dans un communiqué.

Le taux-pivot autour duquel le yuan fluctue serait ainsi en mesure de refléter plus fidèlement les différents mouvements et dynamiques du marché.

Les Bourses européennes dévissent

Cette annonce impacte directement les secteurs dépendants du marché économique chinois à l'instar de l'automobile, du luxe ou encore des ressources de base qui accusent les plus fortes baisses sectorielles, ce qui plombe les Bourses européennes.

Du côté des valeurs françaises, LVMH perd 3,18% à 168,75 euros, plus forte baisse du CAC 40.  Dans l'automobile, Valeo recule de 2,64% à 123,60 euros, PSA de 2,42% à 17,925 euros et Renault 1,47% à 86,88 euros.

Chute des exportations chinoises

Cette décision intervient quelques jours après l'annonce d'une nouvelle forte chute des exportations chinoises en juillet. Elles ont chuté de 8,3%, soit leur plus forte baisse en quatre mois, sous le coup d'un affaissement de la demande et d'un renforcement du yuan.

La banque centrale avait observé par la suite que le renchérissement du yuan pesait sur le commerce extérieur du pays.

De l'avis des analystes, le vif renforcement de la monnaie chinoise face à l'euro entrave effectivement les exportations du géant asiatique vers l'Union européenne (UE), son principal partenaire commercial.

Pékin, qui encourage activement une internationalisation accrue du yuan, cherche par ailleurs à le faire intégrer au panier de devises de référence du Fonds monétaire international (FMI).

Le yuan, bientôt intégré aux Droits de tirage spéciaux ?

Quatre devises (dollar, euro, livre et yen) entrent actuellement dans la composition des Droits de tirage spéciaux (DTS), l'unité de compte du FMI créée en 1969 pour compléter les réserves de change officielles de ses pays membres.

Le conseil d'administration du Fonds, qui représente ses 188 Etats-membres, devrait prendre sa décision finale sur l'intégration du yuan en novembre.

Si "l'utilisation du renminbi à travers le globe s'est accrue (...) un important travail reste à accomplir" pour déterminer s'il peut être inclus aux DTS, avait cependant averti la semaine dernière l'institution multilatérale.

Le yuan "n'est plus sous-évalué" avait estimé le FMI en mai dernier - contrairement à ce que continuent d'affirmer les Etats-Unis-, qui reprochent régulièrement à la Chine de dévaluer artificiellement sa monnaie pour doper ses échanges commerciaux.

 (Avec AFP)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 11/08/2015 à 20:43 :
pendant ce temps, les éleveurs français n'arrêtent pas à pleurer,
personne achete leurs cochons
a écrit le 11/08/2015 à 17:57 :
Ceux qui ont un peu de mémoire se souviennent que c'est exactemet ce que les US ont fait il y a quelques années. Et depuis, ils ont eu les assouplissements quantitatifs pour émettre des dollars ne reposant sur aucun élément économique ou financier. L'argent est abondant, mais attention au retour de manivelle, car il ne vaut que le prix du papier sur lequel il est imprimé...et encore :-)
a écrit le 11/08/2015 à 14:15 :
T'imagines, toi, si les Maîtres du Mon.. pardon, les us relevaient brutalement leur taux...?
a écrit le 11/08/2015 à 11:34 :
La crise s'aggrave, le marché mondial s'essouffle, tous les pays cherchent des moyens pour s'en sortir au mieux, au détriment de ses voisins. La preuve est faite (s'il le fallait encore) que la mondialisation selon les idées néo-libérales mène au chaos économique.
Ca devrait donc logiquement très mal se terminer. Les marchands de canons ont déjà commencé à se frotter les mains.
a écrit le 11/08/2015 à 10:41 :
Il suffit de faire pareil....
Ha non pardon ! ça nous est interdit, par le chef de classe.

Il est vrai que cela ne résout pas tous les problèmes et notamment pas celui de la compétitivité. Et la plus part des grands groupes travaillent en Dollars.
Mais quand même, c'est l'une des variables d'ajustement dont on se prive.
N'est pas premier de la classe qui veut.
a écrit le 11/08/2015 à 10:28 :
Heureusement qu'ils ont commencé par dévaluer l'or. Sinon, les monnaies ne vaudraient déjà plus rien.
a écrit le 11/08/2015 à 10:10 :
Une dévaluation de moins de 2%, ce n'est vraiment pas grand chose. L'euro a été dévalué de 10% depuis le début de l'année. La dévaluation chinoise, à côté, paraît négligeable. Seul son effet psychologique en fait un évènement.
a écrit le 11/08/2015 à 9:00 :
C'est pratique la dévaluation, c'est adapter sa monnaie a son économie mais chez nous heu.... c'est le contraire, on adapte notre monnaie a l'économie des autres, cela leur facilite le travail !!
Réponse de le 11/08/2015 à 9:17 :
Si une devaluation etait la panacee ca se saurait. La france n a pas cesse de devaluer par rapport au deutsch mark (3 devaluation encore dans les annees 80) et pourtant c est pas la RFA qui est un desert industriel et la france petante de santé
Réponse de le 11/08/2015 à 12:48 :
Hé oui! La France a décliné depuis l'adoption de l'euro qui l'empêche "de jouer" sur la monnaie!!
a écrit le 11/08/2015 à 8:46 :
Et ce n'est pas fini! Prevoir un 2em mini ajustement courant Octobre et d'autres encore apres. La concurrence fait rage et la Chine fait comme les autres cad: de la devaluation competitive. Les monnaies asiatiques (Thailande, Coree, Japon, Indonesie, Inde etc..., australienne et neo zelandaise vont souffrir. Le RMB devrait remonter vers les 6.6 / 6.7 contre 1USD d'ici la fin de l'annee.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :