Pétrole : la faiblesse des stocks de réserve met la pression sur les prix

La chute du niveau des stocks pétroliers, à leur plus bas niveau depuis 7 ans, et une révision à la hausse de la demande pétrolière mondiale pour 2022 constituent des facteurs de soutien des cours. Ceux-ci culminent à leurs plus hauts niveaux depuis plus de 7 ans, indique l'Agence internationale de l'énergie (AIE).
Robert Jules

3 mn

(Crédits : Reuters)

Alors que les prix du pétrole sont au plus haut depuis plus de 7 ans, évoluant à plus de 20 dollars au-dessus de leurs niveaux de décembre, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) pointe dans son rapport mensuel publié ce mardi un équilibre plus tendu entre l'offre et la demande mondiale. L'Agence a en effet révisé à la hausse la croissance de la demande mondiale en 2021, notamment pour le dernier trimestre de l'année dernière, portant la consommation à 96,38 mbj (+5,5 mbj par rapport à 2020). Croissance qui se poursuivra en 2022 pour atteindre 99,7 mbj (+3,3 mbj) pour 2022. "Une demande robuste, des pannes d'approvisionnement imprévues et de fortes baisses de stocks ont poussé les cours à des sommets", explique l'AIE tandis que les experts restent prudents en pleine pandémie de Covid-19.

354 millions de barils puisés dans les stocks en un an

Le niveau des stocks de réserve dans les pays de l'OCDE est en effet tombé à son plus bas niveau depuis 7 ans. Ils ont baissé de 354 millions de barils en un an pour atteindre 2,76 milliards de barils. Pour le seul mois de novembre, ils ont baissé de 6,1 millions de barils en novembre, note l'AIE. Et la tendance se poursuit, les premières données recueillies pour décembre font apparaître une nouvelle baisse de 45 millions de barils. Or, ce mouvement constitue un facteur de soutien des prix, car il faudra à un moment ou un autre reconstituer ces stocks.

Ces perspectives ont amené les experts de l'Agence à majorer de 12% leur estimation des cours moyens pour 2022, par rapport à son estimation de décembre. Ils prévoient désormais un prix moyen du baril de Brent à 76 dollars en 2022 (contre 70,60 dollars en 2021), soit une hausse de 7,6%

Un cours du Brent qui évolue autour de 88,5 dollars

En matinée, le cours de la référence européenne de brut évoluait autour de 88,5 dollars.

L'Agence notait également l'apparition de phénomènes inédits, liés à la crise énergétique notamment en Europe qui a vu les prix de l'électricité atteindre des records."La substitution du gaz naturel (en raison de ses prix élevés) par du pétrole pour produire de l'électricité a été la source d'une demande pétrolière exceptionnelle en Europe et en Chine. Elle devrait se poursuivre durant le premier trimestre 2022", indique l'AIE, précisant que les dernières données recueillies en Europe font apparaître 100.000 barils par jour supplémentaires au cours du seul mois d'octobre, comparé au niveau habituel des autres années.

Côte offre, l'Agence considère que les perspectives de croissance cette année seront nettement différentes de celles de 2021, "les trois grands producteurs mondiaux - Etats-Unis, Arabie Saoudite et Russie - envisageant de produire des volumes à des niveaux proches de leurs records". Le Canada et le Brésil devraient également pompé à des niveaux records. "L'approvisionnement mondial du marché pétrolier dispose cette année d'un important potentiel de hausse, de l'ordre de 6,2 mbj", considère l'AIE.

Une augmentation de l'offre qui dépend de l'Opep+

Si l'augmentation potentielle hors Opep+,  estimée à 1,8 mb/j, sera tirée essentiellement par les États-Unis, le restant repose essentiellement sur l'Opep+, en particulier l'Arabie Saoudite. Mais pour cela, il faudrait que l'organisation revienne rapidement au niveau d'avant sa réduction record qu'elle s'était imposée en 2020. Pour le moment, selon l'accord conclu en janvier, l'Opep+ ne mettra que 400.000 barils par jour supplémentaires à partir de février. Pour les nouvelles augmentations, il faudra attendre les prochaines réunions du cartel et de leurs alliés.

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Robert Jules

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Commentaires 4
à écrit le 20/01/2022 à 13:47
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Bon, et bien c'est une excellente nouvelle, non ? Il faut protéger Gaïa, réduire la consommation d'hydrocarbures. Et quoi de mieux qu'un baril cher pour le faire ?

le 20/01/2022 à 15:01
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Une société qui ne se repose pas sur la consommation et donc l'anéantissement de la planète or l'énergie est plus importante que 90% des autres biens de consommation. Un mauvais calcul, un rond que l'on fait rentrer dans un carré à coup de marteau.

à écrit le 19/01/2022 à 19:40
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Et le gouvernement français se frotte les mains: que lui coûte le chèque énergie face à ce pactole?

à écrit le 19/01/2022 à 17:58
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"la faiblesse des stocks de réserve met la pression sur les prix" Mais, mais Biden n' a pas fait il y a un mois, la leçon aux japonais, pour qu'ensemble ils tapent dans leur stocks pour faire baisser les cours ?

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