Pétrole : les Etats-Unis s’attaquent à la flotte « fantôme » de tankers russes qui permet à Moscou de contourner les sanctions occidentales
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Un tanker russe
Reuters
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Un tanker russe
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Ce vendredi, à la veille du deuxième anniversaire de l'invasion de l'Ukraine, et plus d'un an après l'embargo par des pays occidentaux (les membres du G7, de L'UE et l'Australie) sur le pétrole russe et le plafonnement du prix du brut russe, les Etats-Unis ont sanctionné la compagnie maritime nationale russe Sovcomflot et 14 pétroliers d'une « flotte fantôme » utilisés par la Russie pour contourner ces sanctions.
Sovcomflot a 45 jours pour décharger le pétrole ou autres cargaisons des 14 navires.
Pour rappel, le mécanisme de plafonnement du prix impose à la Russie de vendre son pétrole à 60 dollars le baril maximum aux pays membres de la coalition. Il est aussi interdit pour les entreprises basées dans ces pays de fournir les services permettant le transport maritime, notamment l'assurance ou la réassurance, de pétrole vendu au-dessus de ce prix.
Ces vaisseaux fantômes ne disposent donc pas d'une assurance adéquate, appelée « P&I », pourtant obligatoire pour les navires commerciaux pour couvrir des risques de guerre aux collisions ou dommages environnementaux comme les marées noires. Autrement dit, les assureurs de l'Union européenne et du Royaume-Uni, qui détiennent quelque 90 à 95% du marché de l'assurance P&I, n'ont plus le droit d'assurer des cargaisons de pétrole vendu plus de 60 dollars le baril.
Composée de navires pétroliers à la propriété opaque ou dépourvus d'assurances appropriées, cette flotte clandestine a permis à la Russie de contourner les sanctions et d'exporter son pétrole afin de réduire l'impact sur ses revenus du mécanisme de plafonnement du prix du pétrole. Pour réduire sa dépendance à l'égard des services maritimes occidentaux et contourner les sanctions, Moscou a racheté des tankers auxquels elle offre ses propres services d'assurance, selon Rystad Energy.
Exemple qui traduit l'ampleur de ce commerce : l'institut KSE estime dans son rapport « Russian Oil Tracker » de décembre que « 179 pétroliers » pleins d'or noir « ont quitté les ports russes en novembre 2023 ». En octobre, la flotte noire russe a ainsi permis l'exportation d'environ 2,3 millions de barils par jour de pétrole brut et de 800.000 barils par jour (mbj) de produits pétroliers, sur une production russe totale de 10 mbj, ajoute KSE.
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Ce type de « flotte de l'ombre » (shadow fleet ou dark fleet) est par exemple utilisée par l'Iran et le Venezuela, deux Etats sous sanctions pétrolières américaines, ou encore la Corée du Nord, souligne dans une note Elisabeth Braw, analyste de l'Atlantic Council, un centre de réflexion spécialisé dans les relations internationales.
Pour autant, les sanctions ont eu pour effet de réduire d'un tiers les revenus que la Russie a tiré en 2023 de l'exportation de pétrole et produits pétroliers, par rapport à 2022, selon les pays de la coalition.
Cibler cette flotte fantôme « oblige la Russie à choisir entre utiliser les services de la coalition pour expédier son pétrole sous le prix plafond » ou le faire « via la flotte fantôme et faire face à des coûts croissants et à une application plus sévère des sanctions de la part des autorités occidentales », a détaillé le responsable du Trésor américain.
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D'après les données de Lloyd's List Intelligence, le nombre de ces bateaux a doublé l'an dernier et représente désormais environ 10% des pétroliers opérant au niveau international. L'Atlantic Council dénombrait en janvier 1.400 navires.
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