Pétrole : les inquiétudes reviennent avec les sanctions américaines contre l’Iran

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Les Etats-Unis et la Russie ont contribué à une croissance de la production de 1,9 million de barils par jour, sur un an hors de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep).
Les Etats-Unis et la Russie ont contribué à une croissance de la production de 1,9 million de barils par jour, sur un an hors de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). (Crédits : © Enrique de la Osa / Reuters)
L’Agence internationale de l’Energie (AIE) a publié ce vendredi 10 août son rapport mensuel sur le marché pétrolier mondial. L’organisation a maintenu ses prévisions selon lesquelles la demande d’or noir devrait croître de 1,4 million de barils par jour cette année et de 1,5 million de barils par jour en 2019.

Le doute est de retour sur les marchés pétroliers. La forte croissance de la demande mondiale enregistrée aux premier, deuxième et troisième trimestres 2018 a fortement ralenti pour atteindre un rythme relativement faible de 1 million de barils par jour (mbj). L'AIE prévoit tout de même un rebond avec une demande de 100,2 mbj au quatrième trimestre, et s'attend à présent à ce que la croissance accélère de 1,5 mbj en 2019, contre 1,4 mbj en moyenne cette année. Cette légère révision est due à une hausse de la consommation en Asie, principalement.

« Malgré tout, les incertitudes sont considérables. Les risques liés à la stabilité de l'offre, qui se développeront plus tard cette année, pourraient entraîner une hausse des prix et avoir une incidence sur la croissance de la demande. Un autre facteur à prendre en compte est que les tensions commerciales pourraient s'aggraver et engendrer un ralentissement de la croissance économique, avec pour conséquence une baisse de la demande de pétrole », a déclaré l'AIE dans son rapport publié ce vendredi 10 août.

Ces tensions commerciales, mais aussi la vigueur du dollar qui pèse également sur les perspectives de demande de pétrole, inquiètent les marchés. Les barils sont en berne depuis la publication du rapport de l'AIE. En Europe, ce vendredi 10 août, le prochain contrat à terme sur le baril de Brent de mer du Nord perdait 0,8% à 71,50 dollars. Le WTI (West Texas Intermediate) de référence aux États-Unis cédait quant à lui 0,9% à 66,20 dollars.

Lire aussi : La guerre commerciale sino-américaine a de lourdes conséquences sur les échanges mondiaux

Croissance de l'offre

Dans son rapport, l'AIE fait état d'une hausse de l'offre mondiale au mois de juillet. Les États-Unis et la Russie notamment ont contribué à une augmentation de la production de 1,9 mbj, sur un an hors de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Selon le rapport de l'agence, la production (hors Opep) devrait croître de 2 mbj, avant de se tasser quelque peu à 1,85 mbj en 2019.

L'AIE a toutefois observé un déclin surprise de la production saoudienne pour ce même mois de juillet. Elle a en effet baissé de 110.000 barils par jour à 10,35 mbj, avec un repli des exportations, alors que le royaume s'était engagé à augmenter ses extractions afin de limiter la hausse des cours. Quant à l'approvisionnement total des pays de l'Opep en juillet, il a diminué de 850.000 barils par jour par rapport à l'an dernier, en raison des perturbations en cours au Venezuela, en Libye et en Angola. Mais ces baisses sont compensées par la hausse de production du Koweït, des Émirats arabes unis et du Nigéria, à 32,2 mbj.

Une accalmie, mais de courte durée ?

Dans son rapport mensuel, l'agence a tenu à alerter sur les tensions que risque de connaître prochainement l'offre mondiale de pétrole. Elle observe, certes, un « retour au calme du marché », qui profite actuellement aux consommateurs. Mais l'AIE estime qu'il « pourrait ne pas durer ». En effet, les sanctions américaines pénalisant les exportations pétrolières de l'Iran, troisième plus grand producteur de l'Opep, risquent de raviver les craintes sur l'offre pétrolière mondiale.

« Quand les sanctions pétrolières contre l'Iran prendront effet, peut-être conjointement avec des problèmes de production ailleurs, le maintien de l'offre mondiale pourrait s'avérer très difficile. Ainsi, les perspectives du marché pourraient être beaucoup moins calmes qu'elles ne le sont aujourd'hui », a mis en garde l'AIE dans son rapport mensuel.

Pour rappel, en juin dernier, les États-Unis avaient demandé à tous les pays de stopper complètement leurs importations de pétrole iranien, d'ici au 4 novembre 2018, pour éviter les sanctions américaines rétablies après le retrait de Washington sur le nucléaire iranien. La dernière série de sanctions s'était d'ailleurs traduite par une chute des exportations de brut de 1,2 mbj, mais « cette fois-ci l'impact pourrait être encore plus sévère », d'après l'agence. L'AIE publiera son prochain rapport à la mi-septembre, soit à six semaines seulement de l'échéance fixée par les États-Unis pour que les clients de l'Iran cessent leurs achats de pétrole. L'Opep publiera à son tour son rapport la semaine prochaine.

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Commentaires
a écrit le 10/08/2018 à 21:09 :
Quoi de mieux que "de travailler" pour le climat sans en avoir l'air!! D'autre ne font qu'en parler! Bien-sur c'est au dépend de certaine "économie"!
a écrit le 10/08/2018 à 20:05 :
"Quand les sanctions pétrolières contre l'Iran prendront effet, peut-être conjointement avec des problèmes de production ailleurs, le maintien de l'offre mondiale pourrait s'avérer très difficile. Ainsi, les perspectives du marché pourraient être beaucoup moins calmes qu'elles ne le sont aujourd'hui "

Incompréhensible. Quand les hommes d'affaires parlent comme des politiciens...
a écrit le 10/08/2018 à 16:34 :
En vérité personne n'est en mesure de prévoir l'évolution des cours du pétrole brut.

Même dans des périodes moins troublées et sans électrons libres style Trump ça a toujours été un pari très risqué.
La seule chose sure c'est que quelque soit l'évolution il y a aura des perdants et des gagnants.

Avec Macron, on n'a pas de surprises. On sera perdant de toute manières puisqu'il y aura encore 30 centimes de taxes supplémentaires prévues sur le carburant avant la fin de son quinquennat.

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