Le doute est de retour sur les marchés pétroliers. La forte croissance de la demande mondiale enregistrée aux premier, deuxième et troisième trimestres 2018 a fortement ralenti pour atteindre un rythme relativement faible de 1 million de barils par jour (mbj). L'AIE prévoit tout de même un rebond avec une demande de 100,2 mbj au quatrième trimestre, et s'attend à présent à ce que la croissance accélère de 1,5 mbj en 2019, contre 1,4 mbj en moyenne cette année. Cette légère révision est due à une hausse de la consommation en Asie, principalement.
Ces tensions commerciales, mais aussi la vigueur du dollar qui pèse également sur les perspectives de demande de pétrole, inquiètent les marchés. Les barils sont en berne depuis la publication du rapport de l'AIE. En Europe, ce vendredi 10 août, le prochain contrat à terme sur le baril de Brent de mer du Nord perdait 0,8% à 71,50 dollars. Le WTI (West Texas Intermediate) de référence aux États-Unis cédait quant à lui 0,9% à 66,20 dollars.
Dans son rapport, l'AIE fait état d'une hausse de l'offre mondiale au mois de juillet. Les États-Unis et la Russie notamment ont contribué à une augmentation de la production de 1,9 mbj, sur un an hors de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Selon le rapport de l'agence, la production (hors Opep) devrait croître de 2 mbj, avant de se tasser quelque peu à 1,85 mbj en 2019.
L'AIE a toutefois observé un déclin surprise de la production saoudienne pour ce même mois de juillet. Elle a en effet baissé de 110.000 barils par jour à 10,35 mbj, avec un repli des exportations, alors que le royaume s'était engagé à augmenter ses extractions afin de limiter la hausse des cours. Quant à l'approvisionnement total des pays de l'Opep en juillet, il a diminué de 850.000 barils par jour par rapport à l'an dernier, en raison des perturbations en cours au Venezuela, en Libye et en Angola. Mais ces baisses sont compensées par la hausse de production du Koweït, des Émirats arabes unis et du Nigéria, à 32,2 mbj.
Dans son rapport mensuel, l'agence a tenu à alerter sur les tensions que risque de connaître prochainement l'offre mondiale de pétrole. Elle observe, certes, un « retour au calme du marché », qui profite actuellement aux consommateurs. Mais l'AIE estime qu'il « pourrait ne pas durer ». En effet, les sanctions américaines pénalisant les exportations pétrolières de l'Iran, troisième plus grand producteur de l'Opep, risquent de raviver les craintes sur l'offre pétrolière mondiale.
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Pour rappel, en juin dernier, les États-Unis avaient demandé à tous les pays de stopper complètement leurs importations de pétrole iranien, d'ici au 4 novembre 2018, pour éviter les sanctions américaines rétablies après le retrait de Washington sur le nucléaire iranien. La dernière série de sanctions s'était d'ailleurs traduite par une chute des exportations de brut de 1,2 mbj, mais « cette fois-ci l'impact pourrait être encore plus sévère », d'après l'agence. L'AIE publiera son prochain rapport à la mi-septembre, soit à six semaines seulement de l'échéance fixée par les États-Unis pour que les clients de l'Iran cessent leurs achats de pétrole. L'Opep publiera à son tour son rapport la semaine prochaine.
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