Après les propos du ministre saoudien de l'Energie, menaçant les « spéculateurs » d'une nouvelle baisse de l'offre de l'Opep+, le vice-Premier ministre russe, Alexander Novak, s'est voulu rassurant en évoquant un statu quo. Mais une poursuite de la baisse des prix du baril, et donc des revenus, inquiète certains pays exportateurs.Se sont-ils partagé les rôles ? Après la mise en garde adressée aux « spéculateurs » par le ministre de l'Energie saoudien, le prince Abdulaziz bin Salman, menaçant implicitement d'une nouvelle réduction de l'offre de l'Opep+, lors de la prochaine réunion des pays membres du partenariat, l'autre poids lourd, la Russie, s'est montré plus apaisante.
« Je ne pense pas qu'il y aura de nouvelles décisions, après celle prise il y a à peine un mois, portant sur la réduction volontaire de la production de pétrole par certains pays en raison de la faiblesse de la reprise économique mondiale », indiquait jeudi Alexander Novak, Vice-Premier ministre de la Fédération de Russie,dans un long entretien accordé jeudi au quotidien moscovite,Izvestia.
« Si nous prenons en compte l'ensemble des réductions, ce sont 1,6 million de barils par jour supplémentaires qui vont être retirés en mai par la Russie, l'Arabie saoudite, l'Irak, les Émirats arabes unis, le Koweït et certains autres pays. Notre tâche consiste maintenant à surveiller la situation sur le marché et à réagir rapidement si besoin », précise l'ex-ministre de l'Energie, et représentant de Moscou dans le partenariat Opep+.
Sous les 80 dollars
Ce vendredi 26 mai, le cours du baril de Brent progressait de moins de 1%, flirtant avec les 77 dollars. Sur un mois, il accuse une baisse de 1,65%. Celui du baril de WTI, la référence américaine, gagnait 0,80%, à 72,5 dollars. Sur un mois, il s'est déprécié de plus de 2,5%. Les investisseurs se focalisaient moins sur la décision que prendront les membres de l'Opep+ que sur les espoirs d'un accord entre élus démocrates et conservateurs sur le relèvement du plafond de la dette aux Etats-Unis.
La tendance a été également soutenue par « les stocks américains de pétrole brut qui ont chuté de manière inattendue de 12,456 millions de barils, la plus forte baisse depuis novembre 2022, selon les données de l'EIA. En outre, les stocks d'essence ont diminué de 2,053 millions de barils, dépassant les attentes », souligne John Plassard, économiste chez Mirabaud Equity Research.