Pétrole : pour soutenir les prix, l'Opep+ s'apprête à diminuer la production

L'Opep+, qui regroupe les pays membres de l'Opep et leurs alliés dont la Russie , débattront d'une réduction de leur production de plus d'un million de barils par jour lors d'une réunion à Vienne le 5 octobre. Sur fond de ralentissement de la demande, cette diminution est légèrement supérieure aux estimations évoquées ces derniers jours, qui allaient de 500.000 à un million.
Le prix du baril a perdu plus de 30% depuis son pic de mars dernier, intervenu peu après l'invasion de l'Ukraine.
Le prix du baril a perdu plus de 30% depuis son pic de mars dernier, intervenu peu après l'invasion de l'Ukraine. (Crédits : Dado Ruvic)

L'Opep+, qui réunit les membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et plusieurs de leurs alliés dont la Russie, se réunit à Vienne mercredi, sa première réunion « physique » depuis mars 2020. Sans surprise, l'organisation devrait annoncer une réduction de la production pour soutenir les cours, qui ont reculé ces derniers mois en raison des craintes de ralentissement de la demande. Les deux références mondiales du brut - le baril de West Texas Intermediate et le baril de la Mer du Nord - ont en effet nettement reculé ces derniers mois en raison de la récession frappant les grandes économies.

L'Arabie saoudite, chef de file de fait de l'Opep en raison de son statut de premier exportateur mondial, avait déjà en août dernier examiné la possibilité de diminuer les pompages pour faire remonter le prix du baril, qui a perdu plus de 30% depuis son pic de mars dernier, intervenu peu après l'invasion de l'Ukraine.

Les prix du pétrole déjà en hausse ce lundi

Les conséquences de cette décision attendue se font déjà sentir : les prix du pétrole ont bondi de plus de 3% ce lundi sur les marchés asiatiques. Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain a gagné 3,3% à 82,12 dollars. Même hausse pour le prix du baril de Brent de la mer du Nord, qui a atteint 87,94 dollars.  « Ce ne sera qu'une question de temps avant que le pétrole ne revienne à 100 dollars le baril, en particulier avec un resserrement de l'offre vers la fin de l'année », estime Suvro Sarkar, analyste à la DBS Bank. Tout va très vite : les cours du pétrole reculaient en effet vendredi, le marché étant toujours préoccupé par l'affaiblissement de la demande et dans un contexte de maintenance des raffineries. La perspective d'une possible baisse de production n'impressionnait alors pas. C'est déjà moins vrai aujourd'hui.

En France, les consommateurs sont toujours protégés des hausses grâce à une ristourne accordée par le gouvernement, soit 30 centimes d'euros TTC. Dès le 1er novembre et jusqu'au 31 décembre, date de la fin du dispositif, elle ne sera plus que de 10 centimes.

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ZOOM - Des réunions entre membres de l'Opep désormais mensuelles

L'Opep se réunira mercredi physiquement à Vienne, « pour la première fois depuis mars 2020 » et l'émergence de la pandémie. Avant la crise sanitaire, les producteurs se retrouvaient deux fois par an dans la capitale autrichienne. Depuis le printemps 2020, les 23 membres se réunissent chaque mois, par vidéoconférence, pour affiner au mieux leurs objectifs devant la volatilité de la demande. Au printemps 2020, ils avaient laissé volontairement sous terre des millions de barils pour ne pas inonder le marché avec un pétrole qu'ils ne pouvaient pas absorber du fait des confinements et restrictions sanitaires. La recette a fonctionné : les prix, tombés en territoire négatif au printemps 2020, sont remontés sous l'effet de cette politique. L'accalmie revenue, l'Opep a alors décidé d'augmenter de nouveau la production l'an dernier. Mais face aux craintes de récession, l'alliance avait opté début septembre pour une réduction des volumes, qu'elle pourrait donc choisir d'accélérer.

 (Avec agences)

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Commentaires 4
à écrit le 03/10/2022 à 9:44
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Épiphénomène récurrent. Le pétrole, ainsi que le gaz sont des énergies Non Renouvelables. Ça veut dire qu'inexorablement les stocks vont s'épuiser. Nos économies occidentales ont tout intérêt à éliminer l'utilisation de ces énergies.

à écrit le 03/10/2022 à 9:32
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Prix du Brent au 3 octobre 2022 : 82,10 USD le Baril Taux de change Euro USD au 3 octobre : 0,98 Prix moyen du litre du fuel domestique au 3 octobre : 1,60 Euros Prix du Brent au 18 janvier 2022 : 82,14 USD le Baril Prix moyen du litre du fuel ...

à écrit le 03/10/2022 à 9:02
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On se demande juste pourquoi il a autant augmenté en pleine crise économique mondiale et profonde, visiblement organisé afin que les mêmes replissent ses remplissent les poches, comme si elles n'étaient pas assez pleine !

à écrit le 03/10/2022 à 8:35
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Ceux qui croyait encore à un écroulement du prix de l'or noir et par suite celui de l'énergie en général vont tomber de haut , et avec l'Euro qui ne cesse de dégringoler face au dollar US le recul de l'inflation n'est pas pour demain en Europe. A fo...

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