Plan Biden : entre retombées positives et risques financiers

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Le texte de loi du plan de sauvetage américain a été signé jeudi 11 mars par Joe Biden.
Le texte de loi du plan de sauvetage américain a été signé jeudi 11 mars par Joe Biden. (Crédits : TOM BRENNER)
Le plan de relance de 1.900 milliards de dollars de l'économie américaine devrait profiter aux États-Unis mais aussi au reste du monde. Le risque d'inflation et d'un resserrement brutal des taux d'intérêt n'est toutefois pas écarté.

Avec une injection de 1.900 milliards de dollars, le plan de sauvetage américain, dont le texte de loi a été signé jeudi 11 mars par Joe Biden depuis le Bureau ovale, va avoir « des retombées positives sur le reste de l'économie mondiale », a souligné Gerry Rice, le porte-parole du Fonds monétaire international (FMI) lors d'une conférence de presse.

« La plupart des pays devraient bénéficier d'une demande américaine plus forte tant pour les produits de base que pour les importations de biens et services. Cela contribuera ainsi à la croissance et à la reprise mondiales ».

Par conséquent, l'institution de Washington devrait publier le 6 avril prochain des prévisions de croissance mondiale révisées en hausse. En janvier dernier, il projetait déjà une croissance mondiale plus soutenue, à 5,5%, à la faveur de l'accélération de la vaccination et des plans d'aide massifs des gouvernements. S'agissant de la seule économie américaine, il tablait alors sur 5,1%.

Lire aussi : Le Sénat américain vote le plan de relance de 1.900 milliards de dollars de Joe Biden

Risque de resserrement financier...

Si les États-Unis vont jouer le rôle de locomotive mondiale cette année - peut-être même devant la Chine -, « nous devons être attentifs aux risques et les pays doivent bien entendu être vigilants (...) à tout risque éventuel, y compris un éventuel resserrement financier », a cependant averti le porte-parole du FMI.

Selon Gerry Rice, un resserrement brutal des taux d'intérêt n'est ainsi pas exclu. Dans un environnement « où les coûts de financement en dollars américains sont exceptionnellement bas », la Réserve fédérale et les autres Banques centrales des économies avancées doivent « soigneusement gérer les risques d'un resserrement soudain des conditions financières », a-t-il ajouté, leur recommandant de « communiquer clairement ».

Avec une reprise économique désynchronisée à travers le monde avec des pays émergents à la traîne, si les pays avancés venaient à augmenter brutalement leur taux d'intérêt, cela compromettrait le besoin de refinancement de la dette d'un certain nombre de pays émergents.

Lire aussi : États-Unis : sur les taux d'intérêt comme sur l'inflation, Powell (Fed) se veut rassurant

... et d'inflation

Les Républicains, qui ont voté en bloc contre ce plan, mettent, eux, en avant le risque d'inflation. « C'est un risque parmi tant d'autres que nous allons surveiller », a rétorqué jeudi le conseiller économique de la Maison Blanche Brian Deese sur la chaîne CNN.

Avant même le vote, certains économistes avaient souligné que l'injection massive d'argent dans l'économie américaine, au moment où la reprise a commencé, peut conduire à la surchauffe.

Le débat n'est pas tranché même si la majorité des économistes, dont Gita Gopinath, économiste en chef du FMI, estiment que s'il y a inflation accélérée, c'est-à-dire au-dessus des 2% préconisés par la Banque centrale américaine, cela ne sera que temporaire.

Pour l'heure, la priorité est « de mettre en œuvre le plan de relance pour parvenir à une reprise rapide et équitable », a argué Brian Deese alors que la crise est loin d'être terminée pour les foyers les plus modestes. Il a précisé que les chèques de 1.400 dollars par personne commenceraient à être envoyés dès ce mois-ci.

Lire aussi : Aux États-Unis, le double défi de la Fed : plein emploi et inflation à +2%

L'administration Biden a « bon espoir de voir une croissance (...) robuste cette année et c'est ce dont nous avons besoin pour revenir plus rapidement au plein emploi et sortir de ce très grave trou d'emploi dans lequel nous nous trouvons », a-t-il ajouté.

La loi portant sur le plan de sauvetage a été approuvée définitivement mercredi par le Congrès. Plus de 10 millions d'Américains, dépendant des allocations chômage exceptionnelles, vont continuer à en bénéficier jusqu'à septembre alors que ces aides devaient s'achever en fin de cette semaine, a encore rappelé Brian Deese. Au cours de la première semaine de mars, 712.000 personnes se sont encore inscrites au chômage contre 754.000 la semaine précédente, selon le département du Travail.

Le conseiller de Joe Biden a reconnu qu'il était « fâcheux » que les Républicains aient voté contre cette loi mais, a-t-il fait valoir, ce plan a le soutien de la population américaine.

Lire aussi : Etats-Unis : le vaste plan de relance de Biden adopté par la chambre des représentants

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Commentaires
a écrit le 12/03/2021 à 15:37 :
La guerre froide n’existe plus ?
Car Américains et Russes et Chinois produisent des vaccins .
nous avons le schéma mondial ( pas le volet économique) d’avant la deuxième guerre mondiale avec une Allemagne puissante , une Angleterre libre , une France fragile , une Italie coopérante et une Espagne en difficulté économique.
J’ai l’impression que cette fois - ci la pseudo cible sont les «  usa »
Qu’une grande alliance avant le covid 19
a vu le jour autour d’une table entre les Chinois , Russes , L’Arabie saoudite , Israël, l’Allemagne et M. Trump.
Je ne sais ce que l’avenir nous réserve mais la guerre froide d’après guerre a pris une autre tournure et la cible est peut être les «  usa »
Peut être une volonté de délocaliser l’économie mondiale complètement en Asie , ce qui explique la division actuelle aux usa ( tensions civiles...)
a écrit le 12/03/2021 à 13:11 :
Et toujours personne pour nous expliquer pourquoi la solution de mettre les personnes fragiles à l'abri n'a pas été choisie. Tous hypocrites, qu'ils nous envoient les chars au lieu de nous raconter des bobards.

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