Pour endiguer l'inflation, la Fed frappe fort sur les taux avec une hausse jamais observée depuis 1994

Fortement déterminée à ramener l'inflation à son objectif de 2%", la Fed a annoncé ce mercredi une hausse des taux de trois quarts de points de pourcentage, soit la plus forte hausse depuis 1994, pour tenter de contrôler une inflation qui ne faiblit pas. Avec cette troisième hausse d'affilée, ces taux se situent désormais dans une fourchette comprise entre 1,5 et 1,75%. Peu avant cette annonce, la Banque centrale européenne a, elle, convoqué une réunion en urgence à l'issue de laquelle elle a annoncé qu'elle travaillait à la conception d'un nouvel instrument « anti-fragmentation » pour lutter contre un écartement trop important des taux entre les pays de la zone euro.
La Fed s'exprimait ce mercredi à l'issue d'une réunion du comité de politique monétaire (FOMC) débutée plus tôt dans la journée.
La Fed s'exprimait ce mercredi à l'issue d'une réunion du comité de politique monétaire (FOMC) débutée plus tôt dans la journée. (Crédits : Reuters)

C'était une annonce des plus attendues. Depuis le début de la semaine, les marchés s'agitaient à l'idée d'une nouvelle hausse de taux par la réserve fédérale américaine (Fed) pour lutter contre l'inflation. C'est bien ce que l'institution monétaire a présenté, ce mercredi, en relevant ses taux directeurs de trois quarts de points de pourcentage, soit la plus forte hausse depuis 1994, pour tenter de contrôler une inflation plus forte qu'escompté. Avec cette troisième hausse d'affilée, ces taux se situent désormais dans une fourchette comprise entre 1,5 et 1,75%. "Fortement déterminée à ramener l'inflation à son objectif de 2%",  la Fed table désormais sur une inflation de 5,2% cette année, contre 4,3% projeté en mars, et procèdera donc à d'autres hausses lors des prochaines réunions de 2022. Parallèlement, elle anticipe une croissance moins forte que prévu cette année à 1,7%, contre 2,8% précédemment.

"L'inflation reste élevée, reflétant des déséquilibres entre l'offre et la demande liés à la pandémie, à la hausse des prix de l'énergie et à des pressions plus larges sur les prix", déclare la Fed dans le communiqué publié à l'issue de deux jours de débats.

S'il y a quelques jours, une hausse d'un demi-point de pourcentage semblait acquise, cette certitude a été balayée par les nouveaux chiffres de l'inflation publiés quelques jours plus tôt. La hausse des prix n'a pas ralenti, comme cela avait été le cas en avril, atteignant même un nouveau record en 40 ans, à 8,6% sur un an.

La Fed a commencé à relever ses taux pour ralentir la demande, d'abord d'un quart de point de pourcentage en mars, puis d'un demi-point le 4 mai. Des interventions trop tardives comme l'a reconnu Jerome Powell, le président de la Fed, dans un interview au Wall Street Journal. « Avec le recul, (...) il aurait sans doute mieux valu relever les taux plus tôt », a-t-il admis.

La BCE prépare un nouvel instrument « anti-fragmentation »

Cette hausse de taux inédite, qui était néanmoins attendue, a fait réagir en urgence l'Europe. La Banque centrale européenne a, en effet, tenu ce mercredi une réunion exceptionnelle « pour discuter des conditions actuelles du marché », a déclaré un porte-parole de la BCE. A l'issue de celle-ci, l'institution a promis qu'elle « appliquera une certaine flexibilité dans le réinvestissement » des obligations détenues au titre de son programme d'urgence lancé pendant la pandémie (PEPP). La BCE a par ailleurs chargé ses équipes « d'accélérer » la conception d'un nouvel instrument « anti-fragmentation » pour lutter contre un écartement trop important des taux entre pays du Nord et pays du Sud de la zone euro. Mais aucun détail sur le contenu de cet instrument ni son calendrier d'adoption n'a été donné.

Une semaine plus tôt, la BCE avait annoncé un resserrement de sa politique monétaire pour combattre l'inflation, qui s'est accompagnée d'une hausse des taux directeurs de 25 points de base à partir de juillet puis à nouveau en septembre.

Lire aussi 4 mnZone euro : le spectre de la crise de 2011 fait paniquer la BCE

(Avec AFP)

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Commentaires 2
à écrit le 15/06/2022 à 21:39
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En 1994 le tbond à 10 ans se promenait à + de 7 % ( 16 % dans les années 1980 ).. aujourd'hui 3,50 %... le repo en 1994: 7 % ( aujourd'hui 0.8 % ).. on part avec des conditions inférieurs à.... 1940/1945 !! Nul besoin d'avoir fait les grilles des gr...

à écrit le 15/06/2022 à 20:58
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voila comment des incompetents decouvrent la realite, puis courent apres le train.......ils veulent hitler, ils vont l'avoir, pas la peine de sortir les pleurniches.............on apprend en troisieme annee ce qu'a ecrit friedman, apres avoir lu keyn...

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