Pour Kamala Harris, l'Amérique est « prête à tourner la page » Trump
latribune.fr
Sur l'immigration, la démocrate de 59 ans a dit qu'il devait y avoir des « conséquences » pour les personnes entrant de manière illégale sur le territoire américain.
La vice-présidente Kamala Harris a jugé que l'Amérique était « prête à tourner la page » Trump, dans sa première interview de candidate à la Maison Blanche, lors de laquelle elle a défendu ses idées sur l'énergie, l'immigration et Israël.
Elle était attendue au tournant. Kamala Harris, candidate démocrate à la Maison Blanche, a décoché ses flèches les plus acérées vers la cible Donald Trump, son rival républicain, lors de son premier grand entretien de campagne accordé jeudi sur CNN.
En marge d'un déplacement en Géorgie, un Etat clé du sud du pays, la vice-présidente de Joe Biden a accusé l'ancien président républicain d'avoir « divisé notre nation ». La candidate, qui a choisi par contraste un message de réconciliation politique, a estimé que « ce serait une bonne chose pour les Américains qu'il y ait un ministre républicain dans (son) gouvernement », en cas de victoire à l'élection présidentielle du 5 novembre.
Une volte-face sur la fracturation hydraulique
Interrogée sur des sujets sensibles de la campagne, Kamala Harris a notamment déclaré qu'en cas de victoire elle « n'interdira pas » la fracturation hydraulique, une méthode d'extraction d'hydrocarbures dénoncée par les défenseurs de l'environnement.
«Nous pouvons faire croître et développer une économie florissante basée sur les énergies propres sans interdire la fracturation», a assuré la vice-présidente, alors qu'elle s'était dite dans le passé opposée à cette technique.
C'est un sujet brûlant en particulier dans l'Etat très convoité de Pennsylvanie, dans lequel le secteur des hydrocarbures est un important pourvoyeur d'emplois et de revenus.
Sur l'immigration, l'un des thèmes favoris de Donald Trump, la démocrate de 59 ans a dit qu'il devait y avoir des « conséquences » pour les personnes entrant de manière illégale sur le territoire américain. La vice-présidente, qui dans le passé a adopté sur ces deux sujets des positions plus progressistes, a assuré que « ses valeurs n'avaient pas changé ».
«J'ai toujours pensé (...) que le changement climatique était une réalité, que c'est une question urgente» et que les Etats-Unis doivent tenir des «objectifs» en termes d'émission de gaz à effet de serre, a-t-elle aussi martelé.
A propos d'une autre question sensible sur le plan politique, Kamala Harris a réitéré son soutien au droit d'Israël « à se défendre » et a répondu « non » à la question de savoir si, présidente, elle suspendrait les livraisons américaines d'armes à Israël, alors que la guerre à Gaza se poursuit depuis près de onze mois. La démocrate a aussi déclaré que « beaucoup trop de Palestiniens innocents avaient été tués » et a appelé à « un cessez-le-feu ».
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Trump contre-attaque sur son réseau social
Les républicains accusent la vice-présidente d'être inconstante dans ses idées. « J'ai tellement hâte de débattre contre la 'camarade' Kamala et de montrer quelle imposture elle est. Harris a changé de position sur tous les sujets », a déclaré Donald Trump sur sa plateforme Truth Social, en référence au face à face prévu le 10 septembre avec sa rivale.
L'ancien président multiplie les attaques personnelles contre Kamala Harris depuis son entrée en campagne, suite au retrait fracassant du président démocrate Joe Biden le 21 juillet. Il l'avait notamment accusée d'être « devenue noire » pour des raisons électoralistes. Interrogée à ce propos, Kamala Harris, née d'un père jamaïcain et d'une mère indienne, n'a pas voulu s'étendre, estimant qu'il s'agissait de « la même vieille rengaine », et ajoutant : « Question suivante, s'il vous plaît. »
Le droit à l'avortement, une épine dans le pied de Donald Trump
Comme Kamala Harris, Donald Trump écume les « swing states », les Etats pivot promettant d'être particulièrement disputés en novembre, dont la Géorgie fait partie. Le candidat républicain devra retourner des électeurs conservateurs qui l'accusent d'avoir trahi le mouvement anti-avortement en ajustant son positionnement sur ce thème clé de l'élection présidentielle américaine afin de contrer les attaques de sa rivale.
Donald Trump se vante souvent d'avoir, par sa nomination de trois juges conservateurs à la Cour suprême, permis l'annulation en juin 2022 de la garantie constitutionnelle du droit à l'avortement. Mais face aux critiques répétées des démocrates, et au soutien d'une majorité de l'opinion publique au droit à l'avortement, l'ancien président veille désormais à se présenter en défenseur des « droits reproductifs ».
« Mon administration sera formidable pour les femmes et leurs droits reproductifs » a-t-il assuré sur son réseau Truth Social, la semaine passée, peu après que Kamala Harris eut reproché aux républicains « d'avoir perdu la tête » sur le droit à l'avortement lors d'un discours passionné clôturant la convention démocrate à Chicago.
Ce qui lui a été vivement reproché par des médias conservateurs. « L'abandon par Trump des 'pro-vie' est total », a fustigé le magazine National Review, en référence à la manière dont les groupes anti-avortement se désignent. Cette phrase est « la pire déclaration » de Donald Trump depuis qu'il s'est lancé dans sa première candidature à la Maison Blanche en 2015, a lui condamné Jeremy Boreing, le co-fondateur du site The Daily Wire, déplorant qu'il soit « philosophiquement malléable ».
Dans le même temps, le mouvement anti-avortement appelle lui l'ancien locataire de la Maison Blanche à aller plus loin, certains s'attaquant aux traitements de fertilité comme la fécondation in vitro (FIV) et d'autres militant pour une impopulaire interdiction nationale de l'IVG.