Pourquoi l'Argentine fait appel au FMI

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Après la clôture, le ministère du Trésor a annoncé dans un communiqué que Buenos Aires avait demandé au FMI un accord de financement dit de confirmation (stand-by arrangement ou SBA) pour des montants élevés pour calmer la volatilité des marchés. Selon le journal argentin Clarin, l'Argentine aurait sollicité une aide de 30 milliards de dollars (25 milliards d'euros), un montant que ni le gouvernement ni le FMI n'ont voulu confirmer.
Après la clôture, le ministère du Trésor a annoncé dans un communiqué que Buenos Aires avait demandé au FMI un accord de financement dit de confirmation (stand-by arrangement ou SBA) pour des montants élevés pour calmer la volatilité des marchés. Selon le journal argentin Clarin, l'Argentine aurait sollicité une aide de 30 milliards de dollars (25 milliards d'euros), un montant que ni le gouvernement ni le FMI n'ont voulu confirmer. (Crédits : MARCOS BRINDICCI)
L'Argentine est confrontée depuis deux semaines à une forte volatilité financière avec l'effondrement du peso, la situation délicate de son économie et le déficit de ses comptes courants la plaçant parmi les marchés émergents les plus affectés par l'impact de la hausse du dollar et des rendements obligataires américains.

Les mauvais souvenirs du passé refont surface pour l'Argentine. Pour éviter le retour d'une crise financière majeure, le président argentin Mauricio Macri a annoncé dans une allocution télévisée avoir sollicité l'aide du Fonds monétaire internationale pour stabiliser les finances du pays, seulement quelques jours après la décision de la Banque centrale de monter son taux d'intérêt à 40%, un record mondial.

Mauricio Macri

Le président Argentin Mauricio Macri. Crédits : Reuters.

La Bourse de Buenos Aires a terminé en forte hausse mercredi au lendemain de la décision de l'Argentine de demander l'assistance du Fonds monétaire international (FMI).

> Lire aussi : Attaquée sur les marchés, l'Argentine demande l'aide du FMI

Pourquoi l'Argentine fait-elle appel au FMI ?

Le président argentin Mauricio Macri avait annoncé mardi qu'il sollicitait l'aide financière du Fonds monétaire international pour contrecarrer les turbulences sur les marchés qui ont fait chuter le peso de plus de 7% en un jour, faisant redouter une nouvelle crise. Dans un communiqué publié ce jeudi, la directrice générale du FMI Christine Lagarde a indiqué après sa rencontre avec le ministre des Finances publiques argentin Nicolas Duvojne :

" Le ministre Duvojne et moi même avons discuté de la manière dont le FMI pouvait aider les autorités à renforcer l'économie de l'Argentine à la lumière d'un regain de volatilité importante des marchés financiers [...] Le ministre et moi-même nous sommes mis d'accord sur le fait que notre objectif commun était de conclure rapidement ces discussions", a-t-elle ajouté, confirmant que les autorités argentines avaient fait une requête pour "un accord de confirmation" (ou Stand-By agreement)"

Ce type de prêt permet au Fonds "de répondre rapidement aux besoins de financement extérieur des pays et d'accompagner les politiques destinées à sortir des situations de crise et à rétablir une croissance durable", selon une fiche technique du FMI. Il peut durer jusqu'à trois ans maximum, mais il couvre le plus souvent une période de un à deux ans. Il doit être remboursé dans les trois à cinq ans suivant le déboursement.

Dans ce cadre, les pays ont accès "à un maximum de 145% de leur quote-part sur toute période de 12 mois, et à un maximum cumulé de 435% de la nouvelle quote-part sur la durée de vie du programme, déduction faite des remboursements".

Mais le FMI peut aussi décider "un accès exceptionnel", c'est-à-dire de dépasser au cas par cas ces limites. Récemment, des pays ont eu recours ou font encore appel à ce type de crédit comme la Serbie ou le Kenya ou la Grèce.  Christine Lagarde ajoute avoir informé le comité de direction des progrès dans les discussions avec les autorités argentines et "avoir chargé les équipes du FMI de poursuivre les discussions en vue d'un programme appuyé par le FMI". De son côté, la Maison-Blanche par l'intermédiaire la porte-parole Sarah Huckabee Sanders a déclaré :

"Les Etats-Unis approuvent le programme de réforme économique du président Mauricio Macro, qui est orienté vers les marchés, centré sur la croissance et devrait améliorer l'avenir de l'Argentine. Le président Macri possède une vision juste pour l'économie argentine et a réalisé d'importantes avancées pour la modernisation de la politique économique du pays".

De mauvais souvenirs

Ces derniers épisodes pourraient rappeler des cauchemars pour les Argentins. En 2001, l'Argentine avait été secouée par la pire crise financière de son histoire, qui avait fait chuter successivement quatre présidents en dix jours et mené le pays au défaut de paiement, véritable traumatisme national.

 > Lire aussi : 23 décembre 2001 : quand l'Argentine fit défaut sur sa dette

En 2006, le pays avait remboursé sa dette auprès du FMI, pour 9,6 milliards de dollars. Mais il avait ensuite suspendu pendant dix ans les missions du FMI dans le pays. Fin 2015, à l'arrivée au pouvoir du président de centre-droit Macri, favorable aux marchés, l'Argentine était revenue au change flottant, après des années de contrôle strict sous le gouvernement de Cristina Kirchner (centre gauche), qui surévaluait artificiellement le peso face au dollar. Repartie en 2017 sur le chemin de la croissance, l'Argentine espérait cette année contenir son inflation à 15%, mais la dévaluation risque de doper la hausse des prix alors que le peso a fondu de 10% face au dollar sur un mois.

(Avec agences)

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a écrit le 12/05/2018 à 14:15 :
Il y a un problème récurrent d’inflation excessive en Argentine. Deux causes sont connues : le déficit commercial et un recours excessif à la planche à billets qui fait s’effondrer le taux de change de la monnaie (voir le lien ci-dessous). C’est bien que la Banque centrale puisse financer l’État, mais encore faut-il que ce soit dans proportions raisonnables. Quand ce sont des politiques qui décident on ne peut souvent pas compter sur eux pour être raisonnables. Ils devraient pourtant savoir qu’il est dangereux que l’augmentation de la masse monétaire dépasse de très loin la hausse des richesses produites et que la monnaie n’est qu’un instrument qui va permettre à l’économie réelle d’être plus ou moins performante.

C’est pourquoi il faut que la banque centrale soit indépendante du pouvoir politique même si le mieux serait, sans doute, un pouvoir politique censé qui maitrise tout. Autre cause possible : Un protectionnisme poussé également à l’excès, la corruption, etc. Je ne connais pas forcément tous les tenants et aboutissants du problème économique argentin. Là le nouveau pouvoir s’efforce d’être plus réaliste dans le domaine de la politique monétaire, mais ça prend du temps pour que des actions économiques produisent leurs effets. Les russes semblent mieux maîtriser les problématiques des situations de crise que les argentins, ils ont du apprendre à la longue.

https://www.contrepoints.org/2014/02/06/155790-inflation-en-argentine-les-origines-du-mal
a écrit le 12/05/2018 à 11:10 :
"En Argentine, les régimes passent, la corruption reste" https://www.monde-diplomatique.fr/2016/04/GABETTA/55186 (gratuit)

Extrait: "Le football, sport national s’il en est, est quant à lui devenu une industrie mafieuse : banqueroute de clubs, transactions illégales, blanchiment d’argent et groupes de supporteurs violents — les barras bravas, équivalents des « ultras » européens, liés au narcotrafic et aux « affaires ». Ces groupes se livrent à des bagarres meurtrières. En février 2010, un bus de supporteurs de l’équipe des Newell’s a ainsi été criblé de balles ; un adolescent a été tué. L’enquête a révélé que les armes de guerre ayant servi à la fusillade avaient été fournies par... la police. Depuis que le gouvernement a décidé de subventionner le marché du football — à raison de 45 millions de pesos (2,66 millions d’euros) par jour en 2015 —, les matchs à la télévision sont gratuits, mais nombre de clubs sont au bord de la faillite. Les matchs ne se jouent plus qu’en présence du public local, l’entrée étant interdite aux visiteurs extérieurs pour prévenir les échauffourées."
Réponse de le 13/05/2018 à 16:20 :
cessez de lire des liens surtout sans rapport avec le sujet. Le Monde diplomatique que vous citez régulièrement n'est pas l'Alpha et l'Oméga de l'info tout comme Le Monde. Si la corruption est un sujet en Argentine il n'est pas LE SUJET des problèmes financiers actuels.
Réponse de le 16/05/2018 à 9:42 :
@ multipseudos

Vous ne voyez aucun rapport avec la corruption des élus et la a crise des finances publiques du même pays sans rire ?

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