Pourquoi le Royaume-Uni déroule le tapis rouge au président chinois

 |  | 660 mots
Lecture 4 min.
Cela faisait dix ans qu'un président chinois ne s'était pas rendu au Royaume-Uni. Xi Jinping va y rester quatre jours, du 20 au 23 octobre.
Cela faisait dix ans qu'un président chinois ne s'était pas rendu au Royaume-Uni. Xi Jinping va y rester quatre jours, du 20 au 23 octobre. (Crédits : Reuters)
David Cameron espère obtenir un accord sur la construction des réacteurs nucléaires d'Hinkley Point, des investissements renforcés dans les infrastructures britanniques et une meilleure coopération financière avec la Chine.

Cela faisait dix ans qu'un président chinois ne s'était pas rendu au Royaume-Uni. Après des années de mésentente, et un point culminant en 2012, lors de la rencontre de David Cameron avec le Dalaï Lama en 2012, la hache de guerre est quasiment enterrée. Le Premier ministre britannique compte bien choyer le président chinois lors de sa visite dès ce mardi 20 octobre jusqu'au vendredi 23 octobre. Xi Jinping et sa femme séjourneront au palais de Buckingham en tant qu'hôtes de la reine Elizabeth, qui donnera un banquet officiel en leur honneur.

La visite du président chinois "sera un moment très important dans les relations sino-britanniques, qui sont très bonnes, quelque chose comme un âge d'or dans notre relation", s'est enthousiasmé David Cameron. Xi Jinping lui a rendu la pareille déclarant que cette visite pourrait en effet marquer le début d'un "âge d'or".

Des montants "énormes"

Une visite attendue avec impatience par le Premier ministre David Cameron, d'autant plus que les officiels chinois ont promis que le montant des accords que Xi Jinping espère signer seront "énormes". Des accords commerciaux et d'investissements représentant "plus de 30 milliards de livres" et la "création de 3.900 emplois" au Royaume-Uni seront signés au cours de la visite d'État du président chinois, a d'ailleurs annoncé Downing Street, mardi.

Parmi les enjeux de cette visite:

  • Hinkley Point, un contrat de 34 milliards d'euros en attente

Avaliser la construction de deux réacteurs nucléaires français de type EPR à Hinkley Point. EDF, engagé dans ce projet estimé à 34 milliards d'euros a reçu le feu vert de Londres en octobre 2013. Mais le géant français de l'électricité est engagé  dans des discussions complexes avec les géants étatiques chinois CGN et CNNC. Vincent de Rivaz, directeur général d'EDF Energy, a qualifié la visite de Xi Jinping d'"occasion opportune" de sceller un accord.

  • Le Royaume-Uni veut plus d'investissements dans ses infrastructures

Les investissements directs à l'étranger (IDE) seront abordés en priorité par le Royaume-Uni. Alors que ce dernier a consacré 6 milliards de livres (8,2 milliards d'euros) d'IDE en Chine, Pékin n'en a investi que 900 millions en Grande-Bretagne, rappelle Bloomberg. David Cameron a estimé que les relations entre la Chine le Royaume-Uni connaissent "un moment très spécial" créant une opportunité pour "l'investissement de la Chine dans le Royaume-Uni, dont les deux pays bénéficieraient absolument". Le mois dernier, le ministre britannique des Finances, George Osborne, s'est efforcé de convaincre les entrepreneurs chinois d'investir au Royaume-Uni et n'a pas froissé en évitant d'insister sur la question des droits de l'homme.

  • La Chine, prête à envisager un renforcement de la connexion des marchés financiers

Xi Jinping souligne aussi que la Chine est prête à renforcer sa coopération financière avec Londres, qui espère devenir une plateforme d'échange majeure pour les transactions sur le yuan. Londres pourrait aussi devenir la première place financière hors de Chine et de Hong Kong à accueillir des émissions d'obligations souveraines chinoises. "Quand les conditions seront réunies, la Chine est prête à envisager un renforcement de la connexion des marchés financiers des deux pays", dit Xi Jinping.

  • Le Royaume-Uni importe beaucoup de Chine mais y exporte peu

 A noter que la balance commerciale du Royaume-Uni est négative en ce qui concerne ses échanges avec le pays asiatique et le Royaume espère pouvoir exporter davantage vers la deuxième économie mondiale. Le déficit de la balance atteint les 35 milliards de dollars en 2014. La Chine ne constitue qu'un peu plus de 5% des exportations du Royaume-Uni. Elle est en 6e position, derrière l'Irlande. Mais comme le rappelle Quartz, Pékin représentait moins de 4% des exportations britanniques. en 2013 et même moins de 2% en 2009. Par contre, la Chine représente le deuxième pays pour les importations dans le Royaume-Uni, juste derrière l'Allemagne.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 21/10/2015 à 22:34 :
Et que le poignon n'a pas d'opinion politique.
a écrit le 21/10/2015 à 22:32 :
Simple. Parce qu'il a du poignon.
Et que l'Angleterre a un ratio/dette sur PIB de 250 %.
a écrit le 20/10/2015 à 13:45 :
Le Libéralisme économique s'accommode bien du totalitarisme du parti communiste chinois.

Une pensée pour les opposants martyrisés par le régime, et ignorés par les puissances européennes!
a écrit le 20/10/2015 à 13:31 :
La Banque Mondiale pense que le RU qui aura plus de 80 M d'habitants en 2050 sera la première puissance européenne. Ceci grâce aussi à son économie bien mieux gérée et plus ouverte que celle de la France qui elle va décliner grave dans la hiérarchie malgré son avantage géographique évident. L'Allemagne sera bonne seconde. Où veulent émigrer les réfugiés? En France? Pas fous! L'assistanat et le socialisme ça fait fuir! Les gens veulent vivre et construire leur vie, pas rester en attente d'un état ruiné et corrompu. La France est déjà morte.
Réponse de le 20/10/2015 à 13:41 :
" L'Allemagne sera bonne seconde. Où veulent émigrer les réfugiés? En France? Pas fous! L'assistanat et le socialisme ça fait fuir! "

En fin de compte, heureusement que nous ne sommes pas comme l'Allemagne , tu voulais aussi 800.000 immigrés avec un gouvernement de droite ?
Réponse de le 20/10/2015 à 13:50 :
Fort heureusement vous vous trompez!

La France a un avenir brillant économiquement, et ses seuls vrais problèmes sont politiques, intégration, place dans le monde, place de la démocratie dans la globalisation... La France est plus en crise existentielle qu'en crise économique.
Réponse de le 21/10/2015 à 2:15 :
Ce copier-coller anti France permanent sur chaque article dessert totalement vos propos et c''est d'un fatigant !
a écrit le 20/10/2015 à 13:14 :
Plusieurs stratégies se croisent, comme toujours. R.U doit assurer son indépendance énergétique puisque la production de son pétrole décline rapidement. Il est prévu en réalité la construction de 6 centrales dont 2 en discussion. Des opérations sur presque un siècle. Le pays qui maîtrise l'argent des paradis fiscaux n'a pas directement besoin de financement mais répugne à organiser ce retour qui serait un signe négatif pour sa "clientèle" si particulière. Trouver et accepter un partenaire aux équipementiers français est donc une bonne méthode d'autant que cet équipage une fois lancé donnera d'autres contrats à l'international ... dans lesquels l'argent des paradis anglais pourra s'insinuer. La question par les temps qui courent, et pour tous, on l'aura bien compris est de trouver des actifs tangibles et probants à financer, ce qui dans le contexte de dégressivité de l'économie n'est pas une sinécure. Les chinois eux, veulent arrimer leur devise à des actions d'envergure pour la qualifier d'une part et trouver de forts vecteurs d'autre part. Ils apportent aussi un adoubement supplémentaire pour les marchés asiatiques et bien entendu leur propre pays. Comme précisé dans l'article qui pose bien la problématique il s'agit aussi de rattraper un retard d'investissements. C'est donc quatre gagnants qui sortent du chapeau.
a écrit le 20/10/2015 à 13:14 :
€34 milliards pour deux reacteurs! Une bagatelle! J'en aurais dix svp!

Mais l'eolien, CSP, photovoltaique, energie de maree et ondes - bien trop chers!

Bien moins cher de nous tuer tous avec dechets et rejets radioactifs (I131, Xe, Ra, Pu, U238 etc etc ad nauseam).
Réponse de le 20/10/2015 à 14:46 :
Il s'agit non pas du prix de construction, mais du coup des opérations pendant 35 ans, et cela comprend aussi la marge bénéficiaire généreusement accordée à 10%.

Deux réacteurs oui, mais 7% de l'ensemble de l'électricité produit par l'Angleterre, qui a bien besoin de remplacer ses réacteur existant pour le coup vraiment anciens, technologiquement dépassés et beaucoup moins surs.
a écrit le 20/10/2015 à 10:12 :
Le RU, deviendra la première puissance économique européenne d'ici 2050 selon diverses études. Tisser des liens avec la Chine est une excellente stratégie. Qui en doute? Le RU est ouvert, pragmatique, attaché à son identité, il gagnera. Quel contraste avec la France Hollandienne, rétrécie, ridicule, archaïque, dépassée, moraliste, taxative, sinistre et envieuse !
Réponse de le 20/10/2015 à 12:17 :
c'est pas le think tank anglais CEBR qui vait dit ça ? celui dont le directeur carbure à la coke apparemment.
moi aussi, je vais faire des études diverses et conclure que la France sera première économie d'Europe. étant donné les montagnes de dettes du UK et des PIIGS, et du déclin démo. chez pas mal de nos voisins.
le UK va sortir de l'UE et deviendra une province chinoise plutôt.
ou peut-être que c'est la France qui de nouveau régnera sur le UK ? :-)
les Français sont les étrangers les plus influents à la City et y sont les mieux payés. en France, on construit beaucoup (trop ?) de logements. au UK, ils arrivent pas à suivre le rythme de la croissance du nombre de ménages (pénurie de logements, de plus en plus de logements insalubres...). on peut envoyer nos entreprises et travailleurs du BTP prendre les choses en main.
Réponse de le 20/10/2015 à 12:59 :
1- C'est mal parti. 2- C'est fort peu probable, @Markus.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :