Pourquoi Donald Trump nomme-t-il son gendre conseiller sur le Moyen-Orient ?

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Jared Kushner faisait partie des acteurs de la victoire du candidat républicain à la présidentielle américaine. Il est d'ailleurs celui qui a suggéré Mike Pence comme colistier.
Jared Kushner faisait partie des acteurs de la victoire du candidat républicain à la présidentielle américaine. Il est d'ailleurs celui qui a suggéré Mike Pence comme colistier. (Crédits : © Jonathan Ernst / Reuters)
Très présent durant la campagne du candidat républicain, Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, a été nommé lundi par ce dernier conseiller spécial à la Maison-Blanche sur les accords commerciaux et le Moyen-Orient.

Pour Donald Trump, dans le business comme dans la politique, diriger est une affaire de famille. Le président élu a annoncé lundi la nomination de son gendre Jared Kushner, 36 ans, comme conseiller à la Maison-Blanche. Déjà très actif dans la victoire du candidat républicain, ce dernier a d'ailleurs salué en Kushner "un atout considérable et un conseiller de confiance pendant toute la campagne et la transition". Il conseillera son beau-père sur les accords commerciaux et sur le Moyen-Orient, ont précisé des membres de l'équipe de transition lors d'une conférence téléphonique.

Son intégration dans l'équipe de Donald Trump n'est pas une surprise, en revanche l'incertitude résidait dans le poste qu'il allait occuper. Car aux Etats-Unis, la loi fédérale prévient contre le népotisme, autrement dit la nomination d'une personne de la famille du président à un poste clé de l'administration. Les juristes de Donald Trump ont évidemment anticipé le problème. Après examen de loi, ils ont considéré qu'elle ne s'appliquait pas à la Maison-Blanche car le poste ne requiert pas l'aval du Sénat et ne sera pas rémunéré.

Patron d'un empire de l'immobilier à 27 ans

Issu d'une famille qui a fait fortune dans l'immobilier, Jared Kushner est passé par les bancs d'Harvard malgré des notes moyennes. Il faut dire que son père, Charles Kushner, a fait un don de 2,5 millions de dollars à l'université l'année de l'admission de son fils, rappelle la BBC. Charles Kushner a été condamné en 2005 à deux années de prison pour fraude fiscale et contributions illégales à une campagne électorale. L'année de sa remise en liberté, son fils Jared sort diplômé d'un MBA à la New York University et reprend, à seulement 27 ans, les rênes de l'empire familial.

Comme tout bon businessman qui se respecte, les Kushner ont fait des dons à divers candidats pour servir leurs intérêts, notamment à l'ex-maire de New-York, le républicain Rudolph Giulani, un fidèle de Donald Trump. Mais pas seulement. Les Clinton ont eux aussi reçu des fonds de la part des Kushner.

Suite à sa nomination à la Maison-Blanche, Jared Kushner a annoncé sont intention de se désengager d'une partie de ses actifs afin de se mettre en conformité avec les lois fédérales sur l'éthique et pour éviter des conflits d'intérêt. A l'inverse, précise l'équipe de transition, il ne se mêlera pas, dans ses futures fonctions, des dossiers qui pourront avoir un impact direct sur les intérêts financiers qu'il conservera.

Proche d'Israël

En 2009, Jared Kushner et Ivanka Trump se marient. Celle-ci doit d'ailleurs se convertir au judaïsme pour l'épouser. Le gendre Trump est en effet de confession juive orthodoxe, ses grands-parents sont des survivants de la Shoah. En outre, il possède de multiples liens avec la communauté israélienne américaine. Il fait notamment partie de la liste des donateurs de l'American Israel Public Affaires Committee (AIPAC), selon Reuters, un lobby réputé proche de la droite israélienne, en particulier le Likoud le parti du Premier ministre Benyamin Netanyahou.

Depuis 2015, il travaille avec son beau-père et fait partie intégrante de l'équipe de campagne. Durant la présidentielle, Jared Kushner avait organisé plusieurs rencontres lors d'un voyage en Israël, qui n'avait finalement pas eu lieu suite aux dénonciations du Premier ministre israélien des propos du candidat républicain sur l'interdiction des musulmans d'entrer aux Etats-Unis.

Reste que Benyamin Netanyahou est plutôt confiant dans ses futurs relations avec le 45e président américain. Barack Obama a fait un pied de nez à Israël via l'abstention des Etats-Unis lors du vote de la résolution de l'ONU sur la fin de la colonisation en Cisjordanie. Le Premier ministre israélien a refusé de la prendre en considération, s'attendant à ce que la nouvelle administration Trump soit l'une des plus pro-israéliennes de l'histoire des Etats-Unis. La nomination de Jared Kushner comme conseiller sur le Moyen-Orient ne peut que confirmer ses attentes.

Kushner est à l'origine du choix de Mike Pence comme vice-président

Tout comme son beau-père, Jared Kushner est novice en politique. Il n'en est pas moins intéressé par ces questions depuis plusieurs années. Notamment en tant que propriétaire du New York Observer, un hebdomadaire dont il a racheté la majorité des parts pour 10 millions de dollars alors qu'il n'avait que 25 ans. Avec ses nouvelles fonctions, il chercherait à vendre le journal.

Lors de la campagne présidentielle, il a su s'imposer dans la hiérarchie de l'équipe de Donald Trump. Il est d'ailleurs à l'origine de plusieurs décisions majeures. C'est par exemple lui qui a incité le candidat républicain à choisir comme "running mate" Mike Pence, aujourd'hui élu vice-président des Etats-Unis.

(avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 10/01/2017 à 23:50 :
Son alignement sur des positions extrémistes est inquiétant pour l'avenir de cette région !
a écrit le 10/01/2017 à 14:51 :
Ah les réflexes oligarchiques sont durs à perdre, il avait promis que aucun de ses enfants ne profiterait du fait qu'il soit président et donc il a bel et bien menti ouvertement puisque on ne peut pas séparer lesi ntérêts de son gendre de ceux de sa fille..

Étrange que les médias toujours enclins à hurler contre trump laissent passer cette aberration gigantesque pourtant. Il faut croire que le piston oligarchique est entré dans la constitution de tous les pays comme fonctionnement normal.

"Bon sang ne saurait mentir" comme il était dit dans cet horrible Cid de Corneille, mentir peut-être pas en effet d'autant que l'on peut parfaitement mentir abondamment tout en croyant affirmer la vérité mais nous ruiner par contre c'est un fait avéré.
Réponse de le 10/01/2017 à 20:25 :
Mentir en nommant un gendre conseiller et ne rien dire et nommer son ex femme a la 3 eme place du gouvernement ...
La France n'a surtout pas a donner des leçons a Trump .
Réponse de le 15/01/2017 à 11:25 :
Ce n'est pas parce que certains font n'importe quoi que cela justifie de faire n'importe quoi, un peu de recul dans les analyses svp, merci.

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