Présidentielle américaine : Poutine dit soutenir Kamala Harris
latribune.fr

Le president russe vladimir poutine lors d'une reunion avec le premier ministre chinois li qiang a moscou
Alexei Filippov
latribune.fr

Le president russe vladimir poutine lors d'une reunion avec le premier ministre chinois li qiang a moscou
Alexei Filippov
C'est un cadeau empoisonné pour Kamala Harris. Vladimir Poutine a assuré ce jeudi « soutenir » la candidate démocrate, actuelle vice-présidente des États-Unis, pour la présidentielle américaine de novembre. Le président américain Joe Biden a « recommandé à ses électeurs de soutenir Mme Harris, donc nous la soutiendrons aussi », a déclaré le dirigeant russe lors d'un forum économique à Vladivostok.
« Deuxièmement, elle a un rire si expressif et contagieux que cela montre qu'elle se porte bien », a-t-il ajouté. Le président russe a estimé que le candidat républicain Donald Trump, ancien locataire de la Maison Blanche de 2017 à 2021, avait imposé « plus de sanctions à la Russie qu'aucun président » avant lui. Kamala Harris « s'abstiendra peut-être de faire ce genre de choses », a-t-il dit. « Mais au bout du compte, le choix revient au peuple américain », a ajouté Vladimir Poutine.
Avant même que Joe Biden soit désigné comme le candidat démocrate, le président russe avait jugé, en février, qu'il était plus « prévisible » et « expérimenté » que Donald Trump. Puis, peu de temps avant le retrait de l'homme politique américain de la course à la Maison Blanche en faveur de Kamala Harris, Vladimir Poutine avait, de nouveau, affirmé préférer l'actuel locataire du Bureau ovale à son prédécesseur.
Ces déclarations avaient toutefois été accueillies avec scepticisme par des observateurs américains, selon lesquels Moscou aurait une préférence pour le milliardaire américain notamment, car ce dernier pourrait réduire l'aide à l'Ukraine. Vladimir Poutine est ainsi suspecté de vouloir brouiller les réelles intentions russes en feignant un soutien aux démocrates.
En effet, Donald Trump a, par le passé, exprimé son admiration pour le président russe et a maintes fois prétendu qu'il réglerait le conflit entre la Russie et l'Ukraine « en 24 heures », débuté en février 2022. Il s'est par ailleurs, au cours des derniers mois, montré très critique des milliards de dollars dépensés par les États-Unis pour soutenir Kiev face à l'offensive de Moscou. Kamala Harris, au contraire, a promis fin août qu'elle se tiendrait « fermement aux côtés de l'Ukraine ».
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Cette nouvelle annonce de soutien de la part du président russe intervient au lendemain d'accusations d'ingérences électorales formulées par Washington et rejetées par Moscou. Mercredi, les autorités américaines ont pris une série de mesures, dont des sanctions et des poursuites contre des responsables du média russe RT, répondant selon elles à des tentatives d'ingérence dans les élections de novembre 2024 qu'elles imputent à la Russie. Vladimir Poutine était « au courant » de ces opérations d'ingérence électorale, a affirmé la Maison Blanche. Les autorités américaines n'ont toutefois pas indiqué à quel camp, démocrate ou républicain, ces ingérences supposées auraient profité.
Le ministre américain de la Justice, Merrick Garland, s'est borné à indiquer que selon l'analyse des services de renseignements, « les préférences de la Russie n'avaient pas changé par rapport à la dernière élection », semblant indiquer que Moscou poussait le candidat Trump. Pour rappel, la Russie a été accusée d'avoir mené des opérations d'influences notamment sur les réseaux sociaux lors de la présidentielle de 2016 en faveur de Donald Trump, qui avait remporté le scrutin.
À lire également
La porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a elle jugé jeudi que les mesures prises contre des responsables de RT faisaient partie d'une « campagne d'information (...) qui a été préparée de longue date et qui est nécessaire à l'approche de la dernière phase du cycle électoral ». Elle a assuré que Moscou préparait « bien évidemment » une réponse à ces nouvelles sanctions à même de « faire frémir tout le monde », dans un entretien à l'agence de presse d'État Ria Novosti.
(Avec AFP)
latribune.fr