Présidentielle brésilienne : Bolsonaro talonne Lula, le second tour s'annonce électrique
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AMANDA PEROBELLI
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Il y aura donc un second tour de l'élection présidentielle brésilienne le 30 octobre prochain entre l'ancien président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, dit « Lula », et le président sortant d'extrême droite Jair Bolsonaro. Les espoirs « Lula » de l'emporter au premier tour dimanche ont été éteints par le soutien plus important qu'attendu dont a bénéficié Bolsonaro. Selon l'autorité électorale nationale (TSE) « Lula » est arrivé en tête avec 48,4% des suffrages contre 43,3% pour Bolsonaro. soit environ 6 millions de voix d'écart. Un résultat obtenu après le décompte de 99,7% des machines à voter. Les sondages se sont lourdement trompés, qui promettaient à Lula une avance de 14 points dans les intentions de vote (50% contre 36%) et n'excluaient pas une victoire au 1er tour.
Des observateurs politiques estimaient qu'une victoire de Lula avec une marge importante pourrait avoir pour effet d'amenuiser le soutien dont disposerait Bolsonaro pour dénoncer l'issue du vote. Il n'en fut rien et l'écart plus réduit qu'attendu au premier tour redynamise la campagne du président sortant et va prolonger de quatre semaines les tensions et la violence politique dans le pays.
Lula a accueilli les résultats du premier tour avec optimisme, déclarant que sa victoire était seulement retardée et qu'il était impatient de débattre en tête-à-tête avec Bolsonaro.
« Nous pouvons comparer le Brésil qu'il a bâti à celui que nous avons bâti », a-t-il dit devant les journalistes.
Jair Bolsonaro, apparaissant calme et confiant, a dénigré les instituts de sondage pour n'avoir pas mesuré l'étendue du soutien dont il dispose. « Je prévois de conclure les alliances politiques appropriées pour remporter cette élection », a-t-il déclaré aux journalistes, citant les gains obtenus au Congrès par son parti alors que les électeurs brésiliens désignaient aussi dimanche les 513 membres de la chambre basse, un tiers des 81 sénateurs, ainsi que les gouverneurs et les parlementaires des Etats. Dix-neuf des 27 sièges en jeu au Sénat ont été remportés par les alliés de droite de Jair Bolsonaro.
S'il a quitté le pouvoir il y a 12 ans avec une popularité record, Lula est désormais détesté par de nombreux Brésiliens après avoir été condamné pour corruption. Sa peine de prison, qu'il purgeait lors de la précédente élection présidentielle en 2018, a par la suite été annulée par la Cour suprême, lui permettant de se porter candidat cette année.
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Lula, avare en détails sur ses propositions pour le pays, a promis d'améliorer la situation des Brésiliens les plus pauvres et de la classe moyenne, comme il l'avait fait entre 2003 et 2010 lorsqu'il était au pouvoir. A l'époque, des millions de personnes étaient sorties de la précarité.
Au cours de son mandat, Jair Bolsonaro a levé certaines protections environnementales, pour le bonheur des exploitants commerciaux et des mineurs sauvages, et mis en avant des politiques anti-LGBT et anti-avortement. Si sa popularité a décliné avec l'épidémie de Covid-19, qu'il a qualifié de « petite grippe », et avec des scandales de corruption ayant poussé des ministres à la démission, le vote de dimanche montre que l'ancien officier de l'armée dispose toujours d'un soutien solide.
(Avec Reuters)
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ZOOM- Le taux de chômage recule
Le taux de chômage au Brésil a encore reculé, entre juin et août, à 8,9%, soit son plus bas niveau depuis fin 2015, avec 9,7 millions de personnes sans emploi, selon les chiffres officiels publiés vendredi. Le taux de chômage, calculé en trimestres glissants, a reculé de 0,9 point de pourcentage par rapport à la période allant de mars à mai (9,8%), selon l'institut brésilien des statistiques IBGE. Il s'agit de la sixième amélioration consécutive du marché de l'emploi, ce qui témoigne de la reprise après le net recul du PIB lié à la pandémie, lorsque le taux de chômage avait atteint un pic à 14,9%, au premier trimestre 2021.
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Le nombre de personnes à la recherche d'un emploi a diminué de 4,2 millions en un an pour atteindre 9,7 millions au cours du trimestre clos en août. Il s'agit du niveau le plus bas depuis le dernier trimestre de 2015, indiqué l'institut IBGE. Jair Bolsonaro se vante d'avoir contribué à la reprise de la plus grande économie d'Amérique latine, avec une baisse également de l'inflation. Le taux de chômage a reculé de 4,2 points de pourcentage au cours du trimestre clos en août, par rapport à la même période de 2021 (13,1%), toujours selon l'IBGE. Entre mars et mai, il était passé sous la barre des 10% pour la première fois depuis janvier 2016, à 9,8%. Et entre mai et juillet, le chômage s'était affiché à 9,1%, le nombre de personnes sans emploi passant alors sous la barre des 10 millions pour la première fois depuis 2016.
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