Outre la Chine, la Russie veut resserrer ses coopérations économiques avec l'Inde, le Brésil et l'Afrique du Sud

Alors que se tient, jeudi, un sommet virtuel des Brics, Vladimir Poutine a affirmé la volonté de la Russie de renforcer sa coopération économique avec le Brésil, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud. Le pays entend « réorienter de manière active ses flux commerciaux et ses contacts économiques extérieurs vers des partenaires internationaux fiables », visant ainsi les pays occidentaux qui lui ont imposé une série de sanctions.

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Vladimir Poutine et Xi Jinping se sont exprimés à l'occasion du Forum économique des Brics et à la veille d'un sommet virtuel de ces pays.
Vladimir Poutine et Xi Jinping se sont exprimés à l'occasion du Forum économique des Brics et à la veille d'un sommet virtuel de ces pays. (Crédits : Reuters)

La Russie a-t-elle trouvé la parade aux sanctions occidentales ? Depuis le début du conflit en Ukraine le 24 février dernier, Moscou est sous le coup de nombreuses mesures des Etats-Unis et de l'Union européenne destinées à tarir ses financements qui alimentent la guerre avec Kiev. Retrait d'entreprises occidentales du territoire russe, éviction du réseau interbancaire Swift, mais surtout, un embargo européen sur le pétrole russe adopté par les Vingt-Sept le 31 mai dernier.

Mais la Russie n'a pas dit son dernier mot et pour pallier les conséquences économiques de ces sanctions, le pays se tourne désormais vers les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Moscou est en train de « réorienter de manière active ses flux commerciaux et ses contacts économiques extérieurs vers des partenaires internationaux fiables, avant tout vers les pays des Brics », a ainsi expliqué Vladimir Poutine, ce mercredi, en s'adressant aux participants au Forum économique des Brics à la veille d'un sommet virtuel de ces pays.

Hausse de la coopération en particulier sur le pétrole

Dans le détail, le chef de l'Etat a affirmé la volonté de la Russie d'élaborer avec ses partenaires des Brics « des mécanismes alternatifs de transferts internationaux » et une « devise internationale de réserve » pour réduire la dépendance vis-à-vis du dollar et de l'euro. En 2015 déjà, Vladimir Poutine avait ratifié un accord portant sur la création d'un fonds commun de réserves pour les Brics et signé par ces derniers pour pallier la domination des Etats-Unis sur les institutions financières internationales.

Il a également annoncé que des « pourparlers sur l'ouverture des chaînes de magasins indiens en Russie et l'augmentation de la part des automobiles chinoises (...) sur le marché russe sont en cours ». « Les livraisons du pétrole russe à la Chine et à l'Inde augmentent. La coopération agricole se développe de manière dynamique », tout comme l'exportation des engrais russes vers les pays des Brics, selon le président russe. Les importations par Pékin de pétrole russe ont en effet bondi en mai de 55% sur un an, selon les chiffres officiels publiés par les douanes chinoises, lundi. Concrètement, ce sont 8,42 millions de tonnes de pétrole qui ont été achetées par le géant asiatique, soit bien plus que les importations venues d'Arabie Saoudite, habituellement premier fournisseur du pays. Les importations indiennes connaissent, elles aussi, une forte croissance. Le pays ainsi que l'Afrique du Sud se sont, d'ailleurs, abstenus lors du vote d'une résolution de l'ONU condamnant l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

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Soutien fort de la Chine

C'est également le cas de la Chine qui, depuis le début du conflit, n'a cessé de rappeler sa proximité avec la Russie, comme lors d'un appel entre le président chinois Xi Jinping avec son homologue russe la semaine passée. « La Chine est disposée à poursuivre avec la Russie le soutien mutuel sur les questions de souveraineté, de sécurité, ainsi que sur d'autres questions d'intérêt fondamental et préoccupations majeures », avait ainsi indiqué le chef d'Etat chinois, selon des propos cités par l'agence de presse Chine nouvelle. Deux mois plus tôt, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, avait défini l'amitié entre la Chine et la Russie comme étant « solide comme un roc ». Il avait également précisé que « les perspectives de coopération future sont immenses ». Les chiffres des exportations chinoises vers la Russie depuis le début de l'année viennent illustrer ces propos : elles connaissent une forte hausse : +41,5% sur un an sur les deux premiers mois de 2022, sans que l'on connaisse, néanmoins, le détail des produits concernés.

Ce mercredi encore, Xi Jinping a manifesté son soutien, à peine voilé, à son partenaire russe, s'exprimant en marge du sommet virtuel. Le président chinois a surtout dénoncé « l'élargissement des alliances militaires », responsable selon lui de la crise en Ukraine. « L'humanité a connu les ravages de deux guerres mondiales et le sombre brouillard de la confrontation de la guerre froide », a-t-il déclaré, selon l'agence de presse officielle Chine nouvelle. « Cette histoire douloureuse montre que la confrontation entre blocs hégémoniques (...) n'apportera pas la paix et la sécurité, mais seulement la guerre et les conflits », a-t-il souligné. Et d'ajouter que « la crise en Ukraine est un autre signal d'alarme pour le monde: la foi aveugle dans la position de force, l'élargissement des alliances militaires et la recherche de sa propre sécurité au détriment de la sécurité des autres pays débouchent immanquablement sur une impasse sécuritaire ». Des déclarations qui semblent, de la part du président chinois, une référence implicite à l'Otan et aux Etats-Unis. Xi Jinping s'est, en effet, attaqué ce mercredi aux sanctions prises par les Occidentaux contre la Russie, déclarant qu'elles constituaient « un boomerang et une arme à double tranchant ».

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Commentaires 9
à écrit le 23/06/2022 à 13:47
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Hollande Macron, ce vendeur de piqûres américaines, c'est le chaos!

à écrit le 23/06/2022 à 7:43
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N'importe quoi ! En quoi ces pays émergents, qui pèsent très lourds maintenant dans l'économie mondiale, devraient respecter nos règles ? Quand on voit l'Europe qui boycotte le pétrole brut russe, mais qui achète le pétrole raffiné indien obtenu gr...

à écrit le 23/06/2022 à 2:25
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Bravo l UE vassal des US. Vous nous amenez vers l effondrement avec l aval coupables des dirigeants et l aval imbécile des peuples et médias qui se croient les maître du monde en croisade avec Zèlensky. Ils disent que nous allons étouffer .la Russie ...

à écrit le 22/06/2022 à 22:32
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La ruissie a fait un bon choix , pas possible pour l' Ukraine a l' OTAN bravo poutine

à écrit le 22/06/2022 à 22:32
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La ruissie a fait un bon choix , pas possible pour l' Ukraine a l' OTAN bravo poutine

à écrit le 22/06/2022 à 22:15
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Au final nous seront les perdants à court terme de cette guerre. Les USA font du buisness et s'enrichissent en vendant des armes et du pepétrol à l'Europe.

à écrit le 22/06/2022 à 22:02
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Je pense que nous avons pas pris le bon train

à écrit le 22/06/2022 à 20:28
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Une alliance Russie Chine est une bonne chose contre les va-t-en guerre américains

à écrit le 22/06/2022 à 19:14
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Bonjour, Rien de bien surprenant, la Russie tache de trouver d'autre débouchés pour ses richesses.... Mais je ne suis pas certaine que cela compenserai les achats de l'Union européenne... Ensuite, nous pouvons aussi sanctions ses pays qui ne respe...

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