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Protectionnisme de Trump : la France « défendra ses intérêts »

latribune.fr

Publié le 12 novembre 2024 à 12:16 - Mis à jour le 12 novembre 2024 à 12:16

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.

© THOMAS GOGNY/DIVERGENCE

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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La France sera prête à défendre « sans trembler » ses intérêts, en particulier agricoles et industriels, si la nouvelle administration Trump prenait des mesures jugées protectionnistes, a prévenu ce mardi le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.

La France ne fera pas le dos rond face aux mesures protectionnistes de Donald Trump, a prévenu Jean-Noël Barrot ce mardi. « Si l'administration Trump devait persister dans ce que j'ai qualifié d'erreur majeure, alors nous défendrons nos intérêts agricoles, industriels et commerciaux avec une volonté de fer et sans trembler », a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, interviewé par France 24 et RFI.

Pour mémoire, le premier mandat de Donald Trump avait été marqué par l'imposition de droits de douane punitifs sur une myriade de biens et produits dans le monde dont ceux venant de France, au motif de rééquilibrer la balance commerciale largement déficitaire des Etats-Unis vis-à-vis de ses partenaires commerciaux.

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Pour ce second mandat, Donald Trump a prévenu que les droits de douane restaient la pierre angulaire de sa politique commerciale, évoquant l'imposition d'une surtaxe allant de 10 à 20% sur l'ensemble des produits étrangers entrant aux Etats-Unis.

« Une erreur de calcul majeure »

Selon Jean-Noël Barrot, la prochaine administration américaine commettrait « une erreur de calcul majeure » en appliquant « des droits de douane de manière un peu indiscriminée et massive à l'Europe ».

Le ministre des Affaires étrangères a argué que l'Union européenne était le premier partenaire commercial des Etats-Unis. Appliquer des taxes supplémentaires à l'importation « pénaliserait lourdement les très nombreuses entreprises américaines qui aujourd'hui sont installées en France ou en Europe », et qui exportent ensuite vers le marché américain, a-t-il fait valoir.

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« Cela amputerait immédiatement les classes moyennes américaines de toute une partie de leur pouvoir d'achat parce que eux aussi achètent des produits importés venus de l'Europe », a-t-il fait valoir.

L'administration Trump était restée sourde à ce type d'argument en 2017 et 2018, au plus fort de la guerre commerciale. Jean-Noël Barrot estime néanmoins que le contexte a changé puisque à l'époque, le président américain avait profité de « l'impréparation des Européens ».

Droits de douane sur les véhicules chinois

« Nous étions encore sous le dogme du libre-échange et il était interdit d'évoquer en Europe l'opportunité de sanctionner ou de répliquer à des mesures d'inéquité commerciale », a-t-il souligné.

« Et bien, l'Europe a changé », a-t-il lancé, rappelant que le mois dernier, l'UE avait décidé d'appliquer des droits de douane sur les véhicules électriques chinois considérant que les subventions dont bénéficient les constructeurs automobiles chinois aujourd'hui étaient « désavantageuses pour les entreprises » européennes.

Il a néanmoins mis en garde contre le protectionnisme et souligné l'importance de commencer par « ouvrir la discussion avec l'administration nouvelle en indiquant que tout le monde aurait à perdre dans une guerre commerciale ».

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Jeudi dernier, le ministre délégué chargé de l'Industrie, Marc Ferracci, a mis en garde sur le fait que l'Europe devait se préparer à établir « un rapport de force commercial et économique » avec la future administration de Donald Trump, tout juste réélu président des Etats-Unis.

Il faut « reconnaître le choix démocratique fait par le peuple américain », a souligné en préambule Marc Ferracci, interrogé à l'occasion d'une visite à Colmar (Haut-Rhin) de la société allemande Liebherr, spécialisée dans la production de pelles sur chenilles.

« Il y aura probablement un durcissement de la politique commerciale américaine si (M. Trump) met en œuvre ce qu'il a évoqué durant toute sa campagne. Nous devons nous y préparer en Européens. Il faut se préparer à assumer une forme de rapport de force commercial et économique avec Donald Trump, et cela, on ne peut le faire qu'en Européens », a-t-il insisté.

« Nous devons avoir le souci de sortir d'une forme de naïveté qui a pu être celle de l'Europe pendant un certain temps vis-à-vis des USA mais aussi vis-à-vis de la Chine », a ajouté le ministre.

L'Allemagne s'inquiète également

Outre-Rhin, Olaf Scholz a adopté une autre rhétorique vis-a-vis de l'administration Trump. Les pays de l'Union européenne vont continuer à « bien » travailler avec le futur président américain, a assuré vendredi dernier le chancelier allemand, en marge d'une réunion de dirigeants européens à Budapest.

« Les Etats-Unis sont les principaux alliés de l'Europe, nous travaillons ensemble dans le cadre de la coopération transatlantique et de l'Otan pour notre sécurité », a déclaré à la presse Olaf Scholz.

« Nous allons continuer de bien coopérer avec le futur président américain et la question de savoir comment on peut y parvenir correctement est précisément l'objet de nos discussions à Budapest », a-t-il ajouté, avant le début d'un sommet des Vingt-Sept dans la capitale hongroise.

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Dans les faits, son pays s'inquiète fortement de l'application de mesures protectionnistes par la nouvelle administration et des réticences croissantes des Etats-Unis à contribuer à la sécurité des Européens. Donald Trump a récemment comparé l'Union européenne à une « mini Chine » sur le plan commercial. Et il n'a cessé dans le passé de reprocher à l'Allemagne en particulier de ne pas assez dépenser dans le cadre de la défense commune au sein de l'Otan.

(Avec AFP)

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