Réindustrialisation : le Royaume-Uni distancé dans la course aux subventions avec l'Amérique et l'Europe
Paul Marion
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Sunak
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Rishi Sunak se préoccupe-t-il d'écologie ? Pas assez à en croire son ancien ministre de l'Environnement. Dans sa lettre de démission fracassante publiée fin juin, Zac Goldsmith a dépeint Rishi Sunak comme « indifférent » à l'écologie. Des critiques qui font écho à celle du patronat britannique ou des syndicats.
Tout aussi inquiètes du retard qu'accumule le Royaume-Uni dans la course aux investissements verts, une centaine de grandes entreprises viennent d'adresser une missive en ce sens au 10 Downing Street. British Telecom, British Gas, Marks&Spencer, ou encore Amazon et Unilever exhortent le pouvoir à « revoir son approche » et à « s'engager » davantage dans « l'immense opportunité économique » de la décarbonation. Sans quoi l'économie de la Grande-Bretagne sera « déclassée », préviennent-ils.
D'autres dirigeants ne s'embarrassent pas des politesses d'usage et font déjà des constats définitifs. « La course pour les batteries est perdue », tranche Liam Condon, à la tête de Johnson Matthey, un des leaders outre-Manche de la chimie et des métaux. Le champion national des batteries ATME Group songe ouvertement à délocaliser son projet d'usine de Dundee en Ecosse en Amérique, aimanté par les milliards de dollars de subventions promis par la Maison Blanche.
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Assaillis de critiques, les ministres ont pu brandir comme une première victoire l'implantation d'une usine de batteries Tata à Bridgewater, au sud-ouest de l'Angleterre. Le mastodonte indien, propriétaire de Land Rover Jaguar, doit injecter 4 milliards de livres d'investissements pour y créer 4.000 emplois directs. Sur ce dossier, le gouvernement a mis sur la table une enveloppe de subventions de près de 500 millions de livres, selon les informations du Financial Times, pour séduire Tata. Les règles d'aides publiques aux entreprises ont été assouplies, sans pour autant être révolutionnées, par une nouvelle loi entrée en vigueur en 2023.
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