Remboursement de la dette : risque de défaut « imminent » pour la Russie (Fitch)
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Le kremlin reconnait que la realite economique a change en russie
Maxim Shemetov
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Le kremlin reconnait que la realite economique a change en russie
Maxim Shemetov
La Russie va-t-elle pouvoir rembourser sa dette suite à l'accumulation de sanctions économiques à son encontre après l'invasion de l'Ukraine ? Rien n'est moins sûr selon l'agence Fitch, qui a rétrogradé de « B » à « C » la note de la dette à long terme du pays mardi 8 mars, au vu des « évolutions qui ont sapé davantage la volonté de la Russie de rembourser la dette publique ». Or, plus cette note sera basse, moins les prêteurs feront confiance au pays et moins celui-ci pourra emprunter de l'argent à des taux d'intérêt raisonnables.
Pour justifier sa décision, Fitch évoque un décret présidentiel signé le 5 mars qui pourrait autoriser la Russie à rembourser les créanciers de certains pays en roubles plutôt qu'en devise étrangère. L'agence mentionne aussi une décision de la banque centrale russe de restreindre le transfert de certaines obligations aux non-résidents.
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Dès fin février et le début de l'offensive russe en Ukraine, l'agence de notation financière S&P Global Ratings avait déjà placé la note de la dette à long terme en monnaie étrangère de la Russie dans la catégorie des investissements spéculatifs. La semaine suivante, début mars, elle l'a même fait descendre de huit crans supplémentaires et prévenu qu'elle pourrait la dégrader encore dans la mesure où les sanctions imposées au pays accroissent le risque qu'il ne rembourse pas sa dette.
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La semaine dernière aussi, les agences de notation financière Fitch et Moody's ont rétrogradé la Russie dans la catégorie des pays risquant de ne pas pouvoir rembourser leur dette. Moody's a fait passer sa note de dette à long terme de Baa3 à B3 et a indiqué maintenir sa surveillance face aux sanctions imposées par les pays occidentaux à la Russie, tandis que Fitch l'a abaissée de BBB à B, assortie d'une perspective négative.
Ces notes ont placé la dette de la Russie dans la catégorie des placements spéculatifs et compliquent la possibilité pour le pays de se financer, en plus des sanctions empêchant notamment les investisseurs américains d'acheter de la nouvelle dette russe et Moscou d'accéder aux marchés de capitaux européens.
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Ce n'est pas tant sa capacité à rembourser qui est en cause - la Russie a largement de quoi payer grâce à ses réserves en devises (40% de son PIB) - que son impossibilité « technique » à le faire à cause des sanctions internationales. Une partie des actifs de la banque centrale russe ont été, en effet, gelés, ce qui rend au passage difficile toute mesure de soutien du rouble.
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À la mi-mars, des échéances d'obligations internationales sont attendues à hauteur de 700 millions de dollars. Un défaut de paiement serait une première depuis la crise russe de 1998. « Le sens de l'histoire est que la Russie sorte de tous les portefeuilles », résume, auprès de l'AFP, Vincent Mortier d'Amundi, premier gestionnaire d'actifs européen.
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