Sur les marchés, la Russie, au bord de la banqueroute, ne vaut presque plus rien
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Tout ce qui est russe est désormais persona non grata sur les marchés financiers internationaux
Maxim Shemetov
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Tout ce qui est russe est désormais persona non grata sur les marchés financiers internationaux
Maxim Shemetov
Combien vaut la Russie ? Pas loin de zéro, selon les investisseurs du monde entier. Le plus gros fonds souverain du monde, celui de la Norvège, a estimé, ce jeudi, que ses investissements en Russie, soit 2,7 milliards de dollars d'actifs, étaient « perdus ». Leur valeur aurait été divisé par dix, selon une estimation « très, très incertaine », reconnaît Nicolai Tangen du fonds souverain. Jeudi matin, dans un long communiqué, Société Générale a indiqué qu'elle pouvait « absorber » la perte de sa filiale bancaire russe, même valorisée à zéro (contre 2,1 milliards d'euros fin 2021). Elle n'exclut plus en effet de se séparer de sa filiale, Rosbank, pourtant très rentable avant l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
Face aux sanctions internationales, c'est le sauve-qui-peut général sur tous les actifs russes. Le système bancaire russe est paralysé, la Bourse de Moscou fermée depuis lundi. Les entreprises russes cotées à l'étranger se sont effondrées à la Bourse de Londres, comme Sberbank, les géants pétroliers Rosneft et Loukoïl (dont le conseil d'administration vient d'appeler à un arrêt des combats) ou même le géant gazier Gazprom (pourtant exempté de sanctions), qui ont perdu plus de 90% de leur valeur en quelques jours. De toute façon, il n'est plus possible de les vendre, la Bourse de Londres a suspendu toutes les cotations de titres russes et dérivés.
Le gouvernement russe prépare de nouvelles mesures pour enrayer la fuite des capitaux. La banque centrale a déjà mis en place un contrôle des capitaux, comme l'obligation pour les exportateurs russes de convertir 80% de leurs recettes en roubles ou l'interdiction faite aux russes d'envoyer de l'argent à l'étranger. Malgré tout, le rouble continue sa descente aux enfers alors que la banque centrale a relevé son taux à 20 %.
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Le principal fournisseur d'indices boursiers au monde, MSCI, vient d'exclure la Russie de ses indices des marchés émergents. « Les actions russes sont non investissables », a ainsi justifié MSCI. Un autre fournisseur d'indice, FTSE Russell, basé à Londres a pris la même décision. Cela va encore isoler un peu plus Moscou compte tenu du poids de la gestion indicielle, particulièrement sur les pays émergents, et provoquer un flux de vente massif sur les titres russes à la première occasion.