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Sergio Ermotti de retour à UBS comme directeur général pour piloter la fusion avec Credit Suisse

latribune.fr

Publié le 29 mars 2023 à 09:44 - Mis à jour le 29 mars 2023 à 12:36

Le directeur general de la banque suisse ubs, sergio ermotti, s'exprime lors d'une conference de presse a zurich

Sergio Ermotti est actuellement président du réassureur Swiss Re. Il avait déjà dirigé la première banque de suisse de 2011 à 2020.

ARND WIEGMANN

Le Quotidien Numérique

05 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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La première banque de Suisse a choisi son ancien directeur général pour mettre en œuvre la délicate méga-fusion avec Credit Suisse, décidée dans l'urgence et scrutée de près par les investisseurs comme par les responsables politiques. Sergio Ermotti, qui a passé neuf ans à la tête d'UBS dans les années 2010 et lui a permis de se redresser après la crise financière de 2008, prendra ses fonctions dès la semaine prochaine.

[Article mis à jour le 29 mars à 14h30]

Changement à venir à la tête du numéro un du secteur bancaire helvétique. Suite au rachat de son rival Credit Suisse, UBS fait revenir son ancien directeur général pour piloter cette étape. Il prendra ses fonctions dès le 5 avril, à l'issue de l'assemblée générale de la banque, a précisé UBS.

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Sergio Ermotti, 62 ans, est actuellement président du réassureur Swiss Re, dont il va démissionner comme il l'a déclaré ce mercredi 29 mars. Auparavant, il avait déjà dirigé la première banque de suisse de 2011 à 2020. Il avait redressé l'établissement avec succès après les remous de la crise financière de 2008 (qui avait forcé l'État fédéral à mettre en œuvre un gigantesque plan de sauvetage) et des scandales, dont les pertes d'un trader voyou. Il a également réalisé une partie de sa carrière chez la banque américaine Merrill Lynch et chez la banque italienne UniCredit.

Pendant ses neuf ans à la tête d'UBS, Sergio Ermotti avait rapidement « transformé la banque d'investissement » en procédant à des coupes dans ses activités, expose la banque dans un communiqué publié ce mercredi 29 mars. Il avait ainsi initié « un profond changement de culture » qui avait permis de « regagner la confiance des clients et autres parties prenantes », estime-t-elle.

Nouvelles priorités pour UBS

En se voyant forcé de racheter le numéro deux du secteur par des autorités qui craignaient la faillite du géant bancaire et de la réputation de la place financière, les priorités d'UBS ont changé, a insisté Colm Kelleher, le président d'UBS lors d'un point de presse à Zurich ce mercredi. « Notre priorité numéro Une est de stabiliser la situation », a-t-il déclaré, reconnaissant que les « investisseurs et actionnaires sont très inquiets » face aux « risques de mise en œuvre » de cette transaction.

Pour rappel, UBS a accepté le 19 mars de racheter la deuxième banque du pays dans l'urgence, suite aux turbulences traversée par les banques aux États-Unis. Les défaillances rapprochées de trois banques américaines - SVB, Signature Bank et Silvergate - ont poussé les investisseurs à vendre les titres des établissements considérés comme des maillons faibles, comme Credit Suisse qui multipliait les scandales depuis deux ans. La fusion a alors été actée, sous la pression des autorités suisses qui voyaient là le seul moyen d'éviter une catastrophe qui aurait durablement affecté la réputation de la place financière suisse et provoqué des remous dans le monde entier.

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Ce rapprochement n'est pas seulement « la plus grande transaction » depuis la crise financière de 2008, c'est aussi « la première fois » que deux banques d'importance systémique au niveau mondial vont fusionner, ce qui amène « des risques de mise en œuvre significatifs », a-t-il averti.

Ce rachat, qui va donner naissance à une banque gigantesque à l'échelle du pays, pose par ailleurs des questions. En termes de concurrence - puisque UBS « va devenir une très grosse banque » comme l'a reconnu le président de la banque centrale suisse - mais aussi de poids dans la vie économique et de préservation de milliers d'emplois.

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La « bonne personne »

Le choix de rappeler Sergio Ermotti « n'est en aucune façon inspiré ou destiné à couvrir des risques politiques », a prévenu Colm Kelleher, l'objectif étant de mener à bien une fusion complexe. « L'opinion du conseil d'administration est que pour cet exercice d'intégration massif, Sergio sera un meilleur pilote », a-t-il expliqué.

Un avis partagé par plusieurs analystes. « Sergio Ermotti est bien connu et bénéficie, à nos yeux, d'un historique solide et adéquat pour la tâche difficile à venir de restructurer et intégrer Credit Suisse », a réagi Flora Bocahut, analyste chez Jefferies dans une note de marché. Dans un commentaire boursier, Andreas Venditti, analyste chez Vontobel, a aussi salué ce retour de Sergio Ermotti, estimant qu'il est « la bonne personne pour cette tâche difficile », compte tenu de « son expérience » dans la transformation d'UBS, « avec succès » après la crise financière de 2008.

Sergio Ermotti « succédera à Ralph Hamers, qui a accepté de se retirer dans l'intérêt de la nouvelle entité combinée, du secteur financier suisse et du pays », insiste la banque. Le directeur général sortant, un banquier néerlandais de 56 ans, restera toutefois aux côtés de son successeur pendant une période de transition pour « assurer le succès de la transaction », précise la banque.

Après l'annonce de cette nomination, l'action du géant bancaire suisse UBS a grimpé de 2,48% ce mercredi 29 mars dans les premiers échanges à 18,18 francs suisses (18,23 euros).

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Une fusion qui ne fait pas l'unanimité

Selon un nouveau sondage de l'institut Sotomo publié dimanche par SonntagsBlick, un autre quotidien dominical, deux Suisses sur trois rejettent le rachat de Credit Suisse par UBS. Et quatre personnes interrogées sur cinq exigent qu'UBS se sépare des activités suisses de Credit Suisse afin d'éviter une trop grande concentration des risques.

Les personnes interrogées auraient préféré, à 61%, que l'État nationalise Credit Suisse et le revende plus tard. Selon la présidente de la Finma, il existe peu d'exemples de nationalisations de banques réussies. « La Confédération et les autorités étaient d'accord pour dire que cela aurait été la pire solution, pour l'État, les contribuables, la place financière suisse et les marchés internationaux », indique-t-elle dans l'entretien.

Un peu plus tôt dans la semaine, le président de la banque centrale suisse avait affirmé que « toutes les solutions qui existaient » avaient été « regardées ». Pour Thomas Jordan, le rachat était la seule « solution réalisable », soulignant que « la pression du temps était énorme ».

(Avec AFP)

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