En quatre jours, les rebelles ont réussi à occuper l’aéroport d’Alep et à couper à maintes endroits l’autoroute stratégique qui mène de Damas à Alep. C’est un coup dur pour le régime syrien mais aussi pour ses alliés russes et iraniens.
Après cinq ans d'accalmies, une coalition de rebelles, menée par les jihadistes de Hayat al-Sham (HTS), émanation de l'ancienne branche syrienne d'Al-Qaida, avec qui ils ont officiellement rompu, a réussi à s'emparer dans l'après-midi de samedi de l'aéroport d'Alep, deuxième ville du pays, ainsi que de larges pans de la ville elle-même.
Les troupes syriennes et leurs alliés, notamment des milices liées aux Gardiens de la Révolution iraniens, ont préféré quitter la ville face à cette offensive d'ampleur apparemment imprévue. Les combats aurait fait plus de 320 tués, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), selon un sinistre décompte qui rappelle les pires heures de la guerre civile en Syrie.
Les rebelles ont déclaré samedi que leurs combattants avaient progressé dans de multiples directions depuis leur bastion de la province d'Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie, et qu'ils avaient pris le contrôle de plusieurs dizaines de villes et d'une base aérienne du régime. Des images diffusées sur les médias sociaux liés à l'opposition montrent les forces rebelles, qui ont lancé leur offensive mercredi, posant devant la citadelle d'Alep, située au cœur de la ville.
Effet dévastateur
Cet assaut intervient dans un contexte bien particulier. Tout d'abord, les rebelles ont profité d'un affaiblissement des alliés de Bachar Assad, notamment le Hezbollah libanais et l'Iran, suite à la guerre menée par Israël contre le Hamas palestinien et le Hezbollah depuis le 7 octobre 2023. Les forces israéliennes ont ainsi visé à de multiples reprises des bases de milices alliées à l'Iran pour empêche les Gardiens de la Révolution de livrer des armes au Hezbollah ou au Hamas.
L'armée israélienne a d'ailleurs déclaré avoir frappé samedi des infrastructures militaires liées au Hezbollah en Syrie, près de la frontière libanaise. Rappelons que le président syrien a pu étouffer la rébellion grâce au soutien militaire de la Russie et de l'Iran ou des milices financées par l'Iran, comme le Hezbollah.
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