Le cessez-le-feu au Liban en vigueur, ce qu'il faut retenir
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Le conflit entre Israël et le Hezbollah a fait des milliers de morts et 900.000 déplacés au Liban, selon l'ONU.
Adnan Abidi
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Le conflit entre Israël et le Hezbollah a fait des milliers de morts et 900.000 déplacés au Liban, selon l'ONU.
Adnan Abidi
[Article publié le mercredi 27 novembre 2024 à 11H47 et mis à jour à 21h11] Le cessez-le-feu au Liban a démarré à 4 heures, heure locale (3 heures, heure de Paris), ce mercredi. Israël et le Hezbollah ont ainsi interrompu leur conflit démarré il y a plus de 14 mois, le 8 octobre 2023. Pour rappel, le mouvement islamiste chiite et pro iranien, avait ouvert un front contre Israël, en soutien au Hamas, mouvement islamiste palestinien.
Quelques heures après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, le Hezbollah a proclamé mercredi soir sa « victoire » :
Ce conflit a contraint des centaines de milliers de personnes au Liban à fuir leur domicile en raison des bombardements. De nombreux habitants du sud du pays et de la plaine de la Békaa ont d'ailleurs commencé à retourner dans leurs villages peu après l'entrée en vigueur de ce cessez-le-feu. Formant ainsi des convois de véhicules, selon l'agence officielle libanaise Ani et des médias locaux.
Les hostilités ont conduit au déploiement de soldats israéliens positionnées à deux ou trois kilomètres de la frontière avec le Liban pour affronter les combattants du Hezbollah. Ils devraient progressivement se retirer au cours des 60 prochains jours, a indiqué l'envoyé américain Amos Hochstein au média Al-Jazeera avant la trêve. « Au fur et à mesure que l'armée libanaise se redéploiera vers le sud, les forces israéliennes partiront », a-t-il assuré. Le Hezbollah doit aussi se retirer de la frontière sud avec Israël.
Selon les autorités libanaises, au moins 3.823 personnes ont été tuées au Liban au total depuis octobre 2023, dont la plupart ces dernières semaines. Côté israélien, 82 militaires et 47 civils ont été tués en 13 mois dans les affrontements avec le Hezbollah, selon les autorités.
Avant de donner son feu vert final au cessez-le-feu, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a indiqué que sa durée dépendrait « de ce qui se passera au Liban ».
Peu après l'entrée en vigueur de la trêve, l'armée israélienne a averti les habitants du sud du Liban de ne pas s'approcher des positions où elle reste déployée. « Il vous est interdit de vous diriger vers les villages que les FDI (l'armée israélienne, NDLR) ont ordonné d'évacuer ou vers les forces des FDI dans la région », a déclaré le porte-parole de l'armée Avichay Adraee dans un message sur X.
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Le Hezbollah n'a pas participé directement aux négociations de la trêve, faisant plutôt appel au chef du Parlement Nabih Berri pour négocier en son nom. Le mouvement n'a pas, jusqu'ici, commenté l'accord. La guerre au Liban l'a de fait considérablement affaibli. Son chef Hassan Nasrallah a été tué le 27 septembre dans une puissante frappe israélienne sur la banlieue sud de la capitale libanaise. De même que nombre de ses hauts responsables.
La France a été activement engagée ces dernières semaines dans les négociations en faveur d'un cessez-le-feu au Liban, aux côtés des États-Unis. L'annonce de la trêve a donc offert au président Emmanuel Macron une rare victoire diplomatique au Proche-Orient. « C'est un retour inespéré de la diplomatie française. Le Liban réhabilite le rôle de la France au Proche-Orient », a acquiescé Hasni Abidi, directeur du Centre d'études sur le monde arabe et méditerranéen à Genève.
Les Israéliens ont pourtant « voulu faire sortir » les Français des négociations, d'après une source française proche du dossier. Benjamin Netanyahou, dont les relations avec Emmanuel Macron sont notoirement tendues, a d'ailleurs avant tout remercié mardi Joe Biden « pour son implication » dans la trêve. Le président américain a en revanche salué son homologue français pour « son partenariat » dans les négociations.
Selon plusieurs sources sollicitées par l'AFP, Américains et Libanais ont insisté pour que la France reste dans le jeu en raison notamment de ses contacts avec le mouvement chiite libanais et l'Iran, qui le soutient. « Les Américains avaient besoin de nous pour le Hezbollah. Ils ont essayé de jouer (tout seuls) mais ça n'a pas marché donc les Français ont apporté leur plus-value traditionnelle », a affirmé un diplomate français. Pour Hasni Abidi, les Libanais ont « insisté sur la présence de la France car ils ne font pas confiance aux Américains, qui ont montré leur alignement total sur la position israélienne ».
Les présidents français et américains ont d'ailleurs publié un communiqué commun pour saluer ce cessez-le-feu. Cet accord « protégera Israël de la menace que représentent le Hezbollah et les autres organisations terroristes opérant depuis le Liban », ont-ils écrit. Il « créera les conditions nécessaires au rétablissement durable du calme et permettra le retour en toute sécurité dans leurs foyers des habitants des deux côtés de la Ligne bleue », la ligne de démarcation fixée par l'ONU entre le Liban et Israël, ont-ils affirmé. Ils ont aussi assuré qu'ils veilleraient à ce que l'accord soit « mis en œuvre dans son intégralité ».
Le Premier ministre libanais Najib Mikati a estimé que l'accord constituait une « étape fondamentale » vers la stabilité régionale. Et a indiqué que son gouvernement était engagé à « renforcer la présence de l'armée dans le sud du pays », un bastion du mouvement islamiste Hezbollah. L'Union européenne, l'Allemagne, la Chine, la Suisse, les Pays-Bas et le Royaume-Uni ont réagi positivement à cette annonce.
De son côté, l'Iran, allié du Hezbollah, a salué mercredi « l'arrêt de l'agression » israélienne au Liban. Quant au Hamas, il considère que « l'annonce du cessez-le-feu au Liban est une victoire et une réussite majeure pour la résistance », a déclaré un haut responsable du mouvement à l'AFP.
Avec ce cessez-le-feu, seuls l'un des fronts ouverts au Proche-Orient s'interrompt. Celui entre Israël et le Hamas reste ainsi actif. Beaucoup espèrent toutefois que cet accord au Liban va ouvrir la voie à une trêve dans la bande de Gaza.
Pour Benjamin Netanyahou en tout cas, cette trêve va permettre à Israël d'« intensifier » sa pression sur le Hamas palestinien. « Lorsque le Hezbollah est hors jeu, le Hamas se retrouve seul (à Gaza). Notre pression va s'intensifier, et cela contribuera à la mission sacrée de libérer nos otages », a-t-il assuré mardi à la télévision.
De son côté, le Hamas s'est dit prêt ce mercredi à une trêve avec l'armée israélienne dans la bande de Gaza. « Nous avons informé les médiateurs en Égypte, au Qatar et en Turquie que le Hamas est prêt à un accord de cessez-le-feu et un accord sérieux pour échanger des prisonniers », a fait savoir un haut responsable du mouvement, accusant toutefois Israël d'entraver tout accord.
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Pour rappel, lors de l'attaque surprise lancée le 7 octobre 2023 par le Hamas, 251 personnes avaient été enlevées sur le sol israélien. Plus de 100 ont été libérées en novembre 2023 lors d'une trêve, la seule depuis le début de la guerre. Depuis, sept autres ont été libérées en vie dans des opérations de l'armée israélienne. 97 sont encore otages à Gaza, dont 34 ont été déclarées mortes par l'armée.
(Avec AFP)
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