Le Liban « au bord de l'effondrement », alerte l'Union européenne
latribune.fr
« Nous ne voyons qu'une seule voie possible: un cessez-le-feu immédiat et l'application intégrale de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies », qui en 2006 avait mis fin à la précédente guerre entre Israël et le mouvement libanais,...
Le chef de la diplomatie de l'Ue, Joseph Borrell, a appelé à un « cessez-le-feu immédiat ». La déclaration intervient au lendemain d'une journée de bombardements israéliens particulièrement meurtriers, qui ont ciblé surtout le cœur de Beyrouth.
Après des semaines de bombardements intenses israéliens sur les fiefs du Hezbollah, « le Liban est au bord de l'effondrement ». C'est l'avertissement lancé dimanche depuis Beyrouth par le chef de la diplomatie de l'Union européenne, Josep Borrell, qui a appelé à un « cessez-le-feu immédiat ».
« Nous ne voyons qu'une seule voie possible: un cessez-le-feu immédiat et l'application intégrale de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies », qui en 2006 avait mis fin à la précédente guerre entre Israël et le mouvement libanais, a-t-il expliqué à l'issue d'une rencontre avec le président du Parlement libanais, Nabih Berri, et d'entretiens avec le Premier ministre, Najib Mikati. Cette résolution stipule que seuls l'armée libanaise et les Casques bleus doivent être déployés à la frontière sud du Liban avec Israël: ce qui implique un retrait du Hezbollah, mais aussi des soldats israéliens.
La déclaration intervient au lendemain d'une journée de bombardements israéliens particulièrement meurtriers, qui ont ciblé surtout le cœur de Beyrouth. Dimanche, le Hezbollah a pour sa part indiqué avoir tiré des drones et des missiles contre des cibles militaires à Tel-Aviv et dans le sud d'Israël. Sur le front sud d'Israël, dans la bande de Gaza , le directeur de l'hôpital Kamel Adwan, Hossam Abou Safiyeh, dans le nord du territoire palestinien, a été grièvement blessé dans une attaque nocturne de drone sur l'établissement, et 11 Gazaouis ont été tués dans des frappes israéliennes, selon la Défense civile locale.
Un plan américain en 13 points
« Nous devons faire pression sur le gouvernement israélien et maintenir la pression sur le Hezbollah pour qu'il accepte la proposition américaine de cessez-le-feu », a encore déclaré Joseph Borrel, en annonçant que l'Union européenne était prête à fournir 200 millions d'euros à l'armée libanaise.
L'émissaire spécial du président américain, Amos Hochstein, s'est rendu en début de semaine au Liban et en Israël pour tenter d'obtenir une trêve entre les belligérants. Appuyé par Paris, Washington a présenté aux autorités libanaises un plan en 13 points prévoyant une trêve de 60 jours et le déploiement de l'armée dans le sud du Liban, un des fiefs du Hezbollah. Il a évoqué des « progrès supplémentaires » dans les discussions.
En visite à Damas, l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Geir Otto Pedersen, a jugé aussi « extrêmement important » de mettre fin aux guerres auLiban et à Gaza pour éviter que « la Syrie ne soit entraînée encore plus loin dans le conflit ».
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Dimanche, le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, a pour sa part appelé Israël et les Libanais à se saisir d'une « fenêtre d'opportunité » afin de conclure un cessez-le feu.
« À force de diplomatie, à force de travailler avec les parties en présence sur les paramètres qui permettent d'assurer à la fois la sécurité d'Israël, mais aussi l'intégrité territoriale du Liban, nous sommes, je crois, en train de parvenir à une solution qui peut être acceptable par toutes les parties et qu'elles doivent saisir pour que le feu cesse et que la catastrophe humanitaire cesse également », a-t-il déclaré sur France 3, tout en se disant « prudent ».
Interrogé par ailleurs sur le mandat d'arrêt international délivré jeudi par la Cour pénale internationale (CPI) à l'encontre notamment du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et sur le fait de savoir si ce dernier serait interpellé s'il se rendait en France, le ministre français a indiqué:
« C'est une question hypothétique à laquelle je n'ai pas à répondre tant qu'elle est hypothétique ».Mais« la France appliquera toujours le droit international », a-t-il ajouté, précisant que ce mandat était la « formalisation d'une accusation » et non un jugement.
Une offensive terrestre depuis le 30 septembre
L'armée israélienne a lancé le 23 septembre une intense campagne de bombardements au Liban contre le mouvement armé pro-iranien, suivie le 30 septembre par une offensive terrestre dans le sud du pays. Israël dit vouloir mettre hors d'état de nuire le Hezbollah et le Hamas palestinien. Il a juré de détruire ce dernier après l'attaque sans précédent de ce mouvement islamiste palestinien sur son sol le 7 octobre 2023.
L'offensive militaire à Gaza a fait au moins 44.211 morts, en majorité des civils, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l'ONU. L'attaque du 7-octobre a entraîné la mort de 1.206 personnes, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur les données officielles, incluant les otages tués ou morts en captivité. Ce jour-là, 251 personnes ont été enlevées, dont 97 restent otages à Gaza, parmi lesquelles 34 déclarées mortes par l'armée.