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ÉconomieInternational

Tensions entre la Turquie et les Pays-Bas : Ankara promet des représailles sévères

Photo de Michel Cabirol

latribune.fr

Publié le 12 mars 2017 à 07:47 - Mis à jour le 13 mars 2017 à 11:44

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18 juillet 2026

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Après le refus des Pays-Bas d'accueillir deux ministres turcs, Ankara promet des meures de rétorsion "de la manière la plus sévère". La Haye joue l'apaisement.

La Turquie va prendre des mesures de rétorsion "de la manière la plus sévère" après la décision des Pays-Bas de refuser l'accès à leur territoire à deux ministres turcs, a annoncé dimanche le Premier ministre turc, Binali Yildirim. Une décision également dénoncée samedi par le président turc Recep Tayyip Erdogan comme le signe de "vestiges du nazisme". Il a prévenu dimanche que les Pays-Bas auraient un prix à payer pour avoir porté atteinte aux relations entre les deux pays en interdisant à deux de ses ministres de venir faire campagne auprès de la diaspora turque.

"Ils auront naturellement à en payer le prix et aussi à apprendre ce qu'est la diplomatie", a asséné le président turc lors d'un discours à Istanbul. "Nous leur apprendrons la diplomatie internationale", a-t-il précisé.

Les deux ministres turcs entendaient effectuer une visite à Rotterdam en faveur du référendum constitutionnel du 16 avril et promouvoir le "oui" qui vise à renforcer les pouvoirs du président Erdogan. Le gouvernement turc souhaite que ses ministres puissent venir faire campagne dans certains pays européens où réside une communauté turque, provoquant une situation de malaise parmi les autorités locales craignant des troubles à l'ordre public.

"Cette situation a fait l'objet d'une protestation de la plus ferme manière de notre part et il a été signifié aux autorités néerlandaises qu'il y aurait des représailles de la manière la plus sévère", a déclaré Binali Yildirim. "Nous répondrons en conséquence à ce comportement inacceptable", a-t-il ajouté.

Fermeture de l'ambassade néerlandaise à Ankara

Les autorités turques ont fait fermer l'ambassade à Ankara et le consulat des Pays-Bas à Istanbul devant lesquelles des centaines de turcs ont manifesté. Les résidences de l'ambassadeur néerlandais, absent de Turquie en ce moment, du chargé d'affaires de l'ambassade et du consul général ont également été bouclées. Le ministère des Affaires étrangères turc a dit ne pas souhaiter le retour de l'ambassadeur néerlandais avant "un certain temps".

Dimanche, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a déclaré vouloir faire tout ce qui était possible pour apaiser les tensions diplomatiques nées entre son pays et la Turquie, les plus graves qu'aient connues les Pays-Bas depuis des années. "Je n'ai jamais vécu cela auparavant mais nous voulons observer une attitude prudente, a-t-il expliqué. S'ils (les Turcs) se lancent dans l'escalade, nous devrons répliquer mais nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour désamorcer" la crise.

La ministre turque de la famille également refoulée

La police néerlandaise a escorté dimanche la ministre turque de la Famille jusqu'à la frontière allemande après l'avoir empêché d'entrer dans le consulat de Turquie à Rotterdam. Fatma Betul Sayan Kaya était arrivée en voiture samedi soir à Rotterdam en provenance d'Allemagne, quelques heures après la décision des autorités néerlandaises de refuser au ministre turc des Affaires étrangères d'atterrir dans l'aéroport de la ville. La ministre a pris un avion privé à Cologne pour rentrer à Istanbul, a précisé le quotidien Hurriyet, dimanche

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La police néerlandaise a utilisé des chiens et des canons à eau pour disperser les centaines de manifestants réunis devant le consulat pour protester contre l'interdiction faite aux deux responsables de mener campagne auprès de la diaspora turque en faveur du "oui" au référendum du 16 avril sur la réforme constitutionnelle.

Pourquoi les Pays-Bas ont refoulé deux ministres turcs

Le Premier ministre néerlandais, qui remettra son mandat en jeu lors des élections législatives de mercredi prochain, a justifié cette interdiction en invoquant un risque pour l'ordre public. Il a ajouté que la menace de sanctions économiques invoquées samedi matin par le chef de la diplomatie turque, Mevlut Cavusoglu avait empêché de trouver une solution négociée. Le gouvernement a estimé en outre que la campagne risquait d'importer des divisions au sein de la minorité turque des Pays-Bas, partagée entre pro-Erdogan et opposants.

D'autres pays européens, dont l'Allemagne et l'Autriche, ont pris des mesures similaires. Par ailleurs, le propriétaire d'une salle de réunion de Stockholm dans laquelle devait se tenir en rassemblement en faveur du référendum constitutionnel turc a annulé le contrat de location des lieux, a annoncé l'agence de presse turque Dogan, dimanche. En revanche, Mevlut Cavusoglu, qui a atterri dimanche matin très tôt en France, va participer à 13h à un rassemblement politique à Metz. Face à la polémique de la venue du chef de la diplomatie turque, le ministère des Affaires étrangères a estimé qu'en "l'absence de menace avérée à l'ordre public, il n'y avait pas de raison d'interdire cette réunion qui, au demeurant, ne présentait aucune possibilité d'ingérence dans la vie politique française". La France appelle d'ailleurs "à l'apaisement".

"Une association a pris l'initiative d'organiser à Metz une réunion dans un espace fermé. Cette réunion relevait du régime de la liberté de réunion. La France est un État de droit qui tient compte des circonstances. En l'occurrence, en l'absence de menace avérée à l'ordre public, il n'y avait pas de raison d'interdire cette réunion qui, au demeurant, ne présentait aucune possibilité d'ingérence dans la vie politique française. Face à la tension existant actuellement entre la Turquie et plusieurs États membres de l'Union européenne, la France appelle à l'apaisement. Elle invite également les autorités turques à éviter les excès et les provocations. Elle rappelle son attachement aux principes démocratiques. Dans ces circonstances, il est indispensable de faire preuve de responsabilité et d'éviter les polémiques inutiles".

Copenhague demande un report de la visite de Yildirim

Le Premier ministre danois Lars Løkke Rasmussen a "proposé" dimanche à son homologue turc Binali Yildirim de reporter une visite au Danemark prévue fin mars en raison de "l'escalade" entre Ankara et les Pays-Bas. Sa visite officielle devait se tenir le 20 mars, selon la radio danoise DR. "Une telle visite ne pourrait se tenir en faisant abstraction des attaques actuelles de la Turquie contre les Pays-Bas. J'ai donc proposé à mon collègue turc de reporter notre rencontre", a écrit le chef du gouvernement danois dans un communiqué.

"En temps normal, ce serait un plaisir d'accueillir le Premier ministre Turc Yildirim avec lequel j'ai eu un dialogue franc et constructif le 10 décembre à Ankara", a-t-il expliqué.

À lire également

  • La Turquie s'inquiète de l'effondrement de sa monnaie
  • La Turquie d'Erdogan peut-elle surmonter la violence ?
  • Les Pays-Bas interdisent la venue d'un ministre turc
  • Turquie : Recep Tayyip Erdoğan menace l'Europe "d'ouvrir les frontières"

Lars Løkke Rasmussen a souligné que le Danemark "voyait avec une vive préoccupation l'évolution de la Turquie, où les principes démocratiques sont sous forte pression". Une visite du Premier ministre turc pourrait être perçue comme la manifestation "d'une vision plus complaisante" du Danemark quant à l'évolution politique en Turquie, "ce qui est loin d'être le cas", a-t-il assuré.

latribune.fr

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