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Transition énergétique : une ONG émet des réserves sur les financements de la Chine

latribune.fr

Publié le 11 septembre 2024 à 14:54 - Mis à jour le 11 septembre 2024 à 14:54

Entre 2017 et 2021, les financements bilatéraux de la Chine ont été deux fois plus élevés que ceux des États-Unis. (photo d'illustration)

Entre 2017 et 2021, les financements bilatéraux de la Chine ont été deux fois plus élevés que ceux des États-Unis. (photo d'illustration)

David Gray

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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La Chine, pressée par les pays riches de prendre sa part du financement de la transition énergétique et de l'adaptation au réchauffement climatique dans les pays en développement, est déjà un contributeur « substantiel » même si encore « souvent opaque », selon une analyse d'une ONG publiée ce mercredi.

La Chine est déjà un contributeur « substantiel » au financement de la transition énergétique et de l'adaptation au réchauffement climatique, selon une analyse du Centre pour le développement mondial (CGD en anglais) publiée ce mercredi.

« Les pays occidentaux ont assuré qu'ils augmenteraient leur contribution au financement de projets climatiques dès lors que la Chine et d'autres s'y impliqueront plus. Mais notre étude montre que la Chine est d'ores et déjà un contributeur important de la finance climatique », pointe Ian Mitchell, chercheur au CGD, cité dans le communiqué.

Entre 2017 et 2021, ses financements bilatéraux ont même été deux fois plus élevés que ceux des Etats-Unis (3 milliards de dollars par an contre 1,5 milliard), détaille l'étude.

34 milliards de dollars

La participation américaine reste toutefois supérieure, une fois ajoutée les contributions via les institutions financières internationales (IFI), comme la Banque mondiale : 7,3 milliards de dollars par an entre 2017 et 2021, contre 4,1 milliards de dollars annuels pour Pékin.

Entre 2013 et 2021, la Chine a néanmoins apporté un total de 34 milliards de dollars à des projets liés au climat dans les pays en développement, soit une nette réévaluation par rapport aux études précédentes. Par ailleurs, 97% de l'aide chinoise est sous forme de prêts tandis qu'une part significative de l'aide américaine comprend des subventions.

Par ailleurs, Pékin a augmenté sa participation via les IFI, qui a quasiment triplé entre 2016 et 2021, mais réduit très fortement dans le même temps ses financements bilatéraux en-dessous d'un milliard de dollars par an en 2021, dernière année disponible, dans le contexte de la pandémie de Covid.

La Chine appelée à la transparence

L'étude évoque cependant des contributions « souvent opaques » de la Chine.

« Les bénéficiaires du financement climatique chinois sont confrontés à des difficultés en raison du manque de transparence et prévisibilité autour des projets de développement existants de la Chine », développe ainsi les auteurs de cette analyse.

Le CGD appelle ainsi la Chine à la transparence sur sa finance climatique, comme y sont aujourd'hui obligées les économies avancées, selon la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), une catégorie onusienne à laquelle la Chine n'appartient pas.

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« La Chine devrait s'efforcer d'améliorer la prévisibilité et la transparence de ses flux climatiques, permettant aux partenaires de planifier à l'avance et de rechercher de meilleures conditions, peut-on lire. Nous notons que le financement chinois lié au climat souffre depuis 2013 d'un niveau élevé de volatilité d'une année sur l'autre et que le faible niveau de transparence a limité la portée de notre analyse actuelle. (...) Pékin devrait œuvrer pour encourager les agences de financement chinoises à investir davantage la finance climat dans les thématiques et les pays où se situent les plus grands besoins. »

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Cette rare évaluation intervient à deux mois de la COP29 de Bakou (Azerbaïdjan), où la finance climatique sera au cœur des débats. Les nations du monde doivent s'y accorder sur le futur objectif d'aide climatique des pays riches aux pays en développement au-delà de 2025. L'objectif actuel est de 100 milliards de dollars par an.

Un brouillon d'accord sur l'objectif de finance climatique a été publié fin août par l'ONU climat, dévoilant à grand trait les positions contradictoires des principaux blocs de pays. Ce document, consulté par l'AFP, est une base de travail des négociations qui doivent aboutir à la COP29, sous présidence de l'Azerbaïdjan.

Les pays donateurs veulent élargir leur base

Le document recense sept options, encore incomplètes, qui synthétisent les positions antagonistes des blocs. Pour le groupe arabe, les pays développés doivent s'engager, pour la période 2025-2029, à fournir 441 milliards de dollars par an de subventions, afin de mobiliser, avec les prêts et financement privés, un total de 1.100 milliards. Le groupe africain met lui sur la table un objectif annuel de 1.300 milliards de dollars annuel.

Depuis plusieurs mois, les pays donateurs (établis en 1992 à Rio: Etats-Unis, Union européenne, Japon, Grande-Bretagne, Canada, Suisse, Turquie, Norvège, Islande, Nouvelle-Zélande et Australie) font savoir que ces montants sont irréalistes pour leur finances publiques. Arguant ne représenter plus que 30% des émissions historiques, ils réclament d'élargir la base des donateurs, en particulier à la Chine et aux pays du Golfe qui ne veulent pas en entendre parler.

1.000 milliards par an d'ici 2035, selon l'UE

Dans le document, le Canada propose que le nouvel objectif soit rempli par les pays définis à Rio ainsi que par ceux « qui ont un Revenu national brut supérieur (RNB) à 52.000 dollars par habitant ou sont dans le top 10 des pays émetteurs de gaz à effet de serre cumulés avec un RNB de 20.000 dollars par habitant ».

L'Union européenne, tout en affirmant que les « pays développés continuent d'avoir le rôle de chef de file dans la mobilisation du financement » climatique « à partir d'un large éventail de sources », écrivent que le nouvel objectif « ne peut être atteint que si les pays ayant de hautes émissions de GES (gaz à effet de serre) et de fortes capacités économiques se joignent à l'effort ».

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Sans donner de chiffre, l'UE écrit que tous les « flux d'investissements mondiaux », publics et privés, mis bout à bout doivent atteindre au moins 1.000 milliards par an d'ici 2035, sans préciser la part d'aide qui reviendrait aux pays riches.

(Avec AFP)

latribune.fr

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