Climat : la Chine lance la construction de onze nouveaux réacteurs nucléaires
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En volume, la Chine est le premier pays émetteur de gaz à effet de serre dans le monde.
THOMAS PETER
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En volume, la Chine est le premier pays émetteur de gaz à effet de serre dans le monde.
THOMAS PETER
Premier pays émetteur de gaz à effet de serre, la Chine mise sur le nucléaire pour réduire sa dépendance au charbon et ainsi tenir la promesse du président Xi Jinping, qui s'est engagé à ce que son pays atteigne un pic d'émissions de CO2 d'ici à 2030.
Le géant asiatique va ainsi entamer la construction de 11 nouveaux réacteurs nucléaires dont l'approbation a été donnée lundi, lors d'une réunion du Conseil d'Etat (gouvernement) présidée par le Premier ministre Li Qiang. Les nouveaux réacteurs seront installés dans les provinces côtières du Jiangsu, Shandong et du Zhejiang (est), dans la province manufacturière du Guangdong (sud) et au Guangxi voisin, selon le média d'Etat spécialisé China Energy News.
L'entreprise China National Nuclear Power a indiqué avoir reçu le feu vert pour trois réacteurs, tandis qu'un autre groupe, State Power Investment Corp, a dit être autorisé pour deux autres. CGN Power Co, la filiale cotée en Bourse de la société d'Etat China General Nuclear Power Corp, a annoncé dans un communiqué adressé à la Bourse de Hong Kong avoir obtenu l'approbation pour six réacteurs répartis sur trois sites.
Le média économique chinois Jiemian a précisé que l'investissement total pour les 11 réacteurs devrait dépasser les 220 milliards de yuans (27,8 milliards d'euros) et que leur construction prendra environ cinq ans. Pou rappel, le pays compte actuellement 56 réacteurs en opération, soit autant que la France, selon l'Association nucléaire mondiale (ANM). Les Etats-Unis, qui en disposent de 94, sont le premier parc nucléaire mondial. La Chine est néanmoins le pays qui possède le plus grand nombre de réacteurs en construction. Elle est aussi le premier producteur d'énergie éolienne et solaire.
La seconde économie mondiale, qui s'est engagée à atteindre la neutralité carbone d'ici 2060, a par ailleurs annoncé début août prévoir un changement majeur dans la manière de déterminer ses objectifs climatiques, en adoptant à l'avenir des objectifs de réduction de ses émissions de CO2 en volume, et non relatifs à la croissance économique.
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Le pays se fixait jusqu'à présent des objectifs climatiques fondés sur l'intensité carbone de sa croissance, c'est-à-dire les émissions de gaz à effet de serre rapportées à la richesse produite. « Une fois le pic des émissions de carbone atteint » - ce que la Chine vise d'ici 2030 - « un double système de contrôle des émissions de carbone sera mis en œuvre, avec un contrôle du volume total comme objectif principal », a indiqué la puissante agence de planification économique chinoise (NDRC).
« La Chine est maintenant en train de décorréler graduellement la réduction de ses émissions, de sa croissance économique », relève Yao Zhe, analyste chez Greenpeace Chine. Selon elle, « cette nouvelle approche va aider à aligner l'action de la Chine au plan national avec ses engagements internationaux ».
Dans le cadre de l'accord de Paris sur le climat, ces engagements sont formalisés dans un document appelé « Contribution déterminée au niveau national » (« NDC », de son acronyme anglais). Les pays sont supposés déposer leurs objectifs rehaussés d'ici à 2035, avant la date butoir établie par l'ONU du 10 février 2025.
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(Avec AFP)
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