Ukraine-États-Unis : qui est Andriy Yermak, l'homme clé de la négociation en Arabie saoudite ?

Andriy Yermak, le chef de cabinet du président ukrainien.
Reuters

Andriy Yermak, le chef de cabinet du président ukrainien.
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En Arabie saoudite, ce mardi, Kiev va tenter de renouer avec les États-Unis qui viennent de lui retirer leur soutien militaire.
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, est à Djeddah mais ne prendra pas part aux discussions : ce sont ses ministres des Affaires étrangères et de la Défense qui seront en première ligne., et un homme-clé, peu connu du grand public : Andriy Yermak.
Cet ex-producteur de cinéma est aujourd'hui sous le feu des projecteurs. Andriy Yermak , 53 ans, a rencontré Volodymyr Zelensky, ancien présentateur de télévision, dans les coulisses du monde du divertissement.
Ancien avocat spécialisé en propriété intellectuelle, il est devenu chef de cabinet de Zelensky en 2020. Depuis la guerre lancée par Moscou, il est considéré comme le bras droit du président, deuxième homme le plus puissant d'Ukraine, jouant un rôle clé dans les négociations internationales et les initiatives diplomatiques.
Andriy Yermak jouit d'une solide expérience internationale : il a notamment négocié des échanges de prisonniers et a su renforcer le soutien occidental à l'Ukraine. Le chef de l'administration présidentielle de Volodymyr Zelensky est néanmoins un personnage controversé : son rôle dans l'affaire Hunter Biden, a quelquefois compliqué ses relations avec certains partenaires internationaux.
Jusqu'à présent, l'approche adoptée par Andriy Yermak a consisté à jouer à la fois sur la force militaire et l'arme diplomatique. Il insistait notamment sur la nécessité de prendre l'avantage sur le champ de bataille pour contraindre la Russie à négocier. Parallèlement, il tente de rallier les alliés occidentaux autour du « Plan de la Victoire » ukrainien, qui inclut des garanties de sécurité et la restitution des territoires occupés.
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Lors du sommet de Bürgenstock en juin 2024, Andriy Yermak a réussi à rassembler plus de 80 pays autour d'une déclaration commune pour une « paix durable », malgré le refus des Russes.
Le chef de cabinet du président ukrainien cherche évidemment à rassembler et mobiliser les Européens autour de la nécessité de négocier pour la paix en Ukraine. Fin janvier, Andriy Yermak déclarait : « Poutine veut négocier le sort de l'Europe sans l'Europe. Et il veut parler de l'Ukraine sans l'Ukraine. Cela ne se produira pas. Poutine doit lui-même revenir à la réalité, ou il sera ramené à la réalité. Ce n'est pas ainsi que cela fonctionne dans le monde moderne. »
Ce mardi il devra tenter de rétablir le dialogue avec les Américains, autour de deux axes de négociation : un cessez-le-feu partiel dans les airs et sur mer, et l'exploitation des terres rares voulue par Donald Trump.
Les tensions se sont particulièrement intensifiées après la suspension temporaire de l'aide militaire américaine. Andriy Yermak devra convaincre ses interlocuteurs américains de reprendre leur soutien tout en défendant les intérêts ukrainiens.
Sous la direction d'Andriy Yermak :
Plan de la Victoire : Stratégie ukrainienne combinant efforts militaires et diplomatiques pour parvenir à une paix juste et durable : adhésion à l'OTAN, fournitures d'armes modernes par l'Occident, aide financière internationale, poursuite des opérations de forces armées dans la région de Koursk.
Garanties de sécurité : Engagements internationaux visant à protéger l'Ukraine contre toute agression future.
Cessez-le-feu partiel : Proposition visant à suspendre certaines hostilités (aériennes et navales) comme première étape vers la paix.
80 pays : Nombre d'États représentés au sommet de Bürgenstock organisé par Yermak.
6 fois : Augmentation de la production d'armes en Ukraine depuis 2022.
96 % : Soutien des Ukrainiens à une fin du conflit reposant sur le retrait total des forces russes.
En juin 2024, Andriy Yermak a orchestré un sommet international en Suisse réunissant plus de 80 nations pour discuter d'une paix durable. Bien que certains pays aient hésité à signer la déclaration finale, cet événement a marqué un tournant dans la diplomatie ukrainienne en mobilisant un soutien mondial sans précédent contre l'agression russe.
La « Formule pour la paix » présentée par Zelensky au G20 en novembre 2022 et soutenue par Andriy Yermak détaille dix étapes nécessaires pour mettre fin au conflit. Ce document inclut des mesures telles que le retrait russe des territoires occupés, une garantie de la sécurité énergétique, ou encore la fin du chantage nucléaire.
« La réunion avec l'équipe américaine a commencé de façon très constructive, nous travaillons à l'instauration d'une paix juste et durable » en Ukraine, a déclaré Andriy Yermak sur Telegram en publiant des premières images de cette rencontre.

Les pourparlers ukraino-américain qui viennent de commencer en Arabie saoudite pourraient jeter les bases d'une trêve partielle ou d'un accord plus large si Kiev parvient à préserver ses intérêts stratégiques tout en répondant aux attentes américaines.
Mais au moment où l'Ukraine espère retrouver le soutien de Washington, le ministère russe de la Défense a annoncé avoir « détruit 337 drones aériens ukrainiens, dont 91 au-dessus de la région de Moscou et 126 au-dessus de la région de Koursk », frontalière de l'Ukraine. « La plus grande attaque des drones ennemis contre Moscou a été repoussée », s'est félicité le maire de la capitale russe Sergueï Sobianine sur Telegram.
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Avant cette attaque, le secrétaire d'État américain Marco Rubio, arrivé lundi à Djeddah, avait dit avoir bon espoir que la suspension de l'aide militaire américaine à Kiev soit résolue. Il avait aussi jugé prometteuse l'idée d'un cessez-le-feu partiel : « Je ne dis pas que cela seul sera suffisant, mais c'est le genre de concession nécessaire afin de mettre fin au conflit ».
L'Ukraine affirme ce mardi matin que l'attaque de drones doit inciter Vladimir Poutine à accepter une trêve aérienne.