Etats-Unis : Biden accorde la grâce présidentielle à son fils Hunter
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Joe Biden avait assuré à plusieurs reprises qu'il n'accorderait pas la grâce à son fils, avant de finalement revenir sur cette décision.
Nathan Howard
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Joe Biden avait assuré à plusieurs reprises qu'il n'accorderait pas la grâce à son fils, avant de finalement revenir sur cette décision.
Nathan Howard
Joe Biden a fini par gracier son fils, Hunter Biden. Accorder la grâce à certaines personnes condamnées est une pratique courante en fin de mandat pour un président. Mais le dirigeant actuel avait jusqu'ici promis de ne pas en faire profiter son cadet. Encore la semaine dernière lorsqu'il a gracié deux dindes à l'occasion de la fête familiale de Thanksgiving. Un rétropédalage qu'il a expliqué dans un communiqué.
Hunter Biden, 54 ans, a plaidé coupable en septembre de fraude fiscale devant un tribunal de Los Angeles, en Californie, lui évitant un procès - il risquait jusqu'à 17 ans de prison. Il a aussi été reconnu coupable d'avoir menti sur son addiction aux drogues lors de l'achat d'une arme, un délit dans l'État du Delaware. Il encourait pour cette affaire 25 ans d'emprisonnement. Ex-avocat et homme d'affaires aujourd'hui reconverti dans la peinture, il attendait encore de savoir de quelle peine il écoperait dans chacun de ces dossiers.
Dans une déclaration aux médias américains, Hunter Biden a affirmé qu'il allait « consacrer la vie (qu'il a) reconstruite à aider ceux qui sont encore malades et qui souffrent ». Ses avocats ont aussi soutenu que c'était uniquement parce qu'il était le fils du président qu'il avait été traduit en justice. Un argument appuyé par son père dans son communiqué.
Hunter Biden a payé des arriérés d'impôts, ainsi que des pénalités imposées par les autorités. Il avait d'ailleurs déjà conclu un accord qui lui aurait permis d'éviter la prison, mais celui-ci a été rompu à la dernière minute.
Son cas a en tout cas longtemps été une épine dans le pied de la famille Biden, en particulier au cours de cette année électorale. Les Républicains n'ont pas manqué d'attaquer Joe Biden à son sujet, affirmant que son fils bénéficiait d'un excès d'indulgence.
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Cette décision ne manquera pas de susciter de nouvelles interrogations sur l'indépendance du système judiciaire américain. Un sujet que Joe Biden évoque dans son communiqué. « J'ai dit que je n'interférerai pas avec les prises de décision du ministère de la Justice et j'ai tenu parole même quand j'ai vu mon fils être poursuivi de manière sélective et injuste », a assuré Joe Biden.
Les doutes sur cette indépendance risquent d'être encore accentués avec l'arrivée au pouvoir de Donald Trump. Car le futur ex-président a décidé de nommer de fidèles soutiens à la tête du ministère de la Justice et du service fédéral de police judiciaire (FBI).
Dans le même temps, les affaires pénales contre le républicain sont au point mort depuis que la Cour suprême a rendu un arrêt historique sur l'immunité présidentielle. Ce qui lui garantit probablement de ne jamais purger de peine d'emprisonnement, même après sa condamnation pour falsification de documents comptables en mai dernier.
Joe Biden n'est toutefois pas le seul président américain à avoir eu recours à la grâce pour venir en aide à des membres de sa famille ou des alliés politiques. D'autres l'ont fait avant lui. À l'image de Bill Clinton, qui a gracié son demi-frère condamné pour possession de cocaïne. Ou de Donald Trump qui a fait de même avec Charles Kushner, le père de son gendre, condamné pour fraude fiscale - le futur ex-président a d'ailleurs nommé celui-ci comme ambassadeur des États-Unis en France. Dans les deux cas néanmoins, ces deux hommes avaient déjà purgé leur peine de prison.
Donald Trump ne compte d'ailleurs pas s'arrêter en si bon chemin. Il a en effet promis de gracier toutes les personnes condamnées pour avoir envahi le Capitole, le 6 janvier 2021, afin d'essayer d'empêcher le Congrès de certifier la victoire de Joe Biden. Le républicain y a fait référence dans un message publié sur son réseau Truth Social dimanche soir. « La grâce accordée par Joe à Hunter inclut-elle les otages (du 6-Janvier), qui sont emprisonnés depuis des années ? Quel abus et quelle erreur judiciaire ! », a écrit Donald Trump.
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Joe Biden pourra encore prendre des décisions de grâce d'ici la passation de pouvoir, le 20 janvier prochain. Peu de doute néanmoins sur le fait que les partisans de Donald Trump n'en bénéficieront pas.
(Avec AFP)
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