Ukraine : Moscou met en garde la France sur la "guerre économique totale" évoquée par Le Maire contre la Russie
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... agne, l'Italie ont indiqué qu'une nouvelle vague de sanctions allait être décidée.
Fermeture des espaces aériens, gel d'avoirs de personnalités ou d'entreprises, remise en question de liens financiers ou commerciaux..., l'Europe et les Etats-Unis en tête ont multiplié les annonces ces derniers jours afin de dissuader Moscou de poursuivre ses assauts sur l'Ukraine. Alors que les puissances occidentales, l'Union européenne en tête, multiplient les sanctions contre la Russie pour pousser Moscou à arrêter la guerre en Ukraine, une nouvelle couche de sanctions va être prise.
"La façon dont nous répondons aujourd'hui à ce que fait la Russie déterminera l'avenir du système international. Le destin de l'Ukraine est en jeu, mais notre propre destin est également dans la balance. Nous devons montrer la puissance qui réside dans nos démocraties", a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans un discours au Parlement européen, après une intervention par visioconférence du président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Le chef du gouvernement italien Mario Draghi est allé dans le même sens qu'Olaf Scholz en se disant prêt à durcir les sanctions à l'égard de Moscou, en ciblant davantage les oligarques et augmentant la pression sur la Banque centrale russe.
Ce dernier a également indiqué avoir suggéré "d'intensifier encore la pression sur la Banque centrale russe", sans donner de détails.
L'ancien président de la Banque centrale européenne (BCE) a également souhaité que la Banque des règlements internationaux (BRI), basée à Bâle en Suisse, "participe aux sanctions". La BRI, interrogée à plusieurs reprises sur les sanctions, n'a pas fait de commentaire. Cette institution, qui veille à être un espace neutre où les banquiers centraux peuvent se rencontrer et discuter de questions de politique monétaire, a cependant assuré qu'elle se conformerait aux sanctions.
Mario Draghi a également salué la réponse "rapide, ferme, forte et surtout unie" de l'Union européenne au conflit.
"Peut-être que (le président russe Vladimir) Poutine nous a considérés impuissants, divisés, ivres de nos propres richesses. Il a eu tort", a déclaré le Premier ministre italien. "Nous avons été et nous serons prêts à réagir, riposter (...) et à défendre nos valeurs."
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En France, le ton est également très dur
Une des dernières mesures en date, le blocage des avoirs en devises de la banque centrale russe détenues à l'étranger, a provoqué un plongeon de la monnaie russe lundi, tandis que de nombreuses personnes se sont précipitées à la banque pour retirer du liquide. En urgence, la Russie a interdit lundi à ses résidents de transférer des devises à l'étranger et obligé les exportateurs russes à convertir une grande partie de leurs revenus en roubles.
La totalité des avoirs russes que les alliés vont geler représente "presque 1.000 milliards de dollars" a indiqué le ministre français mardi: "nous allons livrer une guerre économique et financière totale à la Russie", au lendemain d'un relèvement massif des taux d'intérêt à 20% de la banque centrale russe.
"Les entreprises ne pourront pas emprunter sauf à des taux élevés", a également dit le ministre français, affirmant que les Occidentaux sont prêts si nécessaire à "un nouveau renforcement des sanctions".
"L'urgence est de relever le coût de la guerre pour le président (Vladimir) Poutine", a indiqué lundi la présidence française, en estimant que les sanctions déjà prises "font plus mal que le président Poutine ne l'avait anticipé".
Bruno Le Maire a également indiqué mardi que le peuple russe allait subir les effets des sanctions "en raison de son dirigeant". On ne sait pas faire autrement", a-t-il reconnu.
Des propos qui ne sont pas passés inaperçus à Moscou. L'ancien président russe Dmitri Medvedev a mis en garde la France mardi après les déclarations de Bruno Le Maire évoquant "une guerre économique et financière totale" contre la Russie en raison de l'invasion de l'Ukraine.
Quelques heures plus tard, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire, a jugé "inappropriée" sa mention de "guerre économique" évoquée plus tôt.
En attendant, la Russie a indiqué qu'elle poursuivrait son offensive en Ukraine jusqu'à ce que ses objectifs soient atteints, a annoncé mardi le ministre de la Défense Sergueï Choïgou, accusant une fois encore l'armée ukrainienne d'utiliser les civils comme "boucliers humains".
"Les forces armées de la fédération de Russie continueront l'opération militaire spéciale jusqu'à ce que les objectifs fixés soient atteints", a-t-il dit, selon des propos retransmis à la télévision. Le ministre a invoqué la "démilitarisation" et la "dénazification" de l'Ukraine, affirmant que l'armée russe "n'occupe pas l'Ukraine" et que l'Occident "cherche à utiliser le peuple ukrainien" contre Moscou. Alors que le nombre de victimes civiles en Ukraine grimpe, il a nié que les forces russes visent des infrastructures civiles ou des habitations, tout en affirmant que les forces ukrainiennes les utilisaient comme bouclier pour se protéger des attaques russes.
"Des lance-roquettes multiples, des mortiers de gros calibre sont installés dans les cours d'immeubles près d'écoles et de jardins d'enfants", a dit Sergueï Choïgou. Le président russe Vladimir Poutine avait formulé les mêmes accusations, nourrissant la crainte de la multiplication des attaques sur les zones urbaines.
De son côté, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui réclame une intégration "sans délai" de son pays à l'UE à la suite de l'invasion russe, a demandé lundi aux Européens de "prouver qu'ils sont avec l'Ukraine".
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"L'Europe sera beaucoup plus forte avec l'Ukraine en son sein (...) Sans vous, l'Ukraine sera seule. Nous avons prouvé notre force, nous avons montré que nous sommes vos égaux (...) Donc, prouvez que vous êtes avec nous et que vous n'allez pas nous laisser tomber", a-t-il déclaré dans un discours en visioconférence aux eurodéputés.
(Avec Reuters et AFP)
[Article actualisé le 1 mars 2022 à 17:27 avec les nouveaux propos de Le Maire.]
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