Ukraine: selon Le Drian, l'invasion par la Russie est imminente, "toutes les conditions sont réunies"

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean Yves Le Drian, au Quai d'Orsay à Paris, France, le 27 janvier 2022.
Reuters

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean Yves Le Drian, au Quai d'Orsay à Paris, France, le 27 janvier 2022.
Reuters
La Russie ne veut pas de l'OTAN à sa porte, elle conteste à l'Ukraine, son ancien satellite du temps de l'URSS, toute velléité d'indépendance, surtout s'agissant de rejoindre l'Organisation du traité de l'Atlantique-Nord (OTAN), un pacte d'assistance militaire historiquement tourné contre elle.
Malgré la pression exercée par les États-Unis et ses alliés, la Russie réussit cependant, par ses manoeuvres (y compris militaires) à créer une zone d'incertitude qui met la galaxie diplomatique internationale en ébullition. Pour empêcher une invasion de l'Ukraine, les actions de soutien très visibles se succèdent (visite d'Anthony Blinken, de Boris Johnson...) comme fusent les déclarations belliqueuses, les menaces de rétorsion, ou les cris d'alarme.
En France, les interventions médiatiques de Jean-Yves le Drian se multiplient, leur fréquence suggérant en soi l'urgence de la situation.
Ainsi ce matin même sur France 2, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, estimait que le danger était "clair et imminent". Tout en ajoutant aussitôt qu'il n'y avait pour l'heure aucune information sur la volonté du président russe Vladimir Poutine de lancer une offensive sur l'Ukraine. Pour autant, son analyse de la situation militaire est clairement pessimiste :
Il ajoutait:
Samedi dernier, le 29 janvier, après l'échange la veille entre le président Emmanuel Macron et Vladimir Poutine et alors que l'Ukraine presse ses alliés de manifester de la fermeté, le ministre des Affaires étrangères français disait, dans une interview donnée au JDD, reprendre à son compte les propos de son homologue allemande:
Au JDD qui lui demandait si le chemin de la diplomatie prôné avec obstination par la France avait donné des résultats jusqu'à présent avec la Russie, le ministre répondait:
Le ballet diplomatique se poursuit ce mercredi autour de l'Ukraine, après que Vladimir Poutine a dit espérer "une solution" à la profonde crise russo-occidentale tout en affirmant craindre un "conflit armé".
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Ce mercredi, le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte a été reçu par le président ukrainien Volodymyr Zelensky à Kiev, au lendemain des visites des chefs des gouvernements britannique et polonais.
Demain jeudi, c'est le président turc, Recep Tayyip Erdogan, dont le pays est un fournisseur de drones de combats à l'Ukraine, qui est attendu.
Hier mardi, c'était le Premier ministre britannique Boris Johnson, qui en visite en Ukraine pour afficher le soutien de Londres à Kiev, avertissait les Russes que la Grande-Bretagne imposera automatiquement des sanctions immédiates contre les intérêts commerciaux et des ressortissants russes en cas d'offensive de la Russie contre l'Ukraine.
Lundi, le 31 janvier, la ministre des Affaires étrangères britannique, Liz Truss, avait annoncé une nouvelle loi pour durcir le régime de sanctions du Royaume-Uni qui pourrait être utilisé en cas d'attaque de la Russie contre l'Ukraine. Devant la Chambre des Communes, elle expliquait que ces sanctions pourront viser un plus grand nombre d'individus et d'entreprises en fonction de leur importance pour le Kremlin:
Mardi encore, c'était le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken qui déclarait à son homologue russe Sergueï Lavrov que le moment était venu de retirer les soldats russes déployés à la frontière avec l'Ukraine si Moscou ne comptait pas lancer une attaque, selon les confidences d'un haut représentant du département d'Etat américain.
À l'issue de ce coup de téléphone qui aurait duré une vingtaine de minutes, aucune avancée vers une sortie de crise n'a toutefois été obtenue, a précisé cette source restée anonyme qui indiquait que Washington n'avait constaté sur le terrain aucun signe d'une potentielle désescalade.
Mardi également, Vladimir Poutine, qui s'exprimait pour la première fois publiquement depuis des semaines sur la crise autour de l'Ukraine, a accusé les Etats-Unis d'ignorer des préoccupations sécuritaires légitimes de la Russie pour sa sécurité.
Il aussi estimé que Washington jouait la surenchère pour entraîner Moscou dans un "conflit armé" afin de pouvoir lui infliger les "sanctions les plus dures".
Selon Moscou, la question fondamentale n'est pas le déploiement militaire russe massif aux portes de l'Ukraine depuis des semaines et que l'Occident dénonce, mais la menace de l'avancée vers l'Est de l'Otan.
La Russie exige donc la fin de la politique d'élargissement de l'Alliance, ainsi que le retrait d'Europe de l'Est de ses capacités militaires.
Ces demandes ont été rejetées par les Etats-Unis et leurs alliés, Washington proposant en retour de travailler aux d'autres mesures de confiance sur des limites au déploiement de missiles ou aux manoeuvres militaires.
Le quotidien espagnol El Pais a publié le détail des réponses américaines et de l'Otan à la Russie, une fuite dont le contenu n'a été démenti par aucun des camps.
Dans le texte américain, Washington propose que les deux rivaux s'engagent à ne pas déployer de moyens militaires offensifs en territoire ukrainien, que la Russie inspecte certaines infrastructures militaires qui l'inquiètent en Europe, et que les deux pays s'accordent sur un contrôle des armements de courte et moyenne portée.
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Les Etats-Unis se disent aussi prêt à discuter de "l'indivisibilité de la sécurité". Le Kremlin se fonde sur ce concept pour réclamer un recul de l'Otan du voisinage de la Russie, arguant que la sécurité des uns ne peut se faire aux dépens d'autres, en dépit du droit de chaque Etat, et donc de l'Ukraine, à choisir ses alliances.
(avec AFP et Reuters)