Indonésie : le bilan du tsunami monte à près de 400 morts

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L'Anak Krakatoa est entré en éruption samedi soir peu après 21 heure soit 24 minutes avant que le tsunami ne frappe les côtes indonésienne.
L'Anak Krakatoa est entré en éruption samedi soir peu après 21 heure soit 24 minutes avant que le tsunami ne frappe les côtes indonésienne. (Crédits : ANTARA FOTO)
Le bilan s'élève à 400 personnes tuées et des milliers blessées ce lundi 24 décembre. Samedi 22 décembre, un tsunami provoqué par une éruption volcanique a déferlé soudainement sur les plages du détroit indonésien de la Sonde causant la mort de centaines de personnes. Les autorités craignent un bilan encore plus lourd.

>> ARTICLE DU 23/12/2018, 11:22 | MISE A JOUR LE 24/12/2018 15:00

Le bilan du tsunami qui a frappé les côtes des îles indonésiennes de Java et de Sumatra après une éruption du volcan Anak Krakatoa s'est alourdi ce lundi 24 décembre à près de 400 morts, alors que les équipes de secours continuaient de fouiller les décombres à la recherche de survivants. "Il y a 1.459 blessés, et 128 personnes sont toujours portées disparues", a par ailleurs indiqué un porte-parole de l'agence de gestion des catastrophes.

L'Anak Krakatoa est entré en éruption samedi soir peu après 21 heure, 24 minutes avant que le tsunami ne frappe les côtes indonésiennes. Ce volcan crachait de la lave et des cendres depuis plusieurs mois. Des centaines d'habitations, d'hôtels, de magasins ont été détruits ou endommagés par le passage du tsunami, survenu presque sans laisser le temps d'alerter les populations des rivages du détroit de la Sonde, et des milliers de personnes ont dû se réfugier sur des positions plus élevées.

Aucun signe avant-coureur

Les autorités ont prévenu les habitants et les touristes des régions riveraines du détroit de la Sonde, qui sépare Java et Sumatra, de ne pas s'approcher des plages. L'alerte aux fortes marées a été prolongée jusqu'à ce mercredi. Des habitants des zones côtières ont raconté n'avoir perçu aucun signe précurseur de la catastrophe - comme un reflux de la mer ou un séisme - avant que les vagues de deux à trois mètres de haut ne se mettent à déferler. Les autorités craignent une nouvelle déferlante. Le ministre des Travaux publics, Basuki Hadimuljono, a indiqué que les opérations de secours se poursuivraient mais devraient s'arrêter "au premier signe de forte marée". Dwikorita Karnawati, le directeur de l'Agence météorologique nationale, a précisé lundi que l'éruption avait provoqué un glissement de terrain vers l'océan qui a ensuite déclenché le tsunami.

Des centaines de bâtiments ont été emportés par la vague, qui a déferlé sur les côtes méridionales de Sumatra et l'extrémité occidentale de l'île de Java aux alentours de 21h30 samedi . La vague a surgi après l'éruption du volcan connu comme "l'enfant" du légendaire Krakatoa, l'Anak Krakatoa, selon Sutopo Purwo Nugroho, porte-parole de l'agence nationale de gestion des catastrophes. Les autorités indonésiennes avaient dans un premier temps déclaré que la vague n'était pas un tsunami mais une simple marée montante et avaient appelé la population à ne pas paniquer. "C'était une erreur, nous sommes désolés", a écrit par la suite M. Nugroho sur Twitter.

Un bilan encore provisoire

Dans l'après-midi de dimanche, le bilan provisoire était de 168 morts, 745 blessés et 30 disparus. "Le bilan augmente toujours car nous n'avons pas toutes les informations sur l'impact du tsunami", a prévenu M. Nugroho. Les secouristes recherchaient fébrilement des survivants dans les débris. Des images vidéo spéctacualires publiées sur les réseaux sociaux montrent une vague géante qui s'abat sur un concert en plein air donné par le groupe pop "Seventeen". Ses membres sont projetés hors de la scène par la vague. Les tsunamis déclenchés par les éruptions vocalniques, qui provoquent un déplacement d'eau, sont relativement rares, selon le centre d'information international des Tsunamis. A la différence des vagues consécutives à des séismes, les autorités n'ont pas le temps de prévenir les gens. Sur des images des régions côtières, on voit des arbres déracinés. La vague a déversé un amoncellement de détritus divers, plaques de toitures en ferraille ou morceaux de bois, sur la plage de Carita, site touristique populaire de la côte ouest de Java.

Le photographe Oystein Andersen a raconté sur Facebook qu'il prenait des photos du volcan à Java quand le tsunami a frappé. "J'ai vu soudain une grosse vague. J'ai du courir, car la vague a déferlé sur la plage, submergeant les terres sur 15 à 20 mètres. (La) vague suivante est rentrée dans le périmètre de l'hôtel où je me trouvais".  Asep Pergangkat, qui a fui la plage de Carita samedi soir avec sa famille, a décrit un sombre tableau. "Les voitures ont été traînées sur  dix mètres", a-t-il dit à l'AFP. "Les bâtiments en bord de plage ont été détruits, des arbres et des poteaux électriques sont tombés par terre. Tous ceux qui sont en sécurité ont couru vers la forêt". Dans la province de Lampung, de l'autre côté du détroit, Lutfi Al Rasyid, 23 ans, raconte à l'AFP avoir fui la plage de Kalianda pour sauver sa vie. "Je ne pouvais pas faire démarrer ma moto, alors je suis parti et j'ai couru... J'ai prié et couru aussi vite que je pouvais".

L'Anak Krakatoa montrait des signes d'activités depuis une semaine

Selon les autorités, le tsunami a été déclenché par une marée montante anormale conjuguée à un glissement de terrain sous-marin provoqué par l'éruption de l'Anak. "La  cause du glissement sous-marin est l'activité volcanique de l'Anak Krakatoa, qui a coïncidé avec la marée haute due à la pleine lune", a expliqué M. Nugroho. "Il y a deux facteurs naturels".

L'impact de la vague a été particulièrement sévère dans le district de Pandeglang, à Java, où au moins 126 personnes sont mortes. Neuf personnes ont été tuées plus au nord, à Serang, et 33 à Lampung Sud, sur l'île de Sumatra. Selon le Centre indonésien de la volcanologie et de la gestion des risques géologiques, l'Anak Krakatoa montrait des signes d'activité renforcée depuis une semaine. Une éruption survenue peu avant 16 heures samedi a duré environ 13 minutes, envoyant à des centaines de mètres dans le ciel un épais panache de cendres.

L'Anak ("enfant" en indonésien) s'est formé aux alentours de 1928 dans la caldeira du légendaire Krakatoa, qui avait connu en 1883 un épisode catastrophique. Une immense colonne de fumée, de pierres et cendres s'était dressée dans le ciel à 20 km de hauteur, plongeant la région dans l'obscurité et déclenchant un puissant tsunami. Environ 36.000 personnes avaient trouvé la mort. L'Anak est l'un des 127 volcans actifs d'Indonésie. L'Indonésie, archipel de 17.000 îles et îlots qui s'est formé par la convergence de trois grandes plaques tectoniques (indo-pacifique, australienne, eurasienne), se trouve sur la ceinture de feu du Pacifique, zone de forte activité sismique et d'éruptions volcaniques.

Fin septembre, un tsunami provoqué par un tremblement de terre de magnitude 7,5 a dévasté la ville de Palu et ses environs, dans les Célèbes, faisant des milliers de morts. En 2004, un tsunami consécutif à un séisme de 9,3 au large de Sumatra avait tué 220.000 personnes sur les côtes de l'océan Indien, dont 168.000 en Indonésie.

(avec agences)

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Commentaires
a écrit le 24/12/2018 à 3:52 :
Nugroho peut chercher du boulot. Incapable de se renseigner a l'aide d'un coup de fil a l'institut geologique US pour avoir plus d'infos. Porte parole, fonctionnaire est plus adapte.
a écrit le 23/12/2018 à 18:31 :
Raison de plus pour développer les assurances dans ces pays aussi.

Il y a un mode de calcul pour calculer les distances en cas de tsunami

L’Indonésie est le pays le plus impacté historiquement , pourquoi ne pas prendre la valeur la plus puissante et construire les habitations avec une sécurité avec un plus de 500m de plus ?

Pourquoi les humains ne prennent pas la leçon de leur passé ?
Pourquoi ?
a écrit le 23/12/2018 à 18:06 :
Étrange on ne nous donne pas l'estimation des dégâts estimés...

Quand une tempête survient dans un pays riche et que quelques uns d'entre eux meurent alors là par contre on a de suite des estimations pour venir nous le dire mais quand ce sont les crèves la faim qui subissent, les compagnies d'assurance n'ont pas besoin de se faire de la publicité puisqu'elles n'y sont pas présentes dans ces pays là...

Alors qu'au final il est tellement logique de conclure qu'en fait les assureurs ne protègent que les riches.

Voilà où nous en sommes arrivés, à une information totalement encadrée par l'intérêt de quelques uns.
a écrit le 23/12/2018 à 12:11 :
Avec toute la technologie actuelle, il n’est pas possible de prévoir ce genre de catastrophe naturelle ?

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