Uranium enrichi : l'Iran passe au-dessus de la limite autorisée par l'accord de Vienne
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Hassan Rohani, le président iranien
Abdullah Dhiaa Al-deen
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Hassan Rohani, le président iranien
Abdullah Dhiaa Al-deen
Article modifié dimanche 7 juillet à 18h55
Téhéran passe l'acte. Comme son président Hassan Rohani l'avait annoncé mercredi, l'Iran a annoncé ce dimanche qu'il augmentait ce jour le niveau d'enrichissement de l'uranium pour alimenter ses centrales électriques à un niveau de pureté dépassant 3,67%, limite fixée par l'accord international sur le programme nucléaire iranien signé à Vienne en juillet 2015, soit un niveau bien en dessous des 20% que l'lran atteignait avant l'accord et des quelque 90% nécessaire pour produire une arme nucléaire. Ceci en réaction au retrait américain du pacte l'an dernier (dit aussi plan d'action conjoint (JCPoA en anglais ou PAGC en français), et au rétablissement de sanctions contre Téhéran par Washington. Dans cet accord de 2015, l'Iran s'était engagé à ne jamais acquérir la bombe atomique et à limiter drastiquement ses activités nucléaires en échange de la levée de sanctions internationales qui asphyxiaient son économie.
Les tensions se sont exacerbées avec l'immobilisation au large du territoire britannique de Gibraltar, à l'extrême sud de l'Espagne, d'un pétrolier iranien soupçonné de livrer du brut à la Syrie en violation des sanctions européennes.
"Dans quelques heures", le temps de régler quelques détails techniques, l'Iran reprendra "l'enrichissement [de l'uranium] au-dessus de 3,67%", a-t-il ajouté, sans donner de chiffre précis quant au nouveau taux retenu par Téhéran pour ses activités d'enrichissement, mais en assurant que ses services étaient prêts à enrichir "n'importe quelle quantité" d'uranium "a n'importe quel niveau" de pureté en fonctions des ordres qu'il recevra le cas échéant.
Avant l'accord de juillet 2015, l'Iran produisait de l'uranium enrichi à 20% pour alimenter son réacteur de Téhéran. Le niveau d'enrichissement de sa centrale nucléaire de Bushehr, dans le sud, était de 5%.
"Nous allons enrichir l'uranium au niveau nécessaire pour le réacteur de Bushehr", a-t-il ajouté.
Cette décision est l'un des éléments de la riposte iranienne à la décision annoncée en mai 2018 par le président américain Donald Trump de sortir unilatéralement les Etats-Unis de l'accord de Vienne et de rétablir les sanctions américaines contre l'Iran qui avaient été levées en vertu de l'accord. L'Iran avait également menacé à partir de dimanche de reprendre son projet initial de construction d'un réacteur nucléaire à Arak (centre) mis en sommeil en vertu de l'accord de Vienne. Ce dimanche, Téhéran a indiqué qu'il continuerait à réduire ses engagements tous les 60 jours à moins que les signataires du pacte de 2015 ne le protègent des sanctions américaines.
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"Nous espérons que nous pourrons trouver une solution, sinon, dans 60 jours, nous entamerons la troisième étape" du plan de réduction des engagements pris par l'Iran en vertu de cet accord conclu à Vienne en 2015, a déclaré Abbas Araghchi, vice-ministre des Affaires étrangères.
Rappelant que son pays était en faveur du maintien de cet accord, Abbas Araghchi a indiqué que les mesures prises depuis mai par l'Iran pour s'affranchir de certains de ses engagements étaient réversibles à tout moment si l'Iran voyait ses demandes satisfaites.
Celles-ci ont trait essentiellement à la possibilité pour l'Iran de continuer de vendre son pétrole et à commercer avec l'extérieur en contournant les sanctions réimposées contre la Républiques islamique par Washington après la décision prise par Donald Trump de sortir unilatéralement les Etats-Unis de l'accord de Vienne.
Abbas Araghchi n'a pas précisé à quels nouveaux engagements son pays pourrait renoncer à partir de septembre.
Ce dimanche, en fin de journée, le ministère des affaires étrangères français a demandé fermement à l'Iran de mettre un terme à toutes les activités non conformes aux engagements découlant de l'accord de Vienne. Un changement de ton par rapport à la veille. Samedi, le président français Emmanuel Macron a fait part à son homologue iranien Hassan Rohani de sa "forte préoccupation face au risque d'affaiblissement de l'accord nucléaire" iranien et des "conséquences qui s'en suivraient nécessairement", a annoncé la présidence française.
Dans un entretien téléphonique, Emmanuel Macron a dit vouloir "explorer d'ici au 15 juillet les conditions d'une reprise du dialogue avec toutes les parties".
"Au cours des prochains jours, le président de la République poursuivra ses consultations, avec les autorités iraniennes et les partenaires internationaux concernés, pour que s'engage la nécessaire désescalade des tensions liées au dossier nucléaire iranien", a ajouté la présidence française dans un communiqué. Le déclenchement du mécanisme de résolution des conflits prévu par l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien n'était pas une option à ce stade pour Paris dimanche matin.
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Si l'une des trois parties européennes signataires de l'accord de Vienne (France, Allemagne, Royaume-Uni) estime que l'Iran a violé l'accord, elles peuvent déclencher un processus de règlement des différends qui pourrait, dans un délai de 65 jours, finir au Conseil de sécurité de l'Onu par une réimposition des sanctions de l'Onu à Téhéran.
La position du Royaume-Uni est plus dure que celle de la France.
Israël est sur la même longueur d'ondes.
Quant à l'Allemagne, elle "incite fermement" l'Iran à renoncer à enrichir l'uranium au-delà de la limite fixée par l'accord international de 2015.
Les autres signataires de l'accord, la Russie et la Chine, sont des alliés de l'Iran et ont peu de chances de le faire.
"L'enrichissement de l'uranium est fait pour une raison et une seule, c'est pour la création de bombes atomiques", a déclaré Benjamin Netanyahu, qui est très opposé à l'accord de 2015.
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