Etats-Unis-Chine : Le Maire et Lagarde alertent face aux tensions commerciales

 |   |  563  mots
Christine Lagarde a déclaré mardi 7 mai que les tensions entre les Etats-Unis et la Chine sont la principale menace sur l'économie mondiale.
Christine Lagarde a déclaré mardi 7 mai que "les tensions entre les Etats-Unis et la Chine sont la principale menace sur l'économie mondiale". (Crédits : Benoit Tessier)
Lors du Forum de Paris, Bruno Le Maire et Christine Lagarde ont exprimé leur préoccupation suite à la remontée des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine. De nouvelles sanctions américaines pourraient être appliquées dès vendredi 10 mai sur 200 milliards de dollars d'importations chinoises, ce qui aurait des répercussions négatives sur l'économie mondiale.

Le sujet ne pouvait manquer de surgir, même à une conférence dédiée à l'endettement des pays émergents. À l'occasion du Forum de Paris, qui se tient ce mardi 7 mai en présence de représentants d'une trentaine d'États, Bruno Le Maire n'a pas manqué de réagir à la perspective d'une aggravation des tensions commerciales entre États-Unis et Chine.

Selon le ministre de l'économie et des finances, « la première raison pour le ralentissement économique mondial [actuel], c'est le risque de guerre commerciale ». Et de poursuivre, sur un ton soucieux : « Il faut respecter les règles multilatérales, il faut éviter toute augmentation de tarifs qui se fera toujours au détriment de la croissance, et il faut garantir la réciprocité dans les échanges commerciaux mondiaux ».

Trump fait monter la pression sur la Chine

Un son de cloche bien différent de la position actuelle de Washington. Enhardi par des résultats économiques flatteurs, le président américain Donald Trump a déclaré dimanche 5 mai qu'il prévoyait de relever les droits de douane de 10% à 25% sur 200 milliards d'exportations chinoises, et ce dès vendredi. Il entend ainsi profiter de son avantage économique pour mettre une pression maximale sur la Chine, dont il attend des concessions majeures en terme de commerce bilatéral. Dans le viseur de la Maison Blanche : plus de commandes chinoises pour l'agriculture américaine, un encadrement du soutien public aux entreprises d'État, et un contrôle accru des transferts de technologie et du respect de la propriété intellectuelle.

L'annonce a surpris tous les observateurs, alors que les négociations commerciales sino-américaines semblaient prêtes à se dénouer dès cette semaine. Cette nouvelle pression sera-t-elle efficace ? Donald Trump sait qu'il a moins à perdre que la Chine, qui exporte largement plus qu'elle n'importe en direction des États-Unis.

Mais les risques que ferait peser une guerre commerciale aiguë sur l'économie mondiale ne sont pas négligeables. La croissance chinoise, déjà en ralentissement cette année, souffrirait immanquablement de ces restrictions, ce qui aurait à son tour des répercussions sur la demande adressée à l'Europe. L'Allemagne, dont l'économie est particulièrement exposée au commerce mondial et au marché chinois, serait la première touchée.

Christine Lagarde appelle à "l'élimination des tensions"

Cette montée des incertitudes commerciales a également fait réagir Christine Lagarde. En aparté de sa présentation au Forum de Paris, la directrice du FMI a déclaré aux journalistes :

« Les tensions entre les Etats-Unis et la Chine sont la principale menace sur l'économie mondiale. C'est un point impératif : d'une part, réduction voire élimination des tensions. Deuxièmement, adoption d'un cadre juridique et réglementaire dans lequel les entreprises qui participent au commerce international savent dans quelles conditions tarifaires et non-tarifaires elles peuvent développer leurs activités. »

Une prise de position qui fait écho aux précédentes alarmes du FMI. En avril, l'institution avait déjà mis en garde contre la possibilité d'un ralentissement de la croissance en 2019, face à la montée des risques politiques (Brexit, prix du pétrole, guerres commerciales). Alors que de nombreuses économies restent fragilisées à la suite de la crise de 2008, un retournement conjoncturel pourrait s'avérer délicat à contrer, notamment dans un contexte où les banques centrales ont déjà activé la plupart de leurs outils contracycliques.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 08/05/2019 à 8:31 :
Qui ecoute lemere et la chouette lagarde ? Personne.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :