Visas refusés: priorité à la "relation stratégique" avec l'Algérie (Manuel Valls)

latribune.fr

latribune.fr
Manuel Valls a donné samedi soir sa priorité à "la relation stratégique" entre la France et l'Algérie, dont "rien ne doit nous faire dévier", malgré l'affaire des visas refusés à deux journalistes français qui devaient couvrir son voyage officiel à Alger. Lors d'une rencontre en aparté avec la presse après un dîner autour du Premier ministre algérien, Manuel Valls a assuré n'avoir à aucun moment envisagé d'annuler la visite.
Avant de s'envoler pour Alger, Manuel Valls avait exprimé sur Twitter ses "profonds regrets" concernant la décision algérienne, affirmant qu'il aborderait le sujet avec l'exécutif algérien "dans l'amitié et la franchise". "L'amitié va de pair avec la franchise et le fait de se dire les choses très directement, mais aussi à se comprendre les uns et les autres", a-t-il nuancé samedi soir. "Et je pense que rien ne doit nous faire dévier de cette alliance stratégique. C'est ça qui compte", a-t-il insisté. Pour le Premier ministre, "aucun principe n'est sacrifié" par cette position, "aucun".
Le premier ministre est arrivé samedi en Algérie pour une visite officielle de deux jours, marquée par un boycott de médias français protestant contre le refus d'Alger d'accréditer des journalistes du Monde et du "Petit Journal" de Canal+, qui ironise régulièrement sur l'état de santé du président algérien Abdelaziz Bouteflika. Il doit rencontrer ce dimanche le président algérien Abdelaziz Bouteflika, au deuxième jour d'une visite. La France cherche à poursuivre l'embellie que connaissent ses relations avec son ex-colonie depuis 2012.
Ce dimanche, des accords économiques doivent être signés, avec notamment des accords attendus visant l'ouverture d'une usine PSA à Oran et l'extension d'une usine ferroviaire d'Alstom.
Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a regretté dimanche une "atteinte à la liberté de la presse" après le refus d'Alger d'accorder des visas à deux journalistes français pour couvrir la visite officielle du Premier ministre Manuel Valls. "C'est toujours pour nous un drame de voir que des atteintes peuvent être portées à la liberté de la presse", a-t-il déclaré à l'AFP à son arrivée à Hiroshima (Japon) pour participer au G7 des Affaires étrangères.
"Cela a été rappelé par le Premier ministre", qui a exprimé ses "profonds regrets" concernant la décision algérienne. "En même temps, il est important aussi d'échanger avec l'Algérie avec laquelle nous avons un accord de grande qualité et qu'il faut développer", a tempéré le chef de la diplomatie française. "Il y a parfois des divergences, là il y en a, mais il y a aussi la nécessité de trouver des solutions".
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Fait rarissime, un mouvement de boycott de médias français protestant contre le refus d'Alger d'accréditer des journalistes. Ainsi, les radios publiques France Culture et France Inter, ainsi que les quotidiens Libération et Le Figaro ont annoncé vendredi soir qu'ils ne couvriraient pas la visite du Premier ministre et d'une dizaine de ses ministres pour un "comité de haut niveau" qui dure jusqu'à dimanche soir.
France 2 a également décidé de ne pas envoyer de rédacteur pour s'associer à la protestation, mais dépêchera un journaliste reporter d'images pour assurer le "pool", c'est-à-dire faire des images que pourront utiliser d'autres chaînes. "C'est une responsabilité collective par rapport à tous les médias", a expliqué à l'AFP Michel Field, directeur de l'information de France Télévisions. De même, TF1 n'enverra pas d'"équipe spécifique" contrairement aux autres déplacements de ce type, selon un porte-parole de la chaîne. Celle-ci se réserve la possibilité d'utiliser les images de "pool".
À lire également
Europe 1 et RTL, tout comme l'AFP et Reuters, couvrent en revanche la visite. "Nous comprenons et respectons le mouvement de solidarité avec nos confrères privés de visa. Mais l'AFP se doit d'informer dans le monde entier par respect pour ses clients français et étrangers. C'est sa mission", a expliqué la directrice de l'information de l'AFP, Michèle Léridon.
latribune.fr