Le gel des aides américaines décidé par Donald Trump met en péril certains acteurs de l’humanitaire. C’est le cas de Fonto de Vivo qui vient d’être placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Nantes.Depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche, la situation des associations de solidarité internationale est critique. En moins de trois mois, l'administration américaine a gelé les financements de l'Agence des États-Unis pour le développement international, plus grand bailleur de fonds humanitaires au monde. Fin mars, elle informait que le personnel de l'USaiD serait réduit de 10.000 à environ 15 postes.
En 2024, les programmes de cette agence ont représenté 41,37 milliards d'euros au total, permettant de financer 42 % de l'aide humanitaire mondiale.
Fonto de Vivo en redressement judiciaire
Cette décision brutale met sur pause de nombreux programmes d'aide humanitaire dans le monde et n'affecte pas que les États-Unis. Ses impacts se font aussi sentir en France, dans l'ouest notamment. Établie à Nantes, Fonto de Vivo, le spécialiste des solutions de filtration d'eau autonomes, subit de plein fouet les coupes budgétaires de l'administration Trump. 90% de son volume d'affaires (1,138 million d'euros en 2024) est réalisé sur le secteur des ONG.
Depuis sa création en 2019, Fonto de Vivo a déployé plus de 25.000 purificateurs Orisa dans 50 pays avec l'appui d'ONG telles que Médecins sans Frontières, la Croix-Rouge française ou Solidarités Internationale. À la suite du passage du cyclone Chido à Mayotte, elle avait notamment expédié 1.000 unités en décembre dernier via le pont aérien de la sécurité civile. « Un seul purificateur permet d'obtenir 20.000 litres d'eau potable et de couvrir les besoins quotidiens d'une famille de quatre personnes pendant deux ans à deux ans et demi », précisait alors à La Tribune Anthony Cailleau. D'après lui, plus de 600.000 personnes bénéficient de cette solution dans le monde.
« Certains de nos clients ont perdu 30% à 40% de leur budget annuel. Certains de leurs programmes sont à l'arrêt », explique àLa TribuneAnthony Cailleau, son président et cofondateur.