Les entreprises familiales font-elles de la RSE comme Mr Jourdain de la prose ?
Patrick Cappelli
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Retrouvez ici la vidéo du Family and Business Forum 2021
Le capitalisme est-il compatible avec l'éthique ? Un sujet récurrent remis au goût du jour avec la loi Pacte de 2019 qui a révisé le Code civil pour permettre aux entreprises de se doter d'une « raison d'être ». Bien que facultatif, ce concept donne aux entreprises la possibilité d'affirmer leur volonté de prendre en considération l'intérêt collectif et plus seulement la rentabilité. Les entreprises familiales, débarrassées de la pression des actionnaires externes, mettent en avant leurs atouts dans cette recherche de sens.
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« Elles s'appuient sur un socle de valeurs : une vision à long terme, l'importance accordée au capital humain, un ancrage territorial fort et un soin particulier apporté aux enjeux environnementaux et sociétaux » énumère Caroline Mathieu, déléguée générale du Family Business Network France. Les grands groupes peuvent aussi être des family business. C'est le cas de la galaxie Mulliez (Auchan, Leroy Merlin, Décathlon, Kiabi, etc.). Barthélémy Guislain est président de l'AFM (Association Familiale Mulliez), un groupement d'intérêt économique composé de 800 membres de la famille. Pour lui, chaque société de l'écosystème Mulliez doit trouver son utilité et sa singularité : « c'est une boussole qui indique le sens de l'entreprise, et qui est déterminant dans ses performances. Dans le retail, la bataille de la taille a été perdue face aux Américains et aux Chinois. Mais on peut gagner celle du sens et de l'utilité ». Les consommateurs semblent lui donner raison : Décathlon, dont la raison d'être est « rendre la pratique du sport et ses bienfaits accessibles au plus grand nombre », a été plusieurs fois élue entreprise préférée des Français. Cette année, c'est une autre marque Mulliez, Leroy Merlin, qui lui a ravi la première place de ce classement. Les salariés, eux, sont moins persuadés par le discours du groupe comme le prouvent les récents appels à la grève à la veille des fêtes.
Patrick Cappelli
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