PODCAST D’une façon ou d’une autre, les superprofits seront taxés

HISTOIRES ECONOMIQUES. Les groupes parlementaires sont reçus à partir d’aujourd’hui à Bercy au sujet du projet de loi de finances. Quel est le but de ces échanges ? Une vaste opération de com' ! Écoutez chaque mardi 6h48 la chronique "Histoires Economiques" de Philippe Mabille dans le 5/7 de France Inter.
Philippe Mabille
(Crédits : Reuters)

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On sait déjà que pour le vote du budget 2023, il faudra en passer par le fameux 49.3, c'est-à-dire négocier l'abstention de certains groupes en cas de motion de censure en échange de quelques amendements. C'est le but de ces rencontres intitulées non sans ironie les Dialogues de Bercy : se mettre d'accord en amont sur ces quelques scalps.

La taxation des superprofits en fait-elle partie ?

Difficile d'imaginer que ce sujet inflammable ne soit pas abordé. Certes, la hausse des impôts est une « ligne rouge » posée par Emmanuel Macron. Mais Elisabeth Borne l'a déjà franchie en laissant la porte ouverte à une taxation de ces surprofits dus à la hausse des prix de l'énergie et du fret.

Jusqu'ici, Bruno Le Maire a botté en touche en faisant semblant de ne pas les voir. Pourtant, ils existent bel et bien. Pour se débarrasser du problème, Emmanuel Macron soutient un projet de contribution européenne lancé par Berlin et Bruxelles.

Que pourrait rapporter une telle taxe ? Elle pourrait représenter jusqu'à 10 milliards d'euros en Italie qui a tapé fort. L'Espagne en attend 3,5 milliards d'euros sur deux ans. En réalité, c'est plus compliqué qu'il n'y paraît : la mission flash lancée par le président LFI de la commission des finances Eric Coquerel est en train de le mesurer en auditionnant les grands groupes de l'énergie.

Investir une partie de l'argent dans l'économie

Pour éviter cette taxe, Bruno le Maire souligne que les entreprises concernées sont déjà en train d'investir une partie de l'argent dans l'économie.

CMA CGM a créé un fonds de 1,5 milliards d'euros pour investir dans la décarbonation de ses navires. TotalEnergies dépense de son côté 500 millions d'euros avec sa ristourne sur les prix à la pompe qui favorise nettement ses stations-service.
Mais les économistes d'Asteres, un cabinet d'études, ont calculé que cela ne représentera en moyenne que 15 euros de pouvoir d'achat par ménage... Et que ce gain est deux fois plus élevé pour les plus aisés. Une redistribution à l'envers donc, qui est loin de mettre fin à la polémique.

D'une façon ou d'une autre, on peut parier qu'au niveau national ou européen, ou les deux, une partie des surprofits de la rente énergétique seront prélevés pour financer des mesures anti-inflation. C'est le sens de l'histoire. Un chiffre pour finir, qui fait peur à Bercy : selon la CPME, 180 000 entreprises françaises seraient menacées de mort par la crise énergétique. Et là, pas de super profits... plutôt des super pertes.

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Philippe Mabille

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