PODCAST Sauvés par la BCE ?

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Heiko Becker
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Donc, jeudi, le principal taux de référence des dépôts bancaires en Europe passerait de 4% à 3,75%. Ce serait la première baisse depuis le début du cycle de hausse des taux directeur de la banque centrale, en juillet 2022, lors de la flambée de l'inflation après l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
La BCE précéderait de plusieurs mois son homologue américaine, la Fed, qui n'est pas pressée de baisser ses taux, car l'inflation reste élevée aux Etats-Unis.
A priori, Christine Lagarde, la présidente de la banque centrale, devrait rester prudente et agir de façon lente et progressive. L'hydre de l'inflation n'est pas encore vaincue : elle a remonté à 2,6% en mai dans la zone euro. Et elle reste éloignée de l'objectif d'une hausse des prix stabilisée à 2%, la cible de la BCE, espérée pour l'an prochain.
Du coup, les économistes n'attendent pas de baisse des taux en juillet et tablent sur une diminution régulière. Pas de baisse tous les mois mais un quart de point chaque trimestre. Ce qui ramènerait le taux des dépôts bancaires à 3,25% en fin d'année, un niveau encore élevé.
C'est une bonne nouvelle pour tout le monde. D'abord l'économie, alors que l'activité frémit. A Bercy, Bruno Le Maire compte beaucoup sur ces taux plus faibles pour tenir, voire même dépasser la prévision officielle de croissance de 1%.
Une bonne nouvelle aussi pour les ménages, car le crédit va leur coûter moins cher. Cela pourrait relancer le marché immobilier bloqué depuis des mois. Ces deux dernières années, le taux des crédits avait doublé, à plus de 4%. Le geste de la BCE, surtout s'il est suivi d'autres, va permettre à beaucoup de projets immobiliers de redevenir solvables.
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Oui parce qu'il va emprunter moins cher, lui aussi et vu le niveau de notre dette, 3600 milliards d'euros, cela va soulager un peu le budget. Pour l'instant, la baisse de la notation de la France par Standard & Poor's n'a eu aucun impact négatif sur les emprunts de l'Etat. Au contraire, dans l'espoir d'un assouplissement de la BCE, la bourse a bondi à plus de 8000 points pour le CAC40.
Pour pas grand chose en effet, même si il faut écouter l'avertissement de Standard & Poor's, car les charges de la dette explosent : elles étaient de 25 milliards en 2021, l'équivalent du budget du logement. Elles dépasseront 50 milliards en 2025, soit le même budget que la défense. Et elles devrait atteindre 75 à 80 milliards en 2027, autant que l'éducation.
Même avec des taux d'intérêt plus faibles, il n'y aura pas de miracle : il faudra faire plus d'économies ou augmenter les impôts pour rendre crédible la trajectoire vers un déficit de 3% du PIB en 2027.
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