Comment le RN dilue son europhobie
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Jordan Bardella à la rencontre des agriculteurs à Queyrac (Gironde), dans le Médoc, samedi 20 janvier.
Sébastien ORTOLA/REA
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Jordan Bardella à la rencontre des agriculteurs à Queyrac (Gironde), dans le Médoc, samedi 20 janvier.
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Les élus du Rassemblement National aiment à se montrer précurseurs. « Ça fait cinq mois qu'on alerte le gouvernement sur la crise agricole », plastronnent les dirigeants du parti. En l'espèce, il s'agit d'une allusion aux « dialogues de Bercy », ces échanges entre gouvernement et oppositions censés nourrir l'élaboration des lois de finances. La dernière édition n'a pas laissé de trace mémorable, mais Jean-Philippe Tanguy se targue d'y avoir levé un lièvre. Le 5 septembre, le député RN de la Somme, esprit touche-à-tout plutôt friand des dossiers techniques, a enjoint au ministère des Comptes publics d'être « vigilant » sur la fiscalité du gazole non routier (GNR), carburant des véhicules agricoles. D'autres, comme Grégoire de Fournas, le « Monsieur Ruralité » de Marine Le Pen depuis le départ de Leif Blanc, ont utilisé leur temps de parole à l'Assemblée nationale pour interroger les macronistes sur le sujet. Depuis, le GNR et la hausse de son prix au litre de 3 centimes ont cristallisé une partie de la colère paysanne.
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Mardi, lors de la réunion hebdomadaire du groupe au Palais-Bourbon, la direction du Rassemblement national n'a pas fait de longues digressions sur la crise agricole. « On s'est un peu autocongratulé », reconnaît tout de même un poids lourd lorsqu'on évoque le GNR. Pour le reste, Marine Le Pen et le patron du RN, Jordan Bardella, jouent la sobriété. « Il ne faut pas qu'on se laisse trop embarquer dans les mobilisations », a prévenu la pluri-candidate à l'élection présidentielle, soucieuse de fournir à son parti des atours normalisés et fréquentables. L'inverse de ce qu'ont affiché les députés Christophe Barthès, Frédéric Falcon et Julien Rancoule, le trio de l'Aude, en posant avec une pancarte insultante - « Va faire la soupe, salope ! » - à l'égard de l'écologiste Sandrine Rousseau. Le secrétaire général du groupe parlementaire, Renaud Labaye, a tenté de régler le problème sans « déranger » la cheffe, mais Emmanuel Taché de la Pagerie, élu des Bouches-du-Rhône, a vendu la mèche en houspillant ses collègues sur l'une des boucles internes.