Election du président de l'Assemblée nationale : tout savoir sur les titulaires du Perchoir
César Armand

Yaël Braun-Pivet est la 18ème présidente de l'Assemblée nationale depuis l'instauration de la Vè République (Photo d'illustration)
Reuters
César Armand

Yaël Braun-Pivet est la 18ème présidente de l'Assemblée nationale depuis l'instauration de la Vè République (Photo d'illustration)
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C'est le jour J pour l'Assemblée nationale. Les députés élus les 30 juin et 7 juillet se retrouvent, ce jeudi à 15 heures dans l'hémicycle du Palais-Bourbon, pour élire leur président(e). Ce dernier « incarne la pérennité de la représentation nationale et, face au gouvernement, se pose comme le défenseur toujours vigilant du pouvoir législatif », écrit Marc Abélès dans son livre Un ethnologue à l'Assemblée.
Reste maintenant à savoir qui succèdera à Yaël Braun-Pivet. La député des Yvelines a certes été réinvestie par son groupe Ensemble pour la République (ex-Renaissance), mais affrontera Naïma Moutchou (Horizons), André Chassaigne (Nouveau Front populaire), Charles de Courson (Libertés, indépendants, outre-mer et territoires), Philippe Juvin (Les Républicains) ainsi que Sébastien Chenu (Rassemblement national).
Le ou la patronne du Palais-Bourbon, qui sortira des urnes cette après-midi après un, deux, voire trois tours de scrutin, sera élu(e), en théorie, pour cinq ans par ses pairs. Il préside les séances publiques, nomme des personnalités au Conseil constitutionnel ou au Conseil supérieur de la magistrature, et peut s'opposer à des amendements en vertu de l'article 40 de la Constitution.
Quel que soit le résultat, le nouveau titulaire du Perchoir sera le 19è président de l'Assemblée nationale depuis la naissance de la Vè République en 1958. Le premier d'entre eux est le gaulliste Jacques Chaban-Delmas, député de Gironde, maire de Bordeaux, qui tiendra jusqu'en juin 1969, date de sa nomination à Matignon au lendemain de l'élection de Georges Pompidou à la présidence de la République.
Suivra le résistant méconnu Achille Peretti, un avocat d'abord élu en Corse, puis dans les Hauts-de-Seine jusqu'en 1977, à la suite de quoi il siègera au Conseil constitutionnel. Aujourd'hui, son nom reste non pas associé au Palais-Bourbon, mais à Nicolas Sarkozy qui a épousé sa nièce Marie-Dominique Culioli avant de reprendre la mairie de Neuilly-sur-Seine à sa mort en 1983.
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Toujours est-il qu'au lendemain des élections législatives de 1973, la figure de la IVè République, Edgar Faure, réussit à ravir le Perchoir. « Adepte de la décrispation avant Valéry Giscard d'Estaing et de l'ouverture avant Jean-Pierre Soisson qui fut son collaborateur, il comprit très vite qu'après la signature du Programme commun, il serait difficile de jeter un pont entre la majorité et l'opposition. Aussi, en 1973, prit-il du champ et de la hauteur en se faisant élire président de l'Assemblée nationale », rappelle l'historien Eric Duhamel dans le Dictionnaire historique de la vie politique française au XXè siècle.
C'est sans compter Jacques Chaban-Delmas qui parvient à reprendre le contrôle du Palais-Bourbon de 1978 à 1981, avant que le socialiste Louis Mermaz en prenne les rênes jusqu'en 1986. Cette année-là, les élections législatives conduisent à la victoire de la droite qui porte, pour la troisième et dernière fois, Jacques Chaban-Delmas à l'Hôtel de Lassay jusqu'en 1988.
Réélu président en 1988, François Mitterrand dissout l'Assemblée nationale, conduisant à l'élection de son ancien Premier ministre Laurent Fabius à la tête de la Chambre basse. L'élu de Seine-Maritime ne restera que quatre ans en poste, devenant, en 1992, premier secrétaire du Parti socialiste. C'est le Landais Henri Emmanuelli qui prendra le relais à la présidence de l'Assemblée nationale.
Un mandat qui durera seulement un an, deux mois et dix jours, écourté par la victoire de la droite aux élections législatives de 1993. Tandis qu'Edouard Balladur entre à Matignon, le Vosgien Philippe Séguin préside aux destinées du Palais-Bourbon jusqu'en 1997. C'est sans compter le président Chirac qui dissout l'Assemblée nationale au profit de la gauche plurielle qui porte, de nouveau, Laurent Fabius au sommet.
Sauf que là encore, il ne va pas au bout de son mandat de cinq ans. A la suite de la démission de DSK du gouvernement Jospin en mars 2000, il devient ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie. Dans la foulée, le Belfortain Raymond Forni récupère le Perchoir pour deux ans, deux mois et vingt jours jusqu'à la réélection de Chirac en mai 2002 face à Jean-Marie Le Pen.
Dès lors, c'est son fidèle compagnon de route Jean-Louis Debré qui hérite de l'Hôtel de Lassay jusqu'en mars 2007, échéance à laquelle le chef de l'Etat le nomme président du Conseil constitutionnel. Aussitôt l'ancien directeur de cabinet de Chaban de 1986 à 1988, Patrick Ollier, est élu, mais il ne reste pas après les élections législatives de juin et doit laisser, au bout de quatre mois, son fauteuil au Haut-Savoyard Bernard Accoyer.
A cet homme de droite, c'est logiquement un homme de gauche, Claude Bartolone, qui prend la présidence de l'Assemblée nationale en juin 2012 après l'élection de François Hollande. « Rares furent les titulaires à avoir intrigué pour y parvenir et, à l'inverse, nombreux sont ceux qui reçurent la charge comme une compensation, faute d'avoir été appelés au gouvernement », soulignent Jean-Jacques Urvoas et Magali Alexandre, co-auteurs du Manuel de survie à l'Assemblée nationale - L'art de la guérilla parlementaire.
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Ils ne croient pas si bien dire. Trois personnalités de trois sensibilités différentes ont occupé ce poste depuis la victoire d'Emmanuel Macron en 2017: l'ex-écologiste François de Rugy jusqu'en 2018 avant sa nomination au ministère de la Transition écologique, l'ex-socialiste Richard Ferrand jusqu'en 2022, et bien sûr la marcheuse historique Yaël Braun-Pivet qui espère rempiler. Réponse en fin d'après-midi.
César Armand