LA TRIBUNE DIMANCHE - En Nouvelle-Calédonie, les premiers appels au calme exprimés par les forces indépendantistes vous semblent-ils à la hauteur de ce qu'a demandé Emmanuel Macron lors de son déplacement sur place jeudi ?
GABRIEL ATTAL - La situation s'améliore progressivement, mais elle reste tendue et un rien peut encore la faire vaciller. Je rappelle qu'il y a eu 400 interpellations d'émeutiers depuis le début de la crise, des dizaines et des dizaines de barrages levés. On a aujourd'hui 3400 policiers et gendarmes qui sont engagés et je veux leur rendre hommage. Certains l'ont payé de leur vie. J'ai eu l'occasion ce vendredi de présider l'hommage national qui a été rendu au major Salou et au maréchal des logis-chef Molinari, qui ont perdu la vie lors de ces émeutes. Aujourd'hui, il reste encore des violences qui sont d'une gravité inacceptable, des barrages, des pillages. Dès le début de cette crise, l'ensemble des forces politiques locales a appelé au calme et à la fin des violences. À l'occasion du déplacement du président de la République, elles ont eu l'occasion, y compris les indépendantistes, de réaffirmer cet appel. Il faut maintenant que celui-ci soit entendu et suivi d'effet. Il ne peut pas y avoir de dialogue serein au milieu des violences. La mission annoncée par le président de la République va permettre d'établir des contacts avec chacune des forces politiques, ainsi qu'entre elles. Je crois profondément qu'une solution politique globale est possible. Je n'étais pas né au moment des premiers accords de Matignon en 1988, mais j'ai appris l'histoire de notre pays et je sais que la Nouvelle-Calédonie a toujours trouvé des forces extraordinaires en elle pour avancer et se construire.
Sur la question du dégel du corps électoral, le chef de l'État a affirmé qu'il ne passerait pas en force. Cela signifie-t-il que le Congrès sera reporté ?
Le président de la République a clairement dit qu'il ne convoquerait pas immédiatement le Congrès. À Nouméa, il a affirmé vouloir donner toutes ses chances au dialogue. Une mission travaille. Un point d'étape sera fait dans un mois sur les avancées du dialogue avec les forces politiques locales. Il nous permettra de prendre une décision.