LA TRIBUNE DIMANCHE - Le projet de loi sur la fin de vie arrive en discussion demain à l'Assemblée. Les députés de la commission spéciale ont modifié la définition de la maladie mortelle. Vous refusez cette réécriture. Pourquoi ?
GABRIEL ATTAL - Il n'y a pas de sujet plus sensible et plus intime. Les Français attendent une évolution depuis des années. Ce texte est un progrès majeur, je le présente comme tel, et je suis très à l'aise avec sa version initiale. Les conditions sont strictement encadrées : être majeur, français, en capacité d'exprimer son choix avec discernement jusqu'à la dernière étape, être atteint d'une maladie grave et incurable avec un pronostic vital engagé à court ou à moyen terme et des souffrances physiques ou psychologies réfractaires aux traitements. La commission spéciale a modifié la notion de pronostic vital engagé à court ou moyen terme. Or, en évoquant selon ses termes uniquement une « phase avancée ou terminale de la maladie », cela peut conduire à inclure de nombreuses pathologies non mortelles qui sortent de la philosophie du texte. Le gouvernement proposera donc d'y revenir.