Les journées sont toujours longues et éprouvantes à Matignon. Mais ce vendredi, le dramatique s'y est ajouté. À Arras, en fin de matinée, un professeur de français a été tué par un terroriste islamiste. Quand Élisabeth Borne reçoit La Tribune Dimanche, la nuit est tombée depuis longtemps sur son bureau.
LA TRIBUNE DIMANCHE- Trois ans presque jour pour jour après l'assassinat de Samuel Paty, le corps enseignant est de nouveau victime du terrorisme islamiste. Peut-on vraiment protéger nos professeurs ?
ELISABETH BORNE- Cet attentat est un choc pour tout notre pays. Trois ans après l'assassinat de Samuel Paty, un professeur est de nouveau tombé sous les coups du terrorisme islamiste. Un de ses collègues et deux agents de service du lycée ont été blessés. Je veux dire toute mon émotion aux victimes, à leurs familles, à leurs proches, et à la communauté éducative, très secouée par ce qui s'est passé. Les professeurs font le choix de s'engager pour permettre à notre jeunesse de s'émanciper et de devenir des citoyens de demain. Tout mon gouvernement est totalement mobilisé pour les protéger. Compte tenu du contexte international et à la suite de cet attentat, j'ai décidé en accord avec le président de la République de relever la posture Vigipirate en passant au niveau le plus élevé, urgence attentat. En complément de ce qui a été mis en place après les attaques terribles dont Israël a été victime, nous prenons des mesures supplémentaires de sécurité et renforçons les mesures existantes, notamment autour des établissements scolaires. Les militaires de l'opération Sentinelle vont passer de 3 000 à 7 000. Nous adoptons une posture maximale pour assurer la sécurité des Français. Nous devons collectivement être vigilants sans céder à la peur.