Ce jeudi, attablé dans un restaurant italien du centre de Lille, Jean-Luc Mélenchon se dit « triste ». À 72 ans, le leader des Insoumis en a pourtant vu beaucoup, mais, tout de même, les dernières heures lui laissent un goût amer. Que l'université de la ville ait annulé la veille sa conférence sur la Palestine avec la très médiatique juriste franco-palestinienne Rima Hassan le stupéfie. Lui qui a passé sa licence de philosophie, qui se définit comme un « éternel professeur », empêché de discourir devant des étudiants, comme il aime tant le faire, c'est impensable.
À l'origine de cette décision, le logo de l'association étudiante Libre Palestine, qui a convié le tandem d'Insoumis à venir disserter face à ses membres. Sur leur carte est dessiné un seul État englobant Israël, la Cisjordanie et la bande de Gaza, laissant libre cours à toutes les interprétations, dont celle niant l'existence d'Israël, ce que l'association récuse. Jean-Luc Mélenchon assure avoir tout découvert de ce logo mercredi, lorsque la polémique était déjà bien entamée : « On s'en fout du logo ! Vous croyez vraiment que je regarde ce genre de trucs ? » Lui qui défend une solution à deux États et se dit « convaincu que c'est bien un génocide qui est en cours à Gaza » ajoute : « Marquer les frontières, ce serait tomber dans un nid de frelons. Est-ce qu'il fallait dessiner celles de 1947 ? de 1967 ? »