Pourquoi le télétravail est une menace pour les carrières des femmes

Fanny Guinochet
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

A la maison, les femmes ont moins souvent une pièce pour s'isoler que les hommes
EVA PLEVIER

Fanny Guinochet
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

A la maison, les femmes ont moins souvent une pièce pour s'isoler que les hommes
EVA PLEVIER
Simone de Beauvoir disait : "n'oubliez jamais qu'il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question."
La célèbre feministe aurait pu ajouter dans la liste, une crise sanitaire. Car le Covid a bien fait reculer les droits des femmes, notamment dans leur rapport à l'emploi. C'est ce qui ressort du rapport annuel du Haut conseil à l'égalité entre les hommes et les femmes.
Pourtant, dans cette crise sanitaire, selon le HCR, il y a bien un paradoxe. Les femmes se sont révélées providentielles, puisqu'elles représentent 83 % des salariés des métiers d'aides à la personne mais aussi à la propreté, 67 % dans l'enseignement, 87% des personnels des Ehpad. Sans elles, le soin aux malades, aux personnes fragiles et dépendantes aurait été gravement perturbé. Pourtant, "ces premières de corvées" sont restées sous-payées, et très peu reconnues (si ce n'est par des applaudissements quotidiens à 20 heures).
L'étude souligne ainsi « l'invisibilation » des femmes. "Elles avaient beau être des actrices en première ligne - notamment dans les métiers d'aide, de soins...- elles étaient en réalité reléguées au second plan". Signe supplémentaire : elles sont moins apparues dans les médias, et étaient moins présentes dans les structures de décisions. Et pour cause, beaucoup géraient le domicile.
À lire également
Par ailleurs, pendant cette crise, tous les indicateurs montrent que la précarité économique des femmes s'est aggravée, assure le HCE, qui a compilé plusieurs études (Insee, ONU, etc). Ainsi, une salariée sur deux qui était en intérim ou en CDD au début du premier confinement ne travaillait plus quelques mois plus tard. Et pour cause, les femmes occupent plus souvent des temps partiels subis. Or, ces emplois précaires ont été la première variable d'ajustement des entreprises pour faire face à la crise, et les femmes y sont surreprésentées. De fait, hormis les métiers des aides à la personne (Care) et de l'enseignement, elles ont plus souvent perdu leur emploi.
Fanny Guinochet
Nouveaux droits de douane : les États-Unis infléchissent leur offensive face à Bruxelles
« 2026 pourrait être la pire année depuis 2013 » : le pouvoir d'achat des Français va souffrir
« C’est le bon moment pour investir dans l'immobilier » : malgré la crise du logement, un nouveau fonds d'investissement se lance
Pêche : la transformation artisanale, une solution pour survivre ?