Entre télétravail et présentiel, mode d'emploi du "travail hybride"
Gaël Chatelain-Berry

Femme travaillant devant son ordi
DR
Gaël Chatelain-Berry

Femme travaillant devant son ordi
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Depuis le mois de septembre 2021, nous y sommes dans ce monde d'après que nous fantasmions. La pandémie semble maîtrisée, pas de nouveau confinement à l'horizon, pas plus que de disparition totale de la Covid... depuis quelques mois, le monde d'après, celui que nous allons connaître pour les mois et années à venir, nous y sommes ; et ce monde, pour la grande, très grande majorité des salariés, il est hybride. Après l'avènement du moteur hybride, sommes nous au début de celui du travail hybride ?
Non, la comparaison entre un moteur hybride et un travail hybride n'est pas forcément si stupide quand, comme moi, vous militez depuis des années pour le télétravail, parfois en désespoir de cause avant la pandémie. Avec le travail hybride, comme avec un moteur, vous avez deux modes : les deux vous font avancer, mais l'un des deux est plus vertueux ; je laisse le choix à chacun d'entre vous le soin de choisir lequel !
Mais nous y voilà depuis la rentrée, nous sommes beaucoup à être devenu des hybrides, et nous sommes une écrasante majorité à vouloir le devenir ; en effet, selon une étude réalisée par l'Ugict-CGT, avec des statisticiens de la Dares et de la DREES auprès de 15.000 cadres, managers, professions intermédiaires et employées du tertiaire près de 10 personnes interrogées sur 10 (98%) déclarent vouloir continuer le télétravail. C'est, je crois, ce que l'on nomme un résultat sans appel !
Mais une fois ce constat fait... comment gérer ? Et oui, que l'on soit manager ou managé, ce n'est pas forcément simple de passer d'un travail en 100% présentiel, à un travail en 100% distanciel pour finir en travail hybride. En fait, cet article a pour objectif de vous donner les clés pour garder le meilleur des deux mondes.
Hybride ne veut en aucun cas dire que chacun fait ce qui lui convient. Chaque entreprise va définir en fonction des métiers une quantité de télétravail envisageable. Le problème est que, bien entendu, en fonction des contraintes de chaque membre d'une équipe, l'organisation idéale n'est pas la même en fonction de si on a des enfants ou non, en fonction de la nécessité de travailler avec d'autres pour avancer, ou non, en fonction de son habitation.
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En théorie, le « nouveau monde » du travail est un monde qui s'adapte à chaque personne ; en pratique, il y a quelques contraintes qui ne sont pas contournables et, notamment, le maintien du lien grâce à une partie de présentiel. Avant la pandémie, j'insistai lourdement auprès des managers pour qu'ils aient une réunion d'équipe une fois par semaine... cela n'a pas changé ! Il me semble fondamental qu'une fois par semaine, toute l'équipe se trouve réunie a minima pendant 30 minutes pour échanger, construire et garder ce lien qui nous a tant manqué pendant les confinements.
Je constate dans certaines entreprises qui donnent la liberté dans le nombre de jours télétravaillés une tendance qui m'inquiète en tantinet : faire du présentiel comme étant une preuve d'implication ! J'ai l'impression que nous sommes en train d'inventer une nouvelle forme de présentéisme, comme si celles et ceux qui seraient en 100% présentiel seraient plus impliqués que les autres.
Et ça, je vais être honnête, cela me rend dingue ! Toutes les études l'ont montré : nous avons été aussi productifs, pour ne pas dire plus, en télétravail qu'en présentiel. N'oublions pas ce fait, jamais !
Pour une entreprise, quelle est la chose la plus importante :
La réponse est évidente, n'est-ce pas ? Et pourtant, quand vous savez qu'un salarié passe en moyenne, en présentiel, une heure de son temps à trainer sur ses réseaux sociaux personnel, cela fait réfléchir. Et oui, le présentéisme est une réalité qui existait avant la pandémie... et nous avons une opportunité unique actuellement d'y mettre fin en passant en une organisation par objectif hebdomadaire qui permettra de changer notre regard sur ce qui est censé définir l'engagement et la motivation d'un salarié.
Il ne faut pas réfléchir comme nous le faisions avant la pandémie : d'un côté le présentiel avec tout ce que cela comporte de mal-être potentiel (le transport étant en numéro 1) et de l'autre le télétravail qui serait forcément un bonheur.
Nous l'avons constaté avec le premier confinement : le télétravail à l'excès est insupportable, au même titre que le présentiel à 100% peut l'être. Comme en toute chose, tout est question d'équilibre.
Faire des pauses toutes les 45 minutes en télétravail est bon pour votre bien-être, faites de même en présentiel. Votre temps de transport en présentiel est une coupure concrète qui vous permet de bien séparer votre vie personnelle de votre vie professionnelle, faites de même en télétravail en mettant en place des rituels de début et de fin de journée permettant cette rupture.
Le bien-être est une chose globale. Je crois qu'une erreur fondamentale serait de mettre en place un système dans lequel vous ne pensez à votre bien-être que pendant les jours de télétravail !
Pendant un temps, j'ai été très optimiste, trop optimiste. Je m'imaginais que cette rentrée serait le début d'une période où tous les préceptes sur lesquels je travaillai depuis des années allaient enfin devenir une réalité dans toutes les entreprises sans exception.
Et bien non ; même si les progrès sont gigantesques, il reste un bon bout de chemin à faire et nous le parcourrons très vite si managers et managés se parlent, vraiment. Je sais, tout le monde est à fond en cette rentrée et la question du bien-être au travail n'est pas forcément la priorité : objectif, objectif, objectif. N'oublions jamais que le bien-être est source de productivité et de créativité !
Il serait tout de même dommage que nous n'utilisions pas cette horrible période que nous venons de traverser pour transformer notre vie professionnelle en un moment source de bien-être... non ?
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(*) Depuis plus de 6 ans maintenant, Gaël Chatelain-Berry écrit et fait des conférences pour faire évoluer leur management en intégrant la notion de bienveillance en théorisant dès 2016 le management bienveillant. il est auteur de livres sur le management : "Mon boss est nul, mais je le soigne" (ed. Hachette Marabout). Son dernier livre "Le bien-être pour les Nuls" (First Edition). Son dernier roman : "Sois un homme ma fille". Il est également l'auteur du Podcast "Happy Work", le podcast francophone sur le bien-être au travail.
Gaël Chatelain-Berry