Face aux critiques, Fillon se défend de vouloir "privatiser l'assurance maladie"

latribune.fr

latribune.fr
Discret depuis sa victoire à la primaire de la droite et du centre, l'ancien Premier ministre devrait notamment s'expliquer mardi devant le groupe Les Républicains (LR) à l'Assemblée, où les premières notes discordantes ont percé mardi dernier, a-t-on dit à Reuters de sources parlementaires.
François Fillon s'efforcera de déminer le dossier de la protection sociale qui divise jusque dans ses rangs et cristallise les attaques de ses rivaux pour la présidentielle.
Pourtant, François Fillon a plaidé durant la campagne de la primaire pour une prise en charge par la "Sécu" des seuls gros risques, les petits étant remboursés par les mutuelles ou assurances privées. Sa position a suscité inquiétude et critiques jusque dans son propre camp. Certains tel Bernard Accoyer, secrétaire général du parti LR, avait estimé qu'une "clarification" était nécessaire.
Plusieurs députés LR se sont fait l'écho de l'inquiétude de leurs électeurs mais aussi de leurs propres interrogations sur le projet de réforme de l'assurance maladie porté par François Fillon et pilonné par la gauche et le Front national.
Un proche de Fillon, Jérôme Chartier, avait tenté lundi matin de rassurer en expliquant que les "petits risques" seraient toujours pris en charge mais que notamment "ça dépendrait de quel rhume".
François Fillon souhaite placer "l'assurance maladie obligatoire et les organismes complémentaires sous le pilotage d'une agence de régulation et de contrôle".
"Non seulement vous ne renoncez pas à votre projet de déremboursement du 'petit risque', mais pire encore, à travers une pseudo 'agence de régulation', vous faites entrer les assureurs privés dans le pilotage de la Sécu. Dans quel but, sinon leur confier des remboursements que vous retirez à l'assurance maladie ?", a réagi la ministre de la Santé Marisol Touraine sur Twitter.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Pour sa part, Arnaud Montebourg, candidat à la primaire organisée par le PS, a vu dans cette tribune "un rétropédalage qui n'est pas sincère et pas clair" de la part de M. Fillon qui, a-t-il rappelé, parlait de "dés-étatisation" du système de santé pendant la primaire. "Responsabiliser les malades, ça veut dire que quand ils sont malades c'est leur faute: ça n'a pas de sens", a-t-il pointé.
Le candidat de la droite entend aussi "faire en sorte que tous les Français puissent bénéficier d'une protection complémentaire appropriée sur la base de contrats homogènes" et "responsabiliser chacun en simplifiant les nombreux dispositifs de franchise actuels et le ticket modérateur qui sont un maquis incompréhensible".
L'exercice est en effet périlleux pour le Sarthois qui répétait encore le 6 décembre devant les parlementaires LR qu'il resterait sur sa "ligne politique" et son "cap". "Ça n'est pas en zigzagant qu'on convainc et ça n'est pas en négociant des compromis qu'on va redresser la France", a-t-il déclaré.
Selon un sondage Elabe publié cette semaine, 90% des Français jugent inacceptable une baisse des dépenses publiques en matière de santé et 58% considèrent que la proposition de François Fillon de supprimer 500.000 postes de fonctionnaires sur cinq ans "n'est pas souhaitable".
Jugeant son projet "caricaturé", le candidat de la droite et du centre devrait clarifier prochainement ses propositions sans rien renier du fond de ses engagements, a fait savoir l'un de ses proches, le sénateur LR Bruno Retailleau.
Pas de recul, mais un effort de pédagogie, assure-t-on dans l'entourage du candidat, qui a martelé durant la campagne de la primaire qu'il n'amenderait jamais son projet.
L'ancien ministre Eric Woerth, ex-soutien de Nicolas Sarkozy et l'un des artisans du projet présidentiel de la droite, avait mis les pieds dans le plat dimanche en estimant que la répartition entre "petits risques" et "gros risques", coeur du projet de François Fillon pour l'assurance maladie, n'était pas "la bonne mesure".
Dans son programme, François Fillon propose de "focaliser l'assurance publique universelle notamment sur les affections graves ou de longue durée, le panier de soins solidaire, et l'assurance privée sur le reste, le panier de soin individuel".
Le député a ajouté que la réforme de l'assurance maladie n'était pas une priorité pour les mois de juillet et août 2017, si François Fillon venait à remporter la présidentielle, et que les textes ne seraient pas écrits "avant".
À lire également
Dans son livre-programme "Faire", paru en 2015, François Fillon précise qu'il procédera "par ordre et avec mesure" et n'inclut pas la réforme de l'assurance maladie dans la "dizaine de mesures" (abrogation des 35 heures dans le secteur privé, âge de départ à la retraite porté à 65 ans, réforme fiscale, etc.) qu'il entend mettre en oeuvre "entre juin et septembre".
(Avec l'AFP et Reuters)
latribune.fr
« Une fausse solution pour la réduction de la consommation de plastique » : les élus locaux montent au front contre le projet de consigne des bouteilles
L'Irlande fait basculer le PIB de la zone euro dans le rouge
Aux États-Unis, l’épargne s'effondre à des niveaux historiques
JO 2030 : « Nous allons continuer à bâtir et à investir », promet Éric Ciotti