Ici #RadioLondres... à vous les résultats des #ElectionsPresidentielles2017 (vraiment ? )

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(Crédits : DR)
Sous la bannière #RadioLondres2017, la communauté Twitter s'en donne à cœur joie pour divulguer les estimations sans en avoir l'air, avant l'heure. Twitter va-t-il encore tuer la soirée électorale ?

Les estimations de résultats du premier tour des élections présidentielles étaient partout. Et surtout sur Twitter. Les fans du réseau de microblogging s'échangent les résultats des principaux candidats aux élections présidentielles. Le tout sous des noms de code humoristiques fédérés par le hashtag #RadioLondres2017. Sauf que tout cela n'est pas un jeu anodin sans risque.

Un texte de loi qui encadre cette journée électorale

Datée de 1977, la loi n° 77-808 relative à la publication et à la diffusion de certains sondages d'opinion précise qu'en « cas d'élections générales et de référendum, la veille et le jour de chaque scrutin, aucun sondage électoral ne peut faire l'objet, par quelque moyen que ce soit, d'une publication, d'une diffusion ou d'un commentaire. Pour l'élection du Président de la République [...] cette interdiction prend effet sur l'ensemble du territoire national à compter du samedi précédant le scrutin à zéro heure [...] elle prend fin à la fermeture du dernier bureau de vote sur le territoire métropolitain. »

La publication et la diffusion de sondages consacrés à l'élection sont strictement interdites en France la veille et le jour du vote. La commission nationale de contrôle de la campagne électorale rappelle que tout contrevenant encourt une amende allant jusqu'à 75.000 euros. Il est donc interdit de divulguer estimations ou résultats provisoires avant 20h, heure de fermeture des bureaux les plus tardifs, pour ne pas influencer le vote.

Mais c'est une tradition déjà ancienne sur les réseaux sociaux, certains internautes qui ont accès à ces estimations sorties des urnes ou à des sondages tardifs via les états-majors de certains candidats, ou via les instituts des sondages eux-mêmes, font profiter la communauté en recourant à des allusions plus ou moins drôles et transparentes.

Twitter, la mitraillette à commentaires

Lors de la dernière présidentielle, et à en croire la pseudo station britannique sur Twitter, jamais les Français ne se sont autant intéressés à la météo d'Amsterdam et de Budapest ! Les deux villes étaient les noms de code choisis pour évoquer les scores des deux favoris du scrutin présidentiel, respectivement François Hollande et Nicolas Sarkozy. À quelques heures de la fermeture des bureaux de vote en France, Amsterdam pédalait sous 28 degrés à l'ombre, à en croire les tweets envoyés en fin d'après-midi. Et il ferait plus frais à Budapest. Le thermomètre y affichait 26 degrés, selon Radio Londres. Les autres villes d'intérêt de cette fin de week-end étaient celles de Nuremberg (16° ressentis), Moscou (13° au thermomètre), Pau (10°) et Oslo (2°). Nul doute que pour 2017, les costumes de François Fillon ou les hologrammes de Jean-Luc Mélenchon seront à l'occasion joyeusement détournés.

 Mais nouveauté de cette année, la majorité des bureaux fermant une heure plus tard qu'à l'habitude, il se pourrait que les estimations soient retardées, d'autant plus si les scores sont serrés. Les instituts qui procèdent à partir de dépouillements partiels voudront disposer de marges de sécurité avant de rendre leurs projections. Enfin: méfiance, méfiance. Il est à craindre que les réseaux sociaux vont être la proie de nombreuses tentatives de détournement ou d'instrumentalisation. Attention donc aux «fake news».

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GUIDE POUR SUIVRE LA PRESIDENTIELLE 2017
SUR TWITTER DANS DE BONNES CONDITIONS

  • Les médias à suivre

Vous voulez connaître les résultats dans votre commune ou votre département ? Ce sont les quotidiens régionaux et nationaux qu'il vous faut suivre. Toutes les rédactions seront sur le pont pour communiquer les résultats dès qu'ils seront disponibles. Les comptes twitter des grands médias, comme  @liberation_info,  @lemonde.fr,  @LeFigaro_France, et bien sûr @LaTribune, pour n'en citer que quelques-uns, seront actifs en cette soirée présidentielle pour livrer les chiffres bruts et renvoyer à des articles d'analyse sur leurs sites.

Si vous habitez en province, les comptes Twitter de vos médias régionaux, comme La Dépêche du Midi (@ladepechedumidi) en Midi-Pyrénées, Ouest France (@ouestfrancefr) en Bretagne, Pays de la Loire et Normandie, ou encore les Dernières nouvelles d'Alsace (@dnatweets) vous seront précieux pour connaître rapidement les estimations dans votre ville ou votre bureau de vote.

A l'étranger, les sites de la RTBF (@RTBFinfo) et surtout sa "cellule politique" (@TwitPolitique), du Soir (@lesoir), et l'Echo (@lecho) pour la Belgique, ont déjà annoncé une forte mobilisation. En Suisse, Le Temps (@letemps_sa), La Tribune de Genève (@tdgch) ou Le Matin (@Lematinch) seront particulièrement actifs.

  • Les blogueurs

Ils sont à l'affut de tout ce qui se passe sur la Toile. Bien évidemment, la présidentielle est pour eux un terrain de jeu idéal. Les blogueurs expriment leurs idées, commentent l'actualité politique, inondent la Toile de tweets sarcastiques sur l'adversaire, proposent des liens d'articles, des vidéos, ou se donnent en spectacle dans des "tweet clash".

A la gauche de cette blogosphère, La Tribune vous recommande le très influent blogueur du Nord Marc Vasseur (@marcvasseur), le très antisarkozyste Juan (@Sarkofrance), David Desgouilles (@DDesgouilles), ou encore l'entrepreneur Nicolas Voisin (@nicolasvoisin). Autres noms à retenir : le blogueur-éducateur très actif Arnaud Mouillard (@ArnaudMouillard), Jules Praxis (@Jules_Praxis), GdeC (@JesuisCethomme) et Brave Patrie (@bravepatrie) Ces blogueurs ou twittos très à l'affut de l'actualité politique ne sont pas avares en commentaires sérieux, grinçants ou décalés, et re-tweetent beaucoup le meilleur des messages qu'ils voient passer sur leur fil.

A droite, même principe. Seb de Fr (@SebDeFR), qui se définit comme "manager", n'est jamais à court d'une remarque ironique et cassante sur la gauche. A suivre également, les blogueurs Dominique Robert (@drobert), le trader Fabrice Pelosi (@fabricepelosi), l'avocat Erwan Le Morhedec (@koztoujours) ou encore Matthieu Creux (@matthieucreux) et l'apprenti journaliste Tristan Maupoil (@Tristan_Maupoil). Pas affiché à droite mais conservateur, l'Abbé Grosjean (@abbegrosjean), le responsable des questions politiques et d'éthique au diocèse de Versailles, partage aussi abondamment sa vision de l'actualité politique.

  • Les journalistes

Qui suivre pour les réactions des hommes politiques, les petits secrets des coulisses et l'analyse brute de décoffrage en 140 signes ? Les journalistes politiques, évidemment. La Tribune vous conseille, entre autres, Samuel Laurent (@samuellaurent), du Monde.fr et Thomas Wieder (@ThomasWieder) du Monde, le journaliste politique Eric Dupin (@E_Dupin), Jean-Marc Manach (@manhack) de Owni.fr, Samuel Potier (@SamuelPotier) du Figaro, ou encore Aurélien Viers (@aviers) du Nouvel Observateur.  Raphaël Garrigos et Isabelle Robert, dits les "Garriberts" (@Garriberts), sont idéaux pour évacuer le stress de la soirée électorale avec un tweet plein d'esprit.

  • Les analystes et think tanks

Si vous recherchez des analystes, pensez aux sondeurs Claude Posternak (@claudeposternak), Yves-Marie Cann (@yvesmariecann) voire tout simplement le compte Twitter des instituts de sondages, comme celui d'Opinion Way (@tweetopinionway), de Ifop (@IfopOpinion) ou de Ipsos (@IpsosFrance). Pensez également à Olivier Ferrand, de Terra Nova, un think tank classé à gauche (@O_Ferrand@_Terra_Nova), Dominique Reynié, le directeur de la Fondation pour l'innovation politique (@DominiqueReynie), l'Institut de l'entreprise, classé à droite (@inst_entreprise), ou l'Institut Montaigne (@i_montaigne).

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Commentaires
a écrit le 23/04/2017 à 17:02 :
Sur le site de la commission des sondages en France, on peut lire ceci :

"La commission a obtenu des 9 principaux instituts de sondages (BVA, Elabe, Harris Interactive, Ifop, Ipsos, Kantar, Odoxa, OpinionWay, Viavoice) l’assurance qu’aucun d’entre eux ne réalisera le 23 avril de sondages "sortie des urnes”. Il en résulte que toute référence, le jour du scrutin, à de tels sondages ne pourra être que le fruit de rumeurs ou de manipulations et partant qu’aucun crédit ne devra leur être accordé".

http://www.commission-des-sondages.fr/

CQFD: il faudra attendre 19h30 au mieux pour obtenir une première estimation (non officielle et illégale) à partir des premiers dépouillements, et qui ne vaudra pas grand chose puisque obtenue dans les petites communes qui ferment leurs bureaux à 19h00.

Tout le reste n'est qu'enfumage, voire malhonnêteté frauduleuse puisqu'il n'y aura aucun sondage pour appuyer les rumeurs.

Je suis partisan de la plus grande sévérité envers ceux qui propageraient des fake news, notamment si celà venait d'un parti politique et je propose de le considérer comme une fraude électorale, entrainant une invalidation de fait de la candidature, le non remboursement des frais de campagne et une peine d'inéligibilité le cas échéant.
a écrit le 23/04/2017 à 17:00 :
Vous oubliez de mentionner que la loi ne s'applique qu'en FRANCE et qu'il suffira donc d'aller grace à internet sur les sites de presse non française et parfois francophones pour avoir vers 1900 les résultats .i
a écrit le 23/04/2017 à 16:38 :
C'est pathétique d'apprendre que les médias se font les relaies de ce qu'ils dénoncent! C'est identique a ces entreprises qui créent des virus pour mieux vous vendre leur antivirus!
Bref, nous pourrions aussi souligner qu'ils participent aux "cercles vertueux" du terrorisme!

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