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ÉconomiePrésidentielle 2017

Juppé contre-nature, Fillon ne plie pas

Photo de Mathias Thépot

Mathias Thépot

Publié le 25 novembre 2016 à 14:00 - Mis à jour le 25 novembre 2016 à 14:35

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La Tribune publie son "journal de campagne" quotidien, reprenant les principaux faits et déclarations des candidats (et de leurs soutiens) à la présidentielle de 2017. Au menu ce vendredi : le dernier débat télévisé de la primaire qui a vu Juppé attaquer sans grand succès François Fillon sur les sujets qui fâchent.

Le dernier débat télévisé de jeudi soir a vu les rôles s'inverser entre les deux prétendants à la candidature à la présidentielle 2017, François Fillon et Alain Juppé. Ce dernier, grand favori depuis le début de la campagne jusqu'à dimanche dernier, a dû changer la stratégie qu'il avait jusqu'ici mise en œuvre, qui consistait à prendre de la hauteur sur les débats et s'ériger en figure quasi tutélaire. Avec un retard de près de 15 points sur François Fillon après le premier tour (44 % contre 28 %) et le ralliement du troisième Nicolas Sarkozy à son ancien Premier ministre, Alain Juppé doit en effet susciter le débat entre les deux tours s'il veut rattraper son retard. Mais force est de constater qu'il a éprouvé, hier soir, toutes les peines du monde à déstabiliser un François Fillon qui est resté très sobre et a paré sereinement la quasi-totalité des attaques de son adversaire.

Ainsi, sur des sujets sensibles comme la suppression massive de fonctionnaires, la réforme drastique de l'assurance maladie, ou les liens supposés de Fillon avec Vladimir Poutine, le député de Paris n'a pas été déstabilisé par Alain Juppé. Plus hésitant dans ses prises de parole que l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, Alain Juppé n'a jamais été très à l'aise lorsqu'il a tenté de déstabiliser François Fillon. Une stratégie qui semblait même par moment contre-nature pour le maire de Bordeaux. Ses attaques étaient donc très cordiales, et in fine peu déstabilisantes pour le député de Paris.

Fillon peu inquiété sur sa réforme de l'assurance maladie

Sur le système d'assurance maladie, par exemple, que François Fillon souhaite réformer en profondeur en donnant une plus grande part au secteur privé, Alain Juppé a d'abord indiqué avoir « une divergence assez profonde avec François Fillon. (...) Moi je ne toucherai pas au taux de remboursement dont bénéficient aujourd'hui les Français, qui a déjà été rogné dans les années passées » a-t-il déclaré. Mais quand Fillon a indiqué qu'il voulait « désétatiser le système de santé français », et qu'il assumait proposer que « la Sécurité sociale se concentre sur les risques principaux », Alain Juppé n'est pas monté au créneau.

Il s'est contenté d'indiquer qu'il souhaiterait remettre l'assurance maladie en situation d'équilibre financier, par une vérification plus stricte des conditions d'ouverture des droits, en agissant « sur la gestion des caisses d'Assurance maladie » et en luttant contre la fraude « qui est réelle ». Il faut aussi dire que la proposition de Français Fillon de détricoter le système santé français est davantage une atteinte portée à un « marqueur de gauche » historique. Dénoncer ses propositions est donc potentiellement peu profitable pour Alain Juppé, car il fait face lors de cette primaire à des électeurs qui sont, pour une écrasante majorité d'entre eux, de la droite et du centre.

Des précisions sur les fonctionnaires

Le débat sur l'augmentation du temps de travail des fonctionnaires fut aussi porteur d'enseignements. Alain Juppé l'a démarré très calmement : « Je voudrais poser une question à François Fillon, sans agressivité  ». Et de poursuivre : « J'ai cru comprendre que François Fillon voulait passer à 39 heures payées 37 dès 2017, est-ce la réalité ?  » Réponse de l'intéressé : « les fonctionnaires doivent faire un effort pour redresser le pays  ». « Ce n'est pas juste qu'un salarié travaille 39 heures et soit payé 35 », rétorque Juppé. « Alain Juppé ne veut pas vraiment changer les choses, il veut s'inscrire dans le système  », conclut Fillon, sur ce qui aura certainement été la meilleure passe d'armes du débat entre les deux candidats. Sur ce point, Alain Juppé aura au moins réussi à marquer clairement les divergences entre les deux candidats. Mais il aura aussi permis à Fillon d'affirmer sa vision du changement, sans lui opposer beaucoup de résistance.

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Fillon vainqueur du troisième débat ?

Un sondage Harris interactive publié ce vendredi indique d'ailleurs que François Fillon a plus convaincu les téléspectateurs et les personnes s'étant forgé un avis en écoutant les commentaires (respectivement 42% contre 37% pour Alain Juppé). François Fillon a particulièrement convaincu les sympathisants « Les Républicains » (83%) alors qu'Alain Juppé est davantage jugé positivement par les proches du centre (73%). Et lorsqu'il leur est demandé de sélectionner lequel des deux finalistes a le plus convaincus, les personnes interrogées par Harris interactive émettent une préférence pour François Fillon (33%) contre 22 % pour Juppé. Environ 45 % des personnes interrogées ne faisant état d'aucun choix, selon l'institut de sondage.

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Michel Sapin a précisé sur Europe 1 les intentions de François Hollande avant la présidentielle de 2017 : « Le chômage n'est pas le seul élément dans sa décision » de candidature, a assuré le ministre de l'Économie et des Finances. « C'est une décision profondément intime, profondément lourde et sérieuse, qui doit se prendre en regardant le paysage, et notamment la baisse du chômage, mais qui doit se prendre en regardant d'autres éléments : qu'est-ce qu'on propose aux Français ? », a indiqué Michel Sapin.

Mathias Thépot

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